Spirit de Bangarra Dance Theater : un marriage du passé avec le présent

Nous savons tous que, partout au Canada, du Pacifique à l’Atlantique, existent des peuples autochtones de différentes souches. Nous en avons ici au Québec et même dans la région montréalaise. Ils font tellement partie de nous que nous oublions parfois qu’ils ont une histoire beaucoup plus longue que les 527 années qui se sont passées depuis que Christophe Colomb a découvert l’Amérique. Ce que nous semblons oublier, c’est que le Canada n’est pas le seul à vivre cette expérience. Plusieurs autres pays aussi jeunes que le Canada ou d’autres en voie de développement ont  ont eux aussi leur tribu aborigène, ce qui est le cas notamment pour l’Australie.

C’est un magnifique spectacle de danse provenant de l’Australie présenté par un troupe de danse dont la plupart des danseurs sont des interprètes aborigènes d’Australie et des insulaires du détroit de l’Ile de Torres auquel nous avons eu droit vendredi dernier, le 1er novembre. Le spectacle est intitiulé Spirit. La troupe de danse se nomme Bangarra (qui veut dire faire du feu) Dance Theatre et le directeur artistique est Stephen Page. Cette performance nous a été offerte  au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

Étalé sur sept tableaux, ce ballet contemporain fusionné aux rituels des tribus démontre l’importance du cérémonial et du rapport qui se crée entre le passé et le présent. Au tout début, c’était le rituel de la plume accompli de gestes très lents qui ressemblaient plus à des mouvements de gymnastique qu’à des pas de danses, mais qui se sont graduellement convertis en danse proprement dites. Peut-être est-ce à cause du cérémonial, mais on y ressentait peu d’émotion et plutôt une sorte de conviction. Par contre, la gestuelle était très bien exécutée. Lors du duo, qui représente plus la danse moderne, on percevait plus d’émotions empreintes de sensualité. Puis, c’était un trio avec des mouvements plein de finesse qui s’exécutait divinement bien jusqu’à l’arrivée du chef ou de la chef de tribu. Ce fut alors une danse accompagnée de sons saccadés, de bruits de tamtam propres aux tribus, exactement comme les nôtres au tout début de la colonie.

D’autres danses suivirent avec des sauts fabuleux au fur et à mesure que la danse prenait de l’ampleur. Il est évident que la musique était plus mélodieuse, mais cette harmonie disparaissait lorsque se présentaient les thèmes cérémoniaux, mais avec une telle synchronicité dans les gestes et les mouvements que l’on ressentait tout de même un certain apaisement dans l’âme des exécutants. Ce fut un jeu continuel entre les membres de la tribu et les danseurs jusqu’à la fin des plus remarquables. Un spectacle qui nous en a fait voir de toutes les couleurs, au propre et au figuré, durant lequel nous avons pu vivre de très beaux moments de danse et vibrer autant au rythme des tamtams que de la musique contemporaine.

Après le spectacle, comme c’est la coutume les vendredis de représentation, il y a eu une rencontre avec Pierre Des Marais, directeur général et codirecteur artistique, Alana Boileau, spécialiste de la danse autochtone et Stephen Page qui nous a longuement expliqué que les autochtones ont une histoire vieille de plus 50 000 années, voire 65 000 années, avant d’en arriver à une union des deux cultures. Monsieur Page nous a fait remarquer également que la gestuelle est précise et différente pour chaque territoire, comme ici avec les différentes tribus.

Crédits Photos : Edward Mulvihil

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