5e Rang : une campagne tout sauf tranquille…

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Marie-Claude Lessard

Après avoir passé quinze saisons dans l’Auberge du chien noir, le tandem d’auteurs Sylvie Lussier et Pierre Poirier changent drastiquement (et avec succès) de cap en explorant une ferme de campagne qui est tout sauf tranquille avec le drame policier 5e Rang, qui débute sur les ondes de Radio-Canada dès ce soir à 21 heures. Malgré quelques passages à vides qui ralentissent la trame narrative et certains personnages secondaires caricaturaux, la série s’avère drôle, émouvante, attendrissante et intrigante. Comme à son habitude, Maude Guérin, qui se retrouve à la tête d’affiche d’une série pour la toute première fois, offre un jeu parfaitement nuancé dans le rôle de la cheffe de famille Marie-Luce Goulet qui dirige une ferme. Ses relations troubles avec ses quatre sœurs prennent une tournure inattendue lorsque la mystérieuse disparition de son mari Guy (Bobby Beshro) se transforme en meurtre…

Les problèmes de rythme et d’originalité (on a encore affaire à un assassinat) n’entravent pas les performances efficaces de la distribution, à commencer par Catherine Brunet et Maxime de Cotret que vous découvrirez avec bonheur… et une bonne dose de méfiance. 😉 Lors du visionnement de presse des deux premiers épisodes, nous avons d’ailleurs eu la chance de nous entretenir avec quelques comédiens.

En quoi jouer dans une région loin de la métropole change votre jeu d’acteur?

Maude Guérin : Je fais ressortir un peu les petits côtés que j’ai de moi et de mon petit patelin (La Tuque). Je vais chercher les racines, mon côté terrien. Je pense que j’ai un physique qui peut ressembler beaucoup à celle d’une fermière, fait que je laisse aller tout ça à travers les jeans, les tee-shirt et le peu de maquillage que je porte. Ce n’est pas évident de se voir comme ça, mais c’est ça qu’on veut, on veut la vérité! Aussi, d’être à la ferme, qui appartient à la production, ça change totalement. Quand j’arrive là, je me sens totalement à la maison, je me sens comme Marie-Luce qui est chez elle parce que toute l’équipe est toujours là-bas. Il y a quelqu’un qui dort là-bas et qui est avec la ferme. Il y a nos animaux qui arrivent à un moment donné parce qu’on tourne avec eux, c’est vraiment formidable! Oui, ça change tout!

François Papineau : C’est sûr que de ne pas être dans un studio, c’est très différent. Il y a comme une partie de la job qui se fait naturellement. Arriver dehors dans une vraie grange, avoir de vrais animaux c’est sûr que ça change juste ta perspective. Ça te met dans un espèce de mood qui t’enveloppe. C’est très l’fun.

Geneviève Brouillette : Ben ça change qu’on se lève plus de bonne heure le matin! J’ai une maison à la campagne, ça fait que je vis avec du monde à la campagne depuis 5 ans. Ça ne change rien à la préparation.

Catherine Brunet : J’adore ça! En fait, je n’ai pas tourné beaucoup à Montréal. Depuis 5 ans,  je fais l’émission Le chalet. C’est à St-Donat, et on dort là-bas pis on est tellement devenu proches avec les gens là-bas. 5e Rang, c’est un peu la même chose. La ville nous a organisé un méchoui. On a pu rencontrer les gens de la ville. Ça te donne plus l’impression d’être dans la vie de ton personnage. Tourner en studio me déprime. La dernière fois que j’ai fait ça, je pense que c’était pour Ramdam!

Maxime de Cotret : Non, mais ça ne fait que me confirmer que j’ai le goût de rester en région! Quand je suis allé dans la maison de mon personnage pour la première fois, j’ai vraiment pogné de quoi. Je me suis dit que je me verrais vraiment vivre ici et être dans la forêt, dans le milieu de rien et de tout en même temps. Il y a tellement d’histoires qui naissent dans le bois.

Est-ce que analyser son jeu lors d’un visionnement de presse est un exercice difficile pour vous?

Geneviève Brouillette : C’est la première fois que je vois les épisodes! C’est sûr que ce n’est pas toujours les look que tu rêves d’avoir! Dans vie là, tu ne t’arrangerais pas nécessairement de même, mais c’est un personnage. Si j’avais joué le rôle de Maude, je serais nerveuse, mais là, je me dis que c’est ce que je voulais qu’elle soit. Ça marche et je suis contente!

Catherine Brunet : Non, j’aime ça! J’häis me regarder dans les entrevues! Je me trouve insupportable, mais quand je regarde des trucs dans les lesquels je joue, je suis capable d’apprécier le travail des autres acteurs, de voir la beauté de la série et sa musique. J’aime full ça les visionnements. Je n’ai aucun problème à me regarder et je trouve que ça m’apprend en fait beaucoup! J’apprends beaucoup en me regardant et en me jugeant.

Maude Guérin :  Lors des premiers jours de tournage, je me sentais un peu nerveuse, je le sens un petit peu en regardant les épisodes. Les gens ne voient pas ça quand ils regardent la série, mais moi je sens les petits détails auxquels je dois faire attention. C’est sûr que je travaille quand je visionne les épisodes. En même temps, le public va voir que plus les épisodes avancent, plus on sent que les personnages sont en osmose.

Maxime de Cotret : C’est drôle que tu me poses la question parce je suis arrivée à la fin du visionnement. Je ne pouvais pas être là avant, donc c’est parfait, je n’ai pas à répondre à ta question (rires)! Je pense que ça fait partie aussi de notre job de se voir parce qu’il faut rester critique par rapport à notre jeu. Je pense qu’il faut rester malléable. En ne regardant pas notre jeu, ça le fige, tandis que si on le regarde, on peut se dire qu’on l’a abordé comme ça à ce moment-là et qu’on peut apporter des changements plus tard. Ce qui est fait est fait, mais je pense que ça nous sert pour la suite. Mais, oui, c’est dur se regarder!

Pour l’instant, dix-huit épisodes de 5e Rang ont été tournés. La résolution complète du meurtre de Guy se fera vers le douzième chapitre. Pour le reste, c’est un rendez-vous le mardi à 21 heures sur  les ondes de Radio-Canada!

Crédits Photos : Stéphanie Payez/Éklectik Média 

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