Vincent Vallières et Mes Aïeux aux Montgolfières : renouveler les succès avec brio

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Marie-Claude Lessard

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Vincent Vallières et Mes Aieux sont loin d’en être à leur première passage à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu mais chacune de leurs visites est accueillie avec enthousiasme. Même s’ils n’avaient pas un disque récent à promouvoir pour leur concert en programme double d’hier soir, les artistes ont su renouveler leurs intemporels succès et conquérir encore une fois les festivaliers avec authenticité et charisme.

Actif sur la scène musicale depuis plus de 20 ans, Vincent Vallières a compris qu’il est essentiel lors de festivals d’adapter le choix des chansons en fonction de l’éclectisme du public. Sans offrir officiellement une rétrospective de ses noces de porcelaine, l’auteur-compositeur-interprète a offert un feu roulant de hits. Seule pièce jouée qui n’a pas figuré sur les palmarès mais qui a néanmoins toujours l’effet d’un bombe en spectacle : la déchirante Asbestos qui raconte la dure réalité minière dans le Québec des années quarante. Puisque toutes les autres ont tourné en boucle à la radio, même les spectateurs moins familiers à l’univers de Vallières pouvaient les fredonner, ce qui a grandement contribué à maintenir une ambiance participative sans aucune baisse de régime.

Vincent Vallières semblait s’amuser pleinement et sincèrement lors de la livraison de titres aimés comme En attendant le soleil, Je pars à pied, Stone et Le temps est long. Il ne paraissait pas en être lassé puisqu’il a effectué d’ingénieux changements au niveau des mélodies et  des rythmiques vocales. Tout sourire, il a fusionné avec la foule qui lui obéissait au doigt et à l’oeil grâce à des anecdotes concises racontées spontanément avec toute la belle maladresse que cela implique. Le chanteur s’est également permis de galvanisants solos musicaux qui faisaient splendidement rayonner sa chimie avec ses musiciens. On se souviendra particulièrement de ceux qui ont agrémenté Café Lézard, À hauteur d’homme et Bad luck. Le chanteur a d’ailleurs lui-même avoué que son solo sur cette dernière était  rien de moins que celui de sa vie! Il a évidemment conclu les réjouissances avec On va s’aimer encore qu’il a humblement dédié à la foule. Même si les chants a capella des fans et le flot de lumières cellulaires sur cette pièce ne datent pas d’hier, la magie est demeurée intacte à St-Jean-sur-Richelieu.

Ensuite, place à la version 2.0 de Mes Aïeux après une absence de cinq ans. Revêtant de splendides et chics tenues bleues, le septuor a modernisé son image tout en conversant sa signature qui a fait craquer le public depuis plus de deux décennies. À l’instar de Vincent Vallières, les membres ont aussi actualisé leur musique tout en prenant bien soin de ne pas dérouter la nostalgie des spectateurs qui chantaient avec cœur. Les nouveaux arrangements sur les déjà excellentes pièces La grande déclaration, Viens-t’en, 2096 (chanson à boire) et Dégénérations ont apporté une touche de dynamisme pertinente et intéressante qui prouve que le band n’a pas perdu la main en terme de musicalité accrocheuse! En début de parcours, on a même eu droit à une efficace exclusivité, La revoyure, qui exprime poétiquement les raisons de l’absence et buts de ce retour attendu tant par les fans que par le groupe lui-même qui a d’ailleurs été incapable de dissimiler son immense joie d’enfin renouer avec ses alter ego scéniques.

Mes Aïeux a profité de son art pour revendiquer sans lourdeur son attachement profond à ses racines québécoises tantôt avec légèreté avec la pièce Hommage en grains (une ode à la poutine que le public a mimée avec un bel abandon), tantôt avec maturité avec Le déni de l’évidence et Qui nous mène?, des textes si actuels qu’ils troublent encore plus que lors de leur création. Autant physiquement que vocalement, Stéphane Archambault n’a pris aucune ride. Son énergie et son aisance étaient contagieuses. Tous les musiciens ont exécuté un travail admirable, mais c’est Marie-Hélène Fortin qui a volé la vedette avec son habileté à manier l’archet avec grâce et vitesse tout en affichant de larges sourires de bonheur. La symbiose de tous ses éléments sur Train de vie (Le surcheval) a été particulièrement réjouissante et poignante.

L’un des principales forces du groupe est de pouvoir user de sarcasme gentil autant entre les membres qu’avec le public. Faisant de l’autodérision sur leur départ, par exemple par l’entremise d’un sondage demandant au public s’il s’ennuie des anciens costumes ou s’il trouve que les membres ont bien vieilli, les artistes, spécialement Archambault, n’ont pas hésité à secouer le public pour les faire bouger davantage, et c’est exactement pourquoi les gens se sont attaché à eux et continuent de le faire. Sincèrement complice dans la vie, le septuor, à travers des histoires drôles et porteuses de réflexions, a principalement qu’une seule mission : faire lever le party. Mes Aïeux  a réussi à coup sûr, que ce soit en prétendant jouer Dégénérations pour plutôt amorcer la chorégraphie de Remède miracle (en prime, de bidonnantes instructions en anglais improvisées par Benoit Archambault)ou en concoctant un hallucinant medley de Dégénérations et Swigne la bacaisse qui ne donnait autre choix que de danser sans se soucier de la justesse de nos mouvements!

Avec cette tournée de neuf spectacles , Mes Aïeux souhaitait prendre le pouls de son public. Sera-t-il au rendez-vous? Voudra-t-il découvrir du nouveau matériel? Avec l’intensité de l’ovation reçue en fin de spectacle, le band lui-même sait déjà les réponses à ces questions, même s’il peine à croire à toute cette affection…

Crédits photos: Stéphanie Payez, Éklectik Média

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