Lascaux ou la grotte aimante

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Marilie Choquette-Lapointe

La grotte de Lascaux, réel vestige d’une civilisation ancestrale, se situe sur la commune de Montignac en Dordogne, région située au sud de la France. Elle est un lieu culte dont les murs sont couverts de dessins datant de l’époque Paléolithique. Ne mesurant que 250 mètres de long, elle attire plusieurs visiteurs chaque année. Avec brio, Jasmine Dubé, auteure et co-metteure en scène de cette pièce ainsi que Pierre Robitaille, le second co-metteur en scène, ont réussi à écrire et monter une histoire travaillée dans laquelle la grotte de Lascaux est au cœur du récit.

Madeleine, sans aucun repère ni ressource, tombe dans la grotte. Incapable de s’y échapper, elle se résigne à y rester. Pensant ne pas pouvoir survivre sans nourriture ou feu, elle se voit surprise de constater que plusieurs éléments essentiels à sa survie apparaissent à son insu. Par contre, avec tristesse, Madeleine réalise qu’elle est enceinte. Ne pouvant faire autrement, elle décide d’élever sa progéniture qu’elle nommera Lascaux. La pièce évolue autour des apprentissages de ce dernier. Le jeune garçon semble communiquer avec une entité du nom de Dordogne. Celle-ci est considérée comme la mère de la grotte. Ensemble, Madeleine, malgré le peu de ressources qu’elle possède, et Dordogne, n’étant qu’une présence vocale, donnent tout l’amour nécessaire et enseignent leurs connaissances au jeune garçon.

Sur les planches du Théâtre Denise-Pelletier , une ambiance est créée. Une toile blanche, un énorme morceau de glaise, un ruisseau et quelques morceaux de pierres forment le décor. Dès le début du spectacle, on se sent transporté dans une caverne. Plusieurs images, ombres et jeux de lumières sont projetés sur la toile. Cela permet de créer une ambiance intime comme s’il n’y avait que Madeleine, Lascaux ainsi que Dordogne, et que le reste du monde n’existait pas. Malgré une forte intermittence de segments coupés, on réussit à suivre le fil de l’histoire. Un élément clé de Lascaux est la présence d’une marionnette. En effet, le jeune Lascaux est interprétée par une figurine. Manipulée par Jules Ronfard, la marionnette est fluide dans ses mouvements, ce qui permet de la percevoir comme un réel enfant. Il saute, il grimpe, il court, il parle ; on aurait envie, nous aussi, de le serrer dans nos bras.

Marjorie Vaillancourt interprète à merveille le rôle d’une mère qui souhaite le meilleur pour son fils. Avec sa voix douce, elle nous enlace comme elle le fait si bien avec son Lascaux. Elle joue avec émotion et a une forte présence sur la scène. Pour ce qui est de Jules Ronfard, son interprétation de Lascaux est incroyable. En dépit de son réel âge, il réussit à nous convaincre qu’il n’est, qu’en réalité, un jeune garçon en quête d’apprentissage. Son jeu, que ce soit en ce qui concerne ses mouvements ou encore son timbre de voix, est crédible et bien dirigé. Bien qu’elle soit absente physiquement de la scène, Éva Daigle est plus que présente. Sa voix, remplie de sagesse, se fait douce et ancestrale. Elle nous permet d’imaginer ce à quoi son personnage ressemblerait si on pouvait le voir. Ses textes sont dictés avec une chaleur réconfortante qui réchauffe même le plus froid des mois de février. L’interaction entre les trois seuls personnages de la pièce se veut aisée. La présence de chacun des acteurs est essentielle à la construction de l’histoire.

Lascaux est un spectacle intéressant autant pour les petits que pour les grands. Il nous fait sourire, il nous fait grandir, mais nous fait également réfléchir. Dans un univers différent du nôtre, on se laisse absorber et transporter dans la grotte de Lascaux de l’autre côté de l’Atlantique.

Crédits Photos : Denis Baribault

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