La pendule d’Halloween : une bien belle frousse!

Le réalisateur Eli Roth délaisse les histoires sanglantes, les scènes répugnantes et la violence extrême pour s’aventurer dans un récit magique à saveur jeunesse avec l’adaptation cinématographique du roman de John Bellairs, La pendule d’Halloween (The house with a clock in its walls). Cette sortie de zone de confort délicieusement périlleuse s’avère payante car le film, à l’affiche dès aujourd’hui, correspond en tous points à ce qu’un bon long-métrage s’adressant à toute la famille doit être : drôle, captivant, touchant et ludique sans que ça ne paraisse.

Nous sommes en 1955 dans la ville fictive de New Zebedee au Michigan. Le jeune Lewis Barnavelt (Owen Vaccaro) atterrit chez son oncle Jonathan (Jack Black) et son amie Florence Zimmerman (Cate Blanchett) qu’il n’a jamais connus après que ses parents aient péri dans un terrible accident. Brillant, vif et timide, Lewis, qui subit beaucoup de rejet par ses camarades de classe, découvre rapidement que les choses anormales qui se déroulent dans le manoir de son oncle ont lieu car ce dernier et Florence sont de prodigieux magiciens. L’orphelin développe son  propre talent en la matière et fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider ses tuteurs à briser la malédiction de l’horloge qui loge à l’intérieur d’un mur et qui menace le monde entier!

Avec sa  facture visuelle vintage et ses couleurs chaudes, La pendule d’Halloween instaure une ambiance à la fois mystérieuse et légère qui séduit d’emblée. Les effets spéciaux sont bien exécutés et leurs portées humoristiques ne dénaturent aucunement les intrigues. Côté magie, on est bien loin d’un Harry Potter mais les dons du trio principal possèdent une authenticité et une chaleur qui rendent le tout franchement sympathique. Les répliques aussi acides que bon enfant dont les doubles sens peuvent séduire autant les petits que les grands s’inscrivent dans l’esprit d’un Hocus Pocus ou encore d’un Beetlejuice. D’ailleurs, une certaine  nostalgie teinte La pendule d’Halloween , celle qui caractérise les œuvres familiales qui ne se prenaient pas au sérieux. On embarque vivement dans la quête invraisemblable de Lewis car, lui, y croit tellement. Il existe un bon dosage d’humour et de moments de frayeur. En ce sens, l’expertise de Roth dans le domaine de l’horreur se fait sentir. Bien qu’ils ne feront pas d’effroyables cauchemars, les frimousses vont vivre des soubresauts qui ne s’apparentent aux clichés habituels. Les adultes, quant à eux, sauront être dégoutés à certaines reprises tout en étant impressionnés par la véracité des maquillages.

La force première de La pendule d’Halloween réside dans ses personnages et les  excellentes performances des acteurs. Owen Vaccaro incarne à merveille un garçon doué et marginal qui a besoin de son imagination foisonnante pour survivre aux épreuves difficiles. Sa bouille adorable fend le cœur autant que ses larmes qui ne semblent nullement forcées. Au chapitre des scènes émouvantes, l’incomparable Cate Blanchett démontre encore une fois son incroyable expertise. Elle manipule et dose si bien ses émotions que tous les mots qui sortent de sa bouche sonnent vrais. Elle hérite ici d’une protagoniste complexe dotée d’un style vestimentaire magnétique. On a déjà vu ce rôle d’une nounou aimante à la force tranquille qui refoule les regrets du passé, mais Blanchett parvient sans peine à lui insuffler de l’originalité.  Jack Black fait preuve d’une belle maturité dans ce rôle de bouffon passionné en n’en mettant jamais trop. C’est grâce aux nuances qu’il emploie que bien de ses blagues font mouche. Au-delà des mérites individuels, le trio possède une chimie irrésistible.

Bref, La pendule d’Halloween, bien que le titre québécois n’a pas la même signification que l’original, s’avère le film parfait à visionner pour souligner cette fête à la fois réjouissante et terrifiante!

Ce film est à l’affiche depuis le 21 septembre 2018.

Crédits Photos : Universal Pictures

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