Sylvia, une comédie qui a du chien!

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Bella Richard

C’était lundi soir, à la Maison des arts de Drummondville, que se déroulait la Première médiatique de Sylvia, cette pièce de théâtre comique qui a fait fureur sur Broadway à New York et qui est maintenant disponible ici même, au Québec, grâce à l’adaptation qu’en a fait Normand Chouinard, à l’admirable mise en scène d’André Robitaille et à la production signée Les projets de la meute! Assis dans la salle, c’est un public bouillonnant qui attendait impatiemment le début de la pièce.

Crédit photo: ©Martin Ouellet

Les planches nous réservaient de nombreux éclats de rire quoique parfois teintés d’empreintes de nostalgie, nous rappelant brillamment nos beaux anciens ou actuels toutous. Une éclatante brochette de comédiens représentaient l’attitude, les réactions et les mimiques que nous adoptons tous sans exception à l’égard de nos animaux de compagnie et, telle une douce et touchante parabole, personnifiaient le chien, Sylvia, jouée par Sonia Cordeau. La pièce raconte l’histoire d’un couple de baby-boomers, Catherine (Pierrette Robitaille) et Grégory (Marcel Leboeuf) qui, ayant déménagé depuis peu de la campagne au « centre-ville », est chamboulée quand ce dernier amène Sylvia à la maison. La pauvre, retrouvée seule dans un parc à la fin d’une journée de travail de Grégory, tente tant bien que mal de se faire aimer et accepter par Catherine qui ne veut visiblement rien savoir d’avoir à partager son quotidien avec l’animal. L’homme réussit enfin à faire entendre raison à sa tendre moitié qui décide de céder en lui laissant quelques jours tests pour arriver à lui prouver que la chienne peut s’adapter à leur mode de vie. Ce qui ne devait durer qu’une semaine tout au plus, se transforme en plusieurs mois, voire, saisons. Catherine, au bout de ses peines, n’arrive malheureusement pas à se familiariser avec la chienne qui, elle, adore son nouveau maître… Grégory aura à faire un choix douloureux : Sylvia ou sauver son mariage.

Crédit photo: ©Martin Ouellet

Claude Prégent, quant à lui, vacille tout au long de la pièce, entre trois personnages : Thomas, un homme rencontré au parc à chiens qui tente, en partageant avec l’humour d’un vieux mon’oncle ses nombreuses anecdotes, lectures et expériences, de faire comprendre à Grégory que son couple peut être perdu en raison de l’arrivée du chien, Liliane, une vieille amie de Catherine et Dominic, un psychologue blasé par son travail qui est appelé à faire la thérapie de couple de Grégory et Catherine. Apportant sa touche de nuances, de légèreté et de dérision, monsieur Prégent charme le spectateur tout autant que ses partenaires de jeu.

Crédit photo: ©Martin Ouellet

Que la personne qui ne s’attendait pas à une incroyable performance d’une telle distribution d’acteurs, cesse de lire mon article maintenant! Marcel Leboeuf, jouant ce mari incompris qui plonge tête première dans l’aventure de paternité renouvelée, nous illustre trop bien comment un homme peut se sentir en présence du chien de sa vie. Pierrette Robitaille, cette femme exaspérée et épuisée de se faire traiter comme un chien et qui, dans tous ses états, signe, tant par ses gestes que par ses attitudes démesurément burlesques, le début d’une guerre contre l’exubérante Sylvia… alors que Sonia Cordeau adopte et reproduit, dans une incomparable et charmante simplicité, chacun des comportements les plus loufoques de nos amis à quatre pattes! L’impressionnant Claude Prégent agrémente, de son côté, les chapitres de cette intrigue dans lesquels il apparaît, dans une hilarante présence scénique.

Crédit photo: ©Martin Ouellet

Les décors, ne changeant que par l’éclairage ou par les ambiances sonores (tonnerre, cris d’outardes, ambiance de ville, etc.), demeurent les mêmes du début à la fin du spectacle, ce qui permet aux spectateurs de demeurer accrochés aux rebondissements de la pièce et de se concentrer davantage sur chacun des personnages devant lui. Que dire, également, des nombreux et attendrissants échanges entre le maître et le chien qui, comme tout droit sorti de notre imaginaire, nous font nous esclaffer en jouant astucieusement dans nos souvenirs. Si vous vous êtes déjà demandé ce qui mijotait dans la caboche de votre adorable cabot, vous serez certainement charmés par LA comédie de l’été! Cliquez ici pour en savoir plus sur la production.

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