Koriass: Dans l’intimité d’une poignante nuit des longs couteaux

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Koriass nous redonne signe de vie avec un album personnel et troublant qui ne peut faire autrement que de nous bouleverser de par ses textes tranchants, ses images métaphoriques remplies de sens et ses mélodies accrocheuses à saveur orchestrale. La nuit des longs couteaux, disponible partout depuis le 14 septembre, bénéficiera d’un lancement-spectacle en bonne et due forme demain, samedi 29 septembre,  au MTELUS sur le coup de 21 heures. Lors de ce concert, nul doute que l’artiste en mettra plein la vue avec son intensité foudroyante et son talent prodigieux à livrer les mots avec une fluidité remarquable. Mais ce n’est pas seulement ce don du flow qui lancera le feu aux poudres dans plus de 24 heures : ce sera l’authenticité crue et magnifique qui se dégage de cette longue nuit où le mal-être rôde sournoisement.

À travers 12 pièces, Koriass aborde avec une franchise désarmante une panoplie de thématiques universelles telles que la dépression, la pureté de l’amour, les revers de la célébrité, les démons du passé, le cercle vicieux des réseaux sociaux, les difficultés de concilier carrière et vie de famille, la peur de perdre sa liberté et les rivalités entre les artistes faisant du rap/hip-hop. Ces sujets se succèdent et s’enchevêtrent dans les mêmes chansons, bien qu’un thème finit toujours par dominer. Cela peut donner lieu à quelques répétitions qui peuvent lasser, mais elles s’avèrent compréhensibles étant donné le style intime que privilégie l’auteur-compositeur-interprète.

Les réflexions dépeintes s’apparentent davantage à des confidences. Confessions dans lesquelles il est absolument aisé de s’identifier, qu’on partage une existence semblable à celle du chanteur ou non. Pour capter l’attention, Koriass a recours à des punchlines brillants et percutants qui suscitent instantanément des réactions, positives comme négatives. Les références qu’il balance tout naturellement démontrent l’intelligence de Koriass, sa culture immense et son fascinant sens de réalisme. Il ose et ça frappe la cible, d’autant plus que la plupart des mentions concernent des gens d’ici. L’artiste se sert des noms de Safia Nolin, Karine Vanasse, Samian , Damien Stone (personnage de la série Fugueuse) et Hubert Lenoir  pas pour les salir, mais bien pour mieux justifier un point, et ça fonctionne.

La contribution de Fouki sur les titres Miracles et Lait de chèvre apporte une certaine légèreté aux propos denses qui teintent le disque, et c’était nécessaire. Entre deux solos de violons qui tirent les larmes, le mélange de deux voix qui se soutiennent fait extrêmement du bien. En soi, la présence même d’un tel instrument dans ce genre d’album surprend, mais quelle bonne idée! Cela plonge La nuit des longs couteaux dans une atmosphère réellement inquiétante et déchirante qui force à l’introspection. Les chansons qui s’avèrent les plus réussies tant sur le plan du texte que dans la rythmique sont  les cinq premières de l’album : J-3000, Cinq à sept, Éléphant, Miracles et Get It Right.

De par sa vérité et sa cruelle beauté, on ne sort pas indemne de ces couteaux qui nous poignardent tout le corps, et c’est tant mieux.

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