L’or du Rhin-Das Rheingold : un préambule à la tétralogie?

Hier soir, le 10 novembre 2018, à la Salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts, avait lieu la première de l’opéra L’Or du RhinDas Rheingold – de Richard Wagner présentée par l’Opéra de Montréal sur une mise en scène de Brian Staufenbiel.

Pour l’Opéra de Montréal, il s’agit d’une toute première production de cet opéra car ce volet de la tétralogie n’avait été présenté qu’en version concert lors de son vingtième anniversaire, il y a une vingtaine d’années. On se rappellera que l’Or du Rhin est le premier épisode qui fut suivi de La Walkirie,  Siegfried et Le Crépuscule des dieux. Est-ce à dire, qu’au cours des trois prochaines années, la tétralogie serait présentée dans son intégralité? C’est à suivre….

Richard Wagner est né le 22 mai 1813 pour s’éteindre le 13 février 1883, à Venise. Il est le maître d’oeuvre d’une nouvelle salle d’opéra qui existe toujours appelée ‘’Palais des Festivals’’ à Bayreuth qui est construite selon ses spécifications techniques, principalement pour l’acoustique. D’ailleurs, c’est avec une présentation de l’Or du Rhin que ce palais fut inauguré en 1876. Wagner est l’auteur de quatorze opéras, et ce n’est surement pas dans L’Or du Rhin qu’on pouvait y détecter la sensualité qui, apparemment, serait le propre de Wagner.

Dans les eaux du Rhin, le nain difforme Alberich vole l’or pour s’en forger un anneau qui lui donnera le pouvoir du monde s’il renonce à l’amour. Wotan (Ryan McKinny), le maître des dieux, le dérobe à son tour pour payer le luxueux palais qui assoit sa suprématie. Dépouillé de l’anneau, le nain maudit ceux qui le porteront. Cette magnifique oeuvre de Wagner est une véritable parabole de l’histoire du monde et une source d’inspiration du Seigneur des anneaux. De la musique ensorcelante aux créatures mythiques (que l’on retrouve dans plusieurs de ses opéras), l’expérience est totale.

Lors de cette première, nous y avons noté quelques particularités. Le metteur en scène Brian Staufenbiel a également signé les décors, superbes tout en étant d’une discrétion sans faille. La passerelle qui avait été installée et où se passaient les scènes de la famille de Wotan en était le summum. Nous avons également constaté que, pour une première fois, du moins à notre connaissance, une femme, Nicole Pearce, avait pris en charge l’éclairage,  lesquels, avec les projections de David Murakamiont rendu en partie cette production inoubliable. La dernière particularité et non la moindre : l’orchestre avait pris place sur la scène avec les interprètes, alors que la fosse, qui  est normalement leur environnement de travail, avait été configurée pour représenter le Rhin et ses flots. Dans la première et la troisième scène, celle-ci est devenue une caverne souterraine. Un choix qui, à notre avis, aurait pu être négligé au lieu de surcharger la scène.

La distribution était exceptionnelle, à la fois pour la qualité vocale des interprètes que pour l’importante participation canadienne. On avait l’impression que les rôles avaient été écrits spécifiquement pour chacun tant les artistes étaient à leur place. L’émotion que chacun y mettait  nous donnait parfois  des frissons et compensait pour la froideur occasionnelle de la musique. C’est toutefois une production à voir sans faute, car même avec l’Orchestre sur la scène, Brian Staufenbiel a réussi une mise en scène exceptionnelle.

L’Or du Rhin est à l’affiche jusqu’au 17 novembre 2018. Des billets sont encore disponibles et vous pouvez vous les procurer ici.

Crédits photos : Yves Renaud

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