La première de La face cachée de la Lune au Théâtre Jean-Duceppe

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Jeudi soir dernier, au Théâtre Jean-Duceppe, nous avons pu contempler La face cachée de la Lune à l’occasion de la soirée-bénéfice annuelle de la Fondation Jean-Duceppe.  Conçue et mise en scène par nul autre que Robert Lepage, la pièce est interprétée par Yves Jacques , et il l’a fait briller plus que jamais. Malgré le fait qu’elle a vu le jour il y a déjà près de 20 ans, La face cachée de la Lune a bien vieilli et est encore d’actualité. Elle est colorée d’histoires, d’humour, de réflexions philosophiques et de solitude.

La mise en scène est grandiose. Quand nous croyons être au bout de nos surprises, l’effervescence continue. Le décor se métamorphose entre et pendant les scènes, donnant l’impression aux spectateurs d’assister au tournage d’un film. Les objets aussi changent d’usage selon les besoins. Le mime et le « faire semblant » occupent une place prépondérante dans cette œuvre théâtrale. Tout semble parfaitement normal lorsqu’une planche à repasser devient soudainement un être humain ou que la laveuse mute en vaisseau spatial ou encore en aquarium.

Yves Jacques, qui incarne plusieurs personnages, effectue un travail de maître. Doté d’une diction impeccable, il nous présente une relation conflictuelle entre deux frères qui est mise en analogie avec la course spatiale entre les Russes et les États-Uniens. Philippe, le personnage principal, et son cadet sont aux antipodes. Le premier est un étudiant au doctorat en philosophie de la culture qui mène une vie platonique, sans succès, seul. Il est passionné par le cosmos et son immensité, et se questionne beaucoup. Il possède énormément de connaissances, mais n’a pas les aptitudes pour les partager aux autres. Son cadet, qui parle à la française et se considère supérieur, est météorologue et ne cesse de lui rappeler à quel point sa vie est un échec cuisant, ce qui ne fait qu’amplifier l’amertume de Philippe. Toutefois, la mort de leur mère force ces deux protagonistes à reprendre contact. Arriveront-ils à réparer ce qui a été brisé?

La scène finale est d’une beauté impossible à décrire. Robert Lepage entre directement dans notre cerveau pour nous jouer un tour. C’est une ovation qui a enveloppé Yves Jacques à la suite de sa prestation d’environ deux heures et dix minutes sans entracte. M. Lepage était à ses côtés pour célébrer ce moment.

Crédits Photos : David Leclerc 

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