L’État nous laisse dans tous nos états

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Marilie Choquette-Lapointe

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Le 21 octobre prochain, ce sera les élections fédérales. Tout le pays devra élire la personne qui croit être la plus compétente, inspirante et diligente pour diriger le Canada. Ces derniers temps, en pleine campagne électorale, les électeurs ont pu constater que plusieurs évènements passés dans la vie des candidats reviennent dans les sujets d’actualité, et ce dans le seul but de nuire à leur campagne. C’est exactement ce qui se passe dans le pièce L’État écrite par Normand Canac-Marquis.

Tout d’abord, l’auteur a écrit une pièce politique tout en prenant soin de rajouter une bonne dose d’humour et quelques romances ici et là. La pièce fait réfléchir et nous pousse à mettre en conflit plusieurs valeurs. Normand Canac-Marquis a su nous faire passer un message assez puissant, et ce en seulement 70 minutes. Le concept est simple: Solange Speilman, éditorialiste au journal l’État, appréciée de tous les lecteurs, doit publier son tout dernier éditorial. Ne savant pas quoi écrire, elle décide de tout dévoiler sur le passé d’un des candidats, aussi appelé le grand Homme, après avoir été menacé par le parti au pouvoir qui la fait chanter. Un duel se développe alors entre la journaliste et son ancien mari, le rédacteur en chef du journal l’État.

Mettant en vedette seulement quatre comédiens, l’État est une pièce très bien construite. La metteure en scène, Martine Baulne, a fait un excellent travail en structurant la pièce dans un seul endroit, soit les bureaux du journal l’État. Le décor est représentatif d’un réel milieu journalistique. Les quatre personnages de la pièce doivent tous combattre l’illusion et user judicieusement d’un moment de crise qui se présente.

Interprétant la célèbre Solange Speilmann, Louise Laprade nous laisse sans mot en nous dévoilant son énorme talent. Jouant une femme déchirée entre le passé mais voulant aller de l’avant, elle nous empreigne de toutes les émotions de Solange. Ses répliques sont dites avec assaut et assurance. Elle et Robert Lalonde (François Speilmann) forment un duo délectable sur les planches. Ils ont une connexion bien sentie. Robert Lalonde est drôle et éloquent. Son personnage, découragé par les délires de son ex-femme, est tout de même attaché à celle-ci et tente de la raisonner. Un personnage hilarant dans cette pièce est notamment la secrétaire du journal, Roxane, interprétée par Monique Gauvin. Celle-ci représente à merveille les mémères de ce monde. Josée Gagnon, quant à elle, interprète deux femmes ayant le même nom: Maude. Une est décédée il y a 41 ans tandis que l’autre, bien vivante, repeint une toile illustrant la guerre. La jeune femme est vive d’esprit, libre et attachante.

En bref, la pièce L’État tombe pile dans la bonne période. C’est une oeuvre à voir absolument si on veut se conscientiser sur les fake news, la politique ou si on a tout simplement envie de rire un brin. Elle ouvre un débat sur le rôle des médias dans un monde où l’on ne cesse de croire à tout ce qu’on voit et qu’on entend, dans un monde où règne la désinformation.

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