Carmina Burana : grandiose et fascinant!

Jeudi soir, à la Salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts, avait lieu la première du ballet Carmina Burana, première présentation des Grands Ballets Canadiens pour la saison 2019-2020.

Nous avons en fait eu droit à un doublé, un beau cadeau des GB. Tout d’abord, ce fut Stabat Mater, composé par Giovanni Battista Pergolèse (1710-1736) en 1736, deux mois avant sa mort. Une oeuvre écrite pour deux voix  traditionnellement soprano et alto, possiblement des castrats. La scénographie et les costumes sont signés Jordi Roig alors que Marc Parent a conçu les éclairages. Cette performance des plus agréables à voir mettait également en vedette l’Orchestre des Grands Ballets, le chœur, Kimy McLaren (soprano) et Maude Brunet (mezzo-soprano). Cette oeuvre est basée sur un texte liturgique du XIIIe siècle qui raconte la douleur de la Vierge Marie, mère du Christ.

Un très beau mariage entre une musique baroque qui accompagne un ballet contemporain, chorégraphié par Edward Clug (1973 – ), créé en 2013. Une ouverture tout en douceur autant instrumentalement, vocalement que chorégraphiquement. Nous avons aussi eu droit à un catwalk, mais nous ne savons pas pour quel dessinateur de mode…. Jordi Roig peut-être? Comme tout ballet contemporain qui se respecte, il s’agi,  à mon avis, d’une présentation abstraite mais  ô combien harmonieuse. Un des duos dénotait beaucoup de romantisme alors que d’un autre, nous pouvions ressentir une sensibilité et même une sensualité désarmante. Et comme le mentionne si bien Edward Clug, sa chorégraphie est plus représentative de l’espoir que de la douleur.

Après une intermission d’une vingtaine de minutes, vint le tant attendu Carmina Burana de Carl Orff (1895-1982) qu’il a composé de 1935 à 1936. Cette oeuvre magistrale des plus célèbres du chant choral continue d’ensorceler. On a qu’à penser à l’ouverture O Fortuna, reprise en finale, qui est maintenant légendaire, un incontournable. Dans ce cas-ci, la musique et le ballet sont contemporains, une autre recette fort gagnante.

Le ballet  a commencé avec quelques figures a cappella, caractéristique qui, personnellement, me fascine toujours au plus haut degré. Pouvoir danser sur un certain rythme et le maintenir sans aucune musique pour guider me dépassera toujours. Dès que la musique et le Choeur ont commencé, c’était déjà l’apothéose avec cet air grandiose, O Fortuna. L’émotion était à son paroxisme autant sur la scène que dans la salle. Par moment, nous étions vraiment subjugués par la musique et le choeur, mais, heureusement, les danseurs nous ramenaient à la réalité. Dans le deuxième mouvement, le duo a cappella était tout simplement fabuleux.

On peut dire que Edward Clug a su tirer de chaque note le maximum de poésie, de douceur, d’allégresse qu’il a pouvait aller chercher. Avec ce spectacle hors du commun, mes doutes quant à l’existence de la perfection se sont évanouis. Avec le moonwalk qui a été exécuté dans cette performance, Michael Jackson peut aller se rhabiller, sans toutefois lui enlever le mérite d’en être l’initiateur. La prestation en solo de la soprano avec le duo de danseurs a été mon deuxième coup de cœur. Et que dire du rossignol que nous avons entendu?! La douceur de son gazouillis a allégé l’exécution musicale.

En plus des membres des Grands Ballets , de l’Orchestre et du choeur des Grands Ballets, Carmina Burana mettait en vedette Aline Kutan (soprano), Spencer Britten (ténor), et Alexandre Sylvestre (baryton-basse). Le seul décor signé Marko Japelj était un cercle mobile représentait “le cycle de l’existence faite de joie, d’amertume, d’inquiétude et d’espoir…” “Une ode à la vie”. Carmina Burana est à l’affiche jusqu’au 19 octobre et des billets sont encore disponibles ici.

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