L’univers thoracique de Klô Pelgag

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Le public de la salle comble du Théâtre Maisonneuve était tout fébrile à l’idée d’assister à la version symphonique de l’album L’étoile thoracique de l’incomparable Klô Pelgag dans le cadre des FrancoFolies de Montréalsamedi dernier. Une soirée où la beauté de la musique classique et la poésie des mots s’harmonisaient admirablement entre elles, sous une mémorable mise en scène.

Mon Doux Saigneur est apparu sobrement sur scène, unique projecteur en son endroit. Il a assuré la première partie du concert en nous offrant des chansons à la fois douces et mélancoliques de son récent EP. De par son côté flegmatique, mais attachant, il n’en fallait pas plus pour se laisser attendrir par le jeune homme, puis d’écouter ses mots en silence. Une grande scène à sa disposition, il s’est fait malgré tout petit. Livrant des textes sans prétentions et qui vont droit au but, ce fut une très belle découverte pour ma part. Il faudra attendre en septembre avant de pouvoir se procurer son album.

©  Victor Diaz Lamich

La scène s’est ensuite transformée en quelque chose de beaucoup plus chargée, presque l’impression de ne plus être au même endroit. Une trentaine de musiciens que forme l’Orchestre du Temple Thoracique ont pris place vêtus de par-dessus rouges rappelant une cage thoracique, thème principal du spectacle, avec pour chef d’orchestre l’impressionnant Nicolas Ellis. Une imposante structure en forme de thorax avec un cœur en son centre faisait office de noyau central au décor et à l’univers étrange que Klô nous propose. Cette dernière est apparue dans une bouffante robe rouge (représentant un cœur?).

Nous avons eu droit à des moments magiques dans lesquels l’orchestre était en parfaite symbiose avec l’artiste, dont notamment l’interprétation magistral de Ferrofluides-fleurs, mais quelques inégalités se sont fait sentir durant le concert, probablement dues à l’absence d’un fil conducteur entre les chansons présentées. Malgré une mise en scène et des effets visuels saisissants, dont le thorax aux effets lumineux changeantes, le concept laissait beaucoup trop place à interprétation sans point de repère afin de nous guider. Pour ceux qui ne sont pas habitués aux divagations de Klô Pelgag, on s’y perd malheureusement trop facilement. Malgré tout, l’amalgame musicale vient tout balancer, ce qui nous fait apprécier l’oeuvre dans son intégralité. Ainsi, les non-initiés comme les fervants admirateurs ont pu y trouver leur compte.

© Victor Diaz Lamich

« Ce soir, c’est seulement la musique qui compte! », a clamé la chanteuse durant la soirée. S’exprimant parfois comme une gamine, elle raconte l’anecdote où elle a trouvé une guitare blanche dans une poubelle et se demandait ce qu’elle pouvait bien avoir vécu pour s’être retrouvée-là, jusqu’à en faire de l’insomnie. C’est au piano que la récipiendaire du prix Révélation de l’année à l’ADISQ en 2014 y trouve une certaine force. Ne serait-ce que par sa chanson d’amour Incendie ou bien Les mains d’Édelweiss, nous avons bien senti toute la fougue et cette folie dans laquelle elle entraîne les spectateurs.

© Victor Diaz Lamich

Tous les artistes ont donné de leur passion pour nous offrir une soirée chaleureuse, mais étrange à la fois. Un monde étrange et mystique que l’ont voudrait bien revisiter. Il faudra, à coup sûr, écouter ses morceaux à maintes reprises afin d’y cerner tous les secrets. Une bonne raison d’explorer ses deux albums, L’alchimie des monstres (2013) et L’étoile thoracique (2016).

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