La légende Buddy Guy a mis le feu à la Place des Arts !

The following two tabs change content below.

Le Festival International de Jazz de Montréal célèbre sa quarantième année d’existence. Quel beau parcours pour ce festival consacré par les Guinness World Records comme « le plus grand festival de jazz de la planète ». Fondé en 1980, depuis 1988 qu’il est établi officiellement sur la Place des Arts. Des milliers de festivaliers y sont venus découvrir et entendre les grands noms du jazz. Des centaines d’artistes s’y sont produits, de la relève aux légendes vivantes. 40 ans, c’est un âge d’or ! Pour clore la journée du dernier samedi de ce grand festival, les Montréalais ont pu voir sur scène deux grands noms du blues : Colin James, et l’immense Buddy Guy. La magnifique salle Wilfrid-Pelletier sera l’écrin de cette nuit musicale mémorable.

À l’ouverture du concert, Alain Simard et André Ménard, tous deux co-fondateurs, l’un président du Conseil, l’autre vice-président, viennent dire quelques mots sur scène. C’est avec beaucoup de joie et d’émotions qu’ils se remémorent les beaux moments de vie de ce festival; et tirent doucement leur révérence.

© Photo officielle

Un parcours impressionnant

Colin James et ses musiciens apparaissent sur scène. Le public est déjà électrisé ! Il faut dire que cet artiste n’est pas inconnu des Montréalais. Ce chanteur-guitariste de blues et de rock, né en Saskatchewan, a fait ses armes dans les rues de Montréal. Depuis la fin des années 80, il entame une belle carrière et est reconnu comme un artiste important de la scène blues-rock mondiale.

Accompagné par de très bons musiciens (formation batterie, piano, deux cuivres saxophone, guitare, basse & harmonica), Colin James enchaîne les morceaux et fait mouche à chaque fois. Il faut dire qu’il est à l’aise avec tous les courants. Son style blues-rock est un mélange de old school et d’une musique très rock’n roll, festive et groovy. Il a clairement été inspiré par les légendes du blues, et on y reconnait des sonorités à la Muddy Waters. Il est important de souligner combien Colin James a travaillé pour en arriver là. Sa voix est belle, impeccable et parfaitement maîtrisée. Un bonheur pour lui de chanter dans une salle aussi belle après les difficultés techniques auxquelles doivent faire face les artistes de rue. Sa technique musicale est impressionnante. Il s’amuse de tous les styles, sur toutes les guitares, et joue avec précision et légèreté. Ses riffs sont sublimes.

 

D’ailleurs, pour avoir autant de diversité dans son son, il dispose d’une armée de techniciens qui lui apportent une guitare différente à chaque chanson. Colin James se fait plaisir sur la belle scène de la Place des Arts et il aurait tort de s’en priver. Il reste d’ailleurs un artiste très généreux, bien à l’écoute de son public et de ses partenaires de scène. Il communique beaucoup avec le public, souriant, heureux d’être là et de partager sa musique. On sent qu’il meurt d’envie de venir jouer au cœur de la fosse et de faire danser jusqu’au bout de la nuit les personnes venues le voir. Malheureusement, la salle Wilfrid-Pelletier, avec ses rangées de fauteuils confortables d’opéra, ne se prête pas à l’énergie d’un concert de rock. Cela n’a pas empêché quelques personnes de se lever et de danser sur les côtés, et à d’autres de se trémousser sur leur fauteuil.

Colin James est également très généreux avec ses musiciens. Il leur laisse à chacun des moments pour s’exprimer musicalement. Son premier saxophoniste est de très haut niveau. Mais c’est littéralement son harmoniciste qui vole la vedette. Son harmonica sonne comme une guitare électrique. C’est très impressionnant et sublime !

Pour le plus grand plaisir du public, Colin James a interprété certains de ses tubes, mais également sa première chanson enregistrée sur son EP (influencée par le grand Robert Johnson). Il a aussi fait découvrir les chansons de son dernier album, notamment une époustouflante reprise de Blind Willie Johnson, The Soul Of A Man. La première partie finie dans une ambiance de folie, sous les acclamations du public, après le rappel de ces talentueux musiciens.

© Benoit Rousseau

La classe d’une légende vivante

Une petite pause pour changer la scène et rafraîchir le public; voici la partie de Buddy Guy.

Buddy Guy est l’une des rares légendes du blues que l’on peut encore apprécier en concert. Et quel show !!! Cet artiste en a fait des scènes et des tournées. Il a joué avec tous les grands. Aujourd’hui, fleuri de ses 83 printemps, Buddy Guy est un « Grand Monsieur du Blues » et possède une énergie qui laisse rêveur bien des artistes.

Un style impeccable, béret et pantalon blanc, chemise noire à pois blancs accordée à la grosse caisse de la batterie. Visuellement sur scène, Buddy Guy à beaucoup de classe. Formation classique, batterie, piano, basse, et guitare en accompagnement, juste ce qu’il faut pour faire danser et rendre fou le public. Colin James avait déjà fait monter la température, attention Buddy Guy, lui, met le feu à toute la salle. La musique est magistrale ! Buddy Guy est drôle, joue avec le public, lui raconte plein d’anecdotes et fait des espiègleries. Il « tease » aussi beaucoup ces dames, jouant du déhanché et imitant John Lee Hooker et ses rugissements de félin.

Cet homme sait jouer de la guitare. D’ailleurs, il en joue dans son dos, sur son costume, ou avec une serviette, et tout cela le fait beaucoup rire. Il régale le public de bout en bout. deux heures en continue avec une énergie débordante, du grand art ! Il aime aussi jouer dans le public et n’hésite pas à partir faire un petit tour dans la salle en plein morceau. Les musiciens qui l’accompagnent sont de haut calibre ! Notons que Tom Hambridge, le batteur, est également son producteur et que leur dernier album a remporté le Grammy du « Meilleur album de Blues traditionnel ». Messieurs, chapeau !

© Benoit Rousseau

Buddy Guy gâte son public avec ses compositions originales, ses succès, ses dernières chansons et également des clins d’œil à ses amis musiciens avec des reprises de Marvin Gaye, d’Eric Clapton ou encore de BB King. Les passionnés sont aux anges !

Le public est ressorti de la salle du blues plein les oreilles et le cœur; et des étoiles dans les yeux. Il lui faudra un certain temps pour s’en remettre. Les légendes flamboient de mille feux et leur présence est toujours magique, Buddy Guy en est la preuve vivante.

 

Crédit de la photo de couverture : © Benoit Rousseau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *