Être « Vivant » selon Jérémy Demay

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Mercredi soir dernier avait lieu, à l’Olympia de Montréal, la Première du tout nouveau One-man-show de Jérémy Demay. Après avoir produit « Ça arrête pu d’bien aller », c’est dans la même veine que l’humoriste d’origine Française (mais, on le comprendra bien vite, d’origine québécoise tatouée sur le cœur) a intitulé son dernier spectacle « Vivant » et, on ne peut que le mentionner, ce titre lui colle tout à fait à la peau!

Dans un jet de lumières bleues, un DJ anime la foule de ses mix entraînants, pendant de nombreuses minutes, le temps que les spectateurs gagnent leur place. Puis, c’est le noir.

Une première partie trop courte, mais mémorable.

La première partie du show était assurée par Alexandre Douville. Ce jeune homme est à l’anti-casting de Jérémy: grand, costaud, chauve et barbu, mais la fougue avec laquelle il dévore son métier d’humoriste et le talent évident qui le démarque ne laisse personne indifférent. C’est, magnifiquement, ce qui fait de leur travail d’associés et, très certainement, d’amis, une conséquente symbiose sur scène. Devant le public comme dans ses textes (à noter qu’il est le plus jeune script-éditeur en humour au Québec) Douville jongle avec brio entre langage cru, humour noir et sarcasme: un parfait mélange! Dès qu’il foule les planches, le jeune humoriste gagne le public et le met dans sa poche. Il fait preuve d’une auto-dérision des plus extrêmes en plaidant qu’il a le profil parfait d’un criminel et commence alors à débiter tout un pan de crimes graves, attendant à peine la réaction du public entre chacune de ces accusations fictives. Il enchaîne ensuite avec de bons gags, quoique plutôt recyclés au sujet des sacres québécois qui ouvre sur une conclusion précoce. En tout, 5-7 minutes de rires avec Douville, mais pas assez long à mon goût. La part « excellent public ayant le rire facile » en moi en aurait pris davantage. C’est somme toute positif quant au talent indéniable de l’artiste.

 

« Vivant »

L’heure est arrivée. Jérémy Demay accourt vers son public qui est déjà bien chaud. Il n’y va pas de mains mortes et, sans gêne, lance une blague sur la saga Éric Salvail. Ça rit fort, ça rit jaune, mais c’est ce qui encourage d’autant plus l’humoriste, amusé par les réactions diversifiées. Demay enchaîne en nous disant que nous sommes chanceux d’être assis dans la salle… Oui, parce que nous avions 1 chance sur 400 millions de naître. Déjà, il me conquiert. Allant des sujets dits tabous, le sexe, la mort, entre autres, à ce qu’il aime du Québec, puis aux bonnes vieilles jokes de « mon’oncles », il énumère toutes les choses, tous les détails qui le rendent heureux et qui le font se sentir VIVANT. Son intention derrière ce dernier spectacle est claire: Demay veut se dissocier de son image. Ayant passé une grande partie de sa vie, explique-t-il, à se créer une image pour être aimé, il ne veut plus seulement être connu comme le Jérémy gentil ou encore joyeux, mais il veut reconnaître qu’il peut être tout aussi colérique, impatient, bref, humain. Et c’est beau. C’est excessivement sain, je dirais même, et c’est tout à son honneur! Sans peur d’utiliser les vrais mots, tout simplement parce qu’ils existent et sont faits pour être employés, parce qu’ils sont magnifiques, Jérémy m’impressionne. Toute la confiance dont il fait preuve, tout l’humanisme, aussi. Il n’hésite pas une seconde à taquiner son auditoire et à s’en montrer proche. Parce qu’il est ainsi fait. Jérémy Demay, est, certes, un artiste, mais un humain accompli.

Visitez le site officiel de Jérémy pour réserver votre place dans l’une ou l’autre de ses représentations!

 

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