Broue : la nouvelle brassée à la hauteur de la cuvée originale

The following two tabs change content below.

Vendredi le 27 septembre dernier, nous avons pu assister au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts à la 66ième représentation de la mythique comédie de Louis Saïa, Claude Meunier, Francine Ruel et Jean-Pierre Plante, Broue, mettant en vedette la nouvelle brassée de compères formée de Benoit Brière, Martin Drainville et Luc Guérin.

Il va sans dire, qu’étant plus âgés que nos trois premiers soûlons lorsqu’ils ont entrepris l’aventure, MM. Brière, Drainville et Guérin ne s’attentent pas à ajouter à leur CV respectif 3322 représentations de Broue, mais une chose est certaine, c’est que quelle que soit la durée de cette nouvelle mouture, elle est à la hauteur de l’odyssée originale dont faisait partie, comme vous le savez,  Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier.

Il est facile de voir que nos trois nouveaux comparses se sentent très bien dans la peau de chacun de leurs personnages. Ils se partagent approximativement 18 rôles. On peut sentir qu’ils adorent ce qu’ils font. Ils possèdent le même sens de la répartie et ne se gênent pas pour envoyer leur petit grain de sel improvisé à l’occasion, tout comme le faisaient souvent les interprêtes originaux.

Les décors et la mise en scène sont sensiblement les mêmes. Quant aux textes, des spectateurs pas loin de nous se disaient tout bas les ripostes qui s’en venaient. Il va de soi que chacun apporte sa touche personnelle dans l’interprétation de ces différents rôles, mais comme mentionné plus haut, chacun se sent bien dans la peau de ses personnages et on pourrait même dire que les textes pourraient avoir été écrits pour chacun d’eux.

Il y est souvent fait allusion à la loi 55 mise en vigueur en 1979 donnant accès aux femmes dans les tavernes, mais la pièce se passe avant l’arrivée de cette loi, donc pas de présence féminine sur la scène, ou plutôt dans la taverne;  c’est vraiment la taverne telle qu’elle existait dans les années d’après-guerre et jusqu’en 1979 alors que les hommes s’y rendaient comme dans leur deuxième chez eux et où ils en profitaient pour déblatérer entre eux sur leur tendre moitié et, quelques fois, pour changer le monde. Bien évidemment, nul n’étant membre des AA, c’était plus facile de se soûler la gueule à cette époque,  surtout qu’il n’y avait pas d’ivresse o mètre ni de .08. De plus, beaucoup n’avaient pas d’auto, donc aucune raison de se casser la tête!

Le soir où nous y sommes allés, la salle pleine étaient constituée de près de 7O% de gens qui avaient vu la première production, et tous semblaient bien heureux de ce qu’ils venaient de voir et entendre, et avec raison. Sans enlever quoi que ce soit aux deux autres comédiens, j’ai une petite préférence pour Benoit Brière qui, dès son entrée au tout début de la pièce, nous a immédiatement démontré qu’il était bel et bien dans la peau de son personnage, drôle comme ça ne se pouvait pas! Par sa démarche, par moments, on aurait pu penser qu’Olivier Guimond  (pour ceux qui le connaissent) était de retour!

Spectacle non revisité, ce nouveau Broue est bien tel qu’il a été connu et apprécié pendant 38 ans et 3322 représentations. Évidemment, nous ne pouvons pas souhaiter une telle longévité aux nouveaux venus, mais on peut leur souhaiter de s’amuser au moins tout autant que Michel, Marcel et Marc. Cette production est à l’affiche selon la cédule suivante.

Crédits Photos : François Brunelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *