Good Charlotte :Tirer le meilleur de la nostalgie

Le quintette Good Charlotte était de passage au MTELUS, hier, après une absence de près de 10 ans dans la métropole. Oui, le groupe était de la programmation du Rockfest en 2017, mais les Montréalais s’ennuyaient de la formation derrière le succès I just wanna live, et ils n’ont pas du tout caché leur enthousiasme de les revoir enfin interpréter leur gros hits. Il y a avait bien sûr une forte odeur de nostalgie dans l’air puisque la plupart des spectateurs présents étaient revenus revivre leur adolescence rebelle de l’ère 2002/2003, mais Good Charlotte a fait taire ses détracteurs en montrant toute leur lucidité et la pertinence de leur évolution punk/rock/électro.

Se produisant devant une foule chauffée à bloc grâce à pas moins de trois solides premières parties (The Dose, Knuckle Puck et Sleeping with sirens), le groupe a débuté avec Self Help, titre traitant de dépression qui est également le dernier extrait de leur septième album Génération Rx paru le 14 septembre 2018. Grâce à une immense banderole à l’arrière-scène à l’image de la pochette de cet opus (les visages des cinq membres maquillés en squelette), le MTELUS mettait drôlement dans l’ambiance pour la fête de l’Halloween qui arrive à grands pas. Quelques jets de fumée ajoutaient un aspect spectaculaire aux moments opportuns, bien que le groupe n’avait pas besoin d’un décor plus étoffé pour soulever la foule avec leur énergie endiablée. On regrette cependant l’éclairage très fort et blanc qui réduisait la visibilité des gens placés plus loin au parterre.

Ravis que les frères Madden donnent leur maximum et se promènent souvent d’un bout à l’autre de scène, la plupart des spectateurs se dandinaient et tapaient des mains pendant les pièces du plus récent disque même s’ils ne connaissaient visiblement pas les paroles. Ils ont découvert avec bonheur et surprise que Good Charlotte défend des textes matures traitant d’espoir, de partage et de résilience. À la fois désireux d’offrir une soirée satisfaisante  et conscient de ce qui comblera véritablement les attentes, le chanteur Joel Madden a  simplement remercié le public d’être patient et a déclaré que toutes les chansons que les spectateurs sont venus entendre seront jouées.

Le band ne semblait pas du tout amer vis-à-vis cette réalité même si la complicité entre les membres est restée relativement statique. La formation a apprécié l’accueil chaleureux de la foule. Joel Madden a avoué avec émotion et sans une once de prétention qu’il sait pertinemment que les anciens titres de Good Charlotte représentent les joies, les peines et les moments difficiles de bien des gens présents dans la salle qui les écoutaient en boucle pendant leur primaire ou secondaire alors qu’ils étaient en pleine quête de leur propre identité. Il est vrai que ce saut dans le temps était assez spéciale, voire quelque peu déstabilisant pour l’auditoire. Tout en sautillant et gesticulant des mains sans gêne, les spectateurs étaient happés par plein de souvenirs qui jaillissaient dès la première note émise par Madden et étaient surtout surpris de se remémorer des textes qu’ils croyaient bien enfouis au fond d’eux.

Le principal intéressé l’a lui-même admis ; sa voix cassait par moments et était pas encore tout à fait rétablie. Malgré quelques problèmes de justesse sur la pièce Hold On, l’interprète et ses acolytes ont mis le feu sur la scène en parcourant les albums Good Charlotte, The Young and the Hopeless, The Chronicles of Life and Death et Good Morning Revival avec, entre autres, Little Things, Riot Girl,  The Anthem, Girls&Boys, Predictable, The River et I don’t wanna be in love (Dance Floor Anthem) et Keep your hands off my girl. Question d’offrir des surprises de taille aux fans de la première heure,The Click, qui n’avait pas été jouée depuis sept ans, a résonné dans le MTELUS qui a , bien évidemment, vibré comme il se devait lors des explosives I just wanna live et Lifestyles of the Rich and Famous en fin de parcours.

Gageons que lors de leur prochain arrêt à Montréal,les cinq gars de Good Charlotte continueront de tirer le meilleur de la nostalgie qu’ils procurent tout en démontrant qu’ils ont encore des messages et des beats intéressants à véhiculer.

Crédits Photos : Google Images

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