Les Cowboys Fringants : embrasser les antipodes d’ici-bas

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Marie-Claude Lessard

Jouissant d’une cote d’amour inébranlable de la part du public, les Cowboys Fringants crée l’événement chaque fois qu’ils proposent un nouvel opus. Le dernier en lice, Les Antipodes, ne fait évidemment pas exception, bien au contraire. Mêlant textes à caractère social et études rigolotes de personnages, les dix titres aux mélodies orchestrales et festives exposent la signature du quatuor tout en montrant une certaine innovation. En étant fidèles à leur son et à leur désir de donner de l’espoir aux gens tout en étant lucides, Les Cowboys Fringants parviennent à surprendre et réconforter.

Une aura de mystère a entouré le dévoilement de ce dixième album de chansons originales. Les stratégies promotionnelles ont porté fruit même si les membres ne la cherchaient pas outre-mesure. Lancé la veille de la sortie de l’album, le premier extrait, L’Amérique pleure, cartonne déjà sur les palmarès des radios commerciales même s’il est en ondes depuis moins d’une semaine.« On aurait bien voulu sortir un extrait avant, mais on voulait avoir di visuel pour nos réseaux sociaux et un clip, mais les délais de tournage ont été un peu plus longs que prévu.», a expliqué Jean-François Pauzé lors d’une entrevue dans les bureaux de La Tribu. La chanson, optant le point de vue d’un camionneur, exprime sans complaisance le mal-être des gens trop emprisonnés dans le cercle mercantile de la vie pour s’en défaire. Elle frappe principalement grâce au déchirement désespéré dans la voix puissante de Karl Tremblay lors des refrains. Le contraste du clip saisit tout autant.

En entrevue, Les Cowboys Fringants se présentent tels qu’ils sont sur la scène : complices, authentiques, passionnés, sérieux et cabotins à la fois. Avec Les Antipodes, ils restent fidèles à leur essence propre au niveau des thèmes abordés. «On est moins dans la dénonciation primaire, mais plus dans le constat social. J’ai essayé de faire ça le plus objectivement possible pour que les gens s’identifient là-dedans.» a déclaré Jean-François Pauzé. La touche innovatrice  vient principalement des arrangements musicaux. Pour un deuxième album consécutif, Gus van Go et Werner F ont mis la main à la pâte côté réalisation. Marie-Annick Lépine a précisé qu’il s’agissait d’une évidence et que tous étaient bien heureux qu’ils fassent cette fois-ci partie du processus du début à la fin.

Leur touche se fait sentir sur Les maisons toutes pareilles, fortement inspirée par les concerts OSM POP que le groupe a fait en septembre 2018 avec le chef d’orchestre Simon Leclerc. Au-delà de la sublime orchestration, la chanson frappe par sa fascination de l’art de faire semblant sur une base quotidienne. «Il y a une différence entre faire semblant et faire son possible. On est des banlieusards. On a des maisons, des autos. C’est la vie qui vient nous rattraper, mais on essaie de continuer pareil dans cette roue-là. C’est dur de sortir de notre réalité et d’avoir l’audace de changer. Ce n’est pas tout le monde qui a le goût ou le guts, et cette chanson est en quelque sorte de constat de quelqu’un qui a semi-abandonné. » a déclaré Karl Tremblay.

Le plus grand succès de l’album Octobre paru en 2015 a sans contredit été Marine Marchande, à la grande surprise de ses créateurs. Cette chanson à boire énergisante a inconsciemment donné naissance à La traversée (de l’Atlantique en 1774) qui, sans mauvais jeu de mots, naviguent sur les mêmes eaux. « Cette chanson-là est le mélange de deux mélodies qui trainaient dans mes fonds de tiroir. Ça a donné une autre toune qui parle de la mer encore, mais qui est totalement différent de Marine Marchande. Le sujet est plus historique, bien que porté avec humour.», soutient Jean-François Pauzé.

La Catherine, Marcel Galarneau, Louis Hébert et maintenant Suzy Prud’homme, Johnny Pou (LA chanson que Jérôme Dupras a ironiquement défendu pour qu’elle soit sur l’album et en tournée)et Mononc’André…Les études de personnages menant une vie des plus banales mais qui leur conviennent étrangement sont également une marque de commerce de la formation. C’est le dada de l’écrivain du groupe qui prend un plaisir fou à les composer.« Après l’OSM et le Cirque du Soleil, on est peut-être rendu à demander à René-Richard Cyr de monter une comédie musicale avec nos chansons! » a blagué à moitié JF Pauzé. D’ailleurs, pour les fans inconditionnels du personnage de Gina que l’on retrouve notamment sur la pièce La ballade de Jipi Labrosse, et qui sont outrés de ne pas entendre son histoire sur Les Antipodes, sachez qu’une chanson inédite sera bientôt disponible…

Ayant des plans d’une tournée de plus de quatre ans avec Les Antipodes, Les Cowboys Fringants sillonneront les routes du Québec dès le 1er novembre pour un arrêt à Victoriaville. Ils seront de retour à Montréal le 27 décembre pour un gros party au MTELUS! Plus de détails par ici

Crédits Photos : Mélanie Vachon, Éklectik Média 

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