Arnaud Cordier, programmateur du FEQ : pour et au-delà de la musique…

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Marie-Claude Lessard

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Le Festival d’été de Québec, ça commence enfin aujourd’hui! Histoire de vous mettre encore plus l’eau à la bouche, nous avons discuté avec le programmateur musical Arnaud Cordier qui, grâce à ses nombreuses années d’expérience, a dorénavant une vision plus éclairée et lucide de ce que doit être un festival de musique à l’échelle internationale.

«Il n’y a pas que la musique, a déclaré Cordier lors de l’entretien téléphonique, il y a aussi tout l’événementiel qui est derrière. Il ne faut pas qu’un festival  se repose trop longtemps sur une formule qui marche bien parce que, s’il ne s’inscrit plus dans son époque, il va mourir petit à petit.» Pour rester bien de leur temps, les organisateurs misent principalement sur la communication. «L’image doit évoluer avec l’organisation, et c’est ce qu’on tente de faire. Si on sent  pendant une année que certaines choses mises en place n’ont pas bougé, on discute et on tente de déboucher vers du changement. En fait, le FEQ est une grande histoire de discussions à l’interne. Les idées, ça se brasse, ça se cherche.»

Qu’est-ce que recherchent justement les festivaliers de partout à travers le monde ? Plus d’expériences, de services, de musique ou un mélange des trois? C’est ce à quoi le FEQ va tenter de  répondre en instaurant des nouveautés comme le manège militaire qui va devenir un point central. Le travail en amont avec la ville pour faire découvrir de nouveaux endroits est également primordial à sa pérennité.

Évidemment, la musique que les festivaliers veulent entendre n’est pas en reste. « Le but, ce sera toujours de provoquer l’envie de venir. Étant donné qu’on cherche dans tous les styles de musique, on veut éventuellement attirer les meilleurs dans chaque style. C’est le casse-tête du festival : ne pas se répéter. On essaie de dédier chaque scène à un public. On segmente les genres musicaux pour éviter, par exemple,  aux amateurs de rock de se disperser pendant une journée. On ne veut pas qu’une scène soit moins remplie qu’une autre.»

Pour cela, il faut des têtes d’affiche extrêmement fortes et variées. « Comme le festival s’étale sur onze jours, on essaie d’explorer des genres musicaux populaires : l’electro, la pop, le hip hop, le rock et la nostalgie car on a des festivaliers qui veulent voir ce qu’ils ont aimé quand ils étaient jeunes. On regarde beaucoup ce qui se passe sur la planète musique, ce qui marche fort sur les plateformes numériques et sur ce que les agents avec qui on travaille nous propose. À la fin, l’important est de former un tout qui se tienne et qui soit varié.  On regarde aussi ce qui se passe dans les autres festivals en début et en fin d’année, question de ne pas être hors sujet. »

Une façon de ne pas être dépassé, c’est de prendre le pouls de ce que les festivaliers aiment et détestent sur les réseaux sociaux. «On fait des compilations de ce que les gens nous demandent environ chaque mois. Sans nécessairement programmer tous les artistes suggérés ,  principalement pour des critères de disponibilité et d’argent, on s’enligne généralement sur une partie des demandes des festivaliers. »

À travers ces demandes, Arnaud Cordier n’oublie pas de se faire plaisir avec des découvertes personnelles lorsque les critères de sélection le permettent. «Il ne faut pas oublier qu’on ne fait pas un festival pour nous. Il faut que nos découvertes cadrent dans une soirée et dans un son. Il faut se demander si quelque chose peut se passer avec ces artistes-là.» Et quels sont ses coups de cœur de la présente édition? «Ce que j’aime voir, cette année-ci, notamment sur la scène Hydro-Québec de la Place d’Youville (gratuit), c’est le côté éclaté où il va y avoir autant du folk pop que du reggae et du ska. En fait, mon véritable coup de cœur, c’est le voyage qu’on peut offrir aux festivaliers à travers la musique.»

Une programmation soulevant autant d’attentes apporte forcément son lot de stress, mais l’expérience finit par rentrer en ligne de compte. « J’ai appris à dormir! Je suis stressé d’offrir un bon produit chaque année, mais, avec le temps, on apprend à mieux se faire confiance. On essaie de ne pas se donner plus de stress qu’il ne faut, mais il en faut tout de même car c’est très motivant. C’est impossible de vivre ce boulot-là sans une dose de stress.»

Le Festival d’été de Québec se tient du 4 au 14 juillet 2019. Vous pouvez encore vous procurer des billets et consultez l’horaire officiel ici!

Crédits Photos : Courtoisie

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