L’orchestre joyeux et décalé de Pink Martini pour clôturer en beauté le FIJM 2019!

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Le dimanche 7 juillet 2019 marquait la fin de la 40ème édition du Festival International de Jazz de Montréal. Une magnifique édition célébrant avec soleil et brio le blues, le jazz et les styles musicaux qui en découlent. Avant de quitter la Place des Arts et de préparer l’édition de 2020, la formation musicale américaine de Portland Pink Martini offrait un dernier concert à la Maison Symphonique de Montréal. Une salle somptueuse et moderne en parfait accord avec le groupe de musique.

Pink Martini, formé en 1994, célèbre ses 25 années d’existence cette année. Une magnifique et fulgurante carrière qui les mènera en tournée dans le monde entier. Artistes de haut vol, la réunion de leur univers et leur travail impeccable leur permettront d’obtenir de nombreux prix au fil des années (double disque d’or en France).

Il faut dire qu’ils sont singuliers…et polyglottes, une grande force du groupe Pink Martini! Ils s’expriment en anglais et en français, et s’amusent à chanter dans toutes les langues (en anglais, espagnol, français, italien, portugais, japonais, persan et même en arabe, en hébreu, en napolitain, en croate, en mandarin, en roumain, en grec moderne, en arménien, en turc et en allemand). Ils sont versatiles, à l’image de leur musique qui varie et se joue des styles. Tantôt reprises de classiques des années 20, en passant par de la bossa nova et des berceuses. C’est rafraichissant !

Formation d’un modeste orchestre, les musiciens sont apparus sur scène, costume-cravate et chapeau pour certains ; le style est classe, le style est jazz. Ils ont entamé une reprise du Boléro de Ravel dans une version jazz smooth. Le ton était donné et le public est rentré dans leur univers.

Sous les ovations du public, la chanteuse emblématique de Pink Martini, China Forbes, a fait son entrée. Elle a entamé une chanson bossa nova de leur tout premier album Amado Mio ,une reprise d’un film culte du début du XXème siècle avec Rita Hayworth. Dès les premières notes, elle a subjugué l’audience. Une voix, une maitrise et une présence époustouflantes. Possédant des bases solides, China Forbes a remonté toute sa gamme dans des aigues clairs et cristallins. En artiste rare avec une carrière diversifiée (elle se fît connaitre du grand public grâce à son personnage dans la série à succès pour teenagers Clueless  dans les années 90).

Le groupe a enchainé ensuite avec leur plus grand succès Je ne veux pas travailler. China Forbes , maitrisant très bien la langue française, a interprété ce succès avec un peu moins d’accent que sur la version connue mondialement. L’interprétation en a perdu un tantinet son charme, mais elle a ravi quand même le cœur du public.

China Forbes est la seule femme dans ce groupe composé de musiciens de talents. Chaque artiste possède sa singularité et son univers, et c’est la rencontre et la connexion de tous qui permet la magie de Pink Martini. Thomas Lauderdale au piano à queue possède un doigté d’une grande finesse. Également très drôle, ses défauts d’élocution en français provoquaient des fous rires dans la salle (ne pas confondre « feutre » et « foutre »). Impossible de passer à côté de ses chaussettes rouges que l’on peut se procurer au marchandising d’ailleurs. Timothy Nishimoto (au chant et percussions) a été possédé par la musique ; c’était un régal de l’observer vibrer de plaisir , un plaisir communicatif. Quant à son déhanché, il laissait rêveur.

2 personnages sortis tout droit d’un film voir même d’un dessin animé : les cuivres. À la trompette et au trombone, 2 Blues Brothers extrêmement concentrés et complètement décalés. D’excellents musiciens autant agréable à écouter qu’à observer. Pink Martini, c’est une grande formation d’artistes avec des cuivres, batterie, guitare, piano, violoncelle, percussions, violon et voix. En invité, Jimmie Herrod, jeune artiste chanteur à la voix angélique, était tout à fait à propos dans le tourbillon du band.

Tout au long du concert, le groupe a alterné entre chansons aux mélodies envoûtantes et rythmes effrénés. Très généreux avec son public, il les a invités à monter à de nombreuses reprises sur scène pour danser et chanter avec eux. La reprise de I am woman d’Helen Reddy fût un moment magique. Le concert a pris fin après plus d’une heue de folie sur la chanson Brazil avec une ovation debout et une partie du public dansant en faisant un petit train à travers toute la salle de la Maison Symphonique de Montréal.

Pink Martini est aussi rafraichissant et savoureux que son nom l’indique, c’est un cocktail de Martini rosé sur une plage au soleil, heureux et amoureux.

Crédits Photos : Victor Diaz Lamich 

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