DEMAIN dans le regard de Mehdi Bousaidan

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C’est après avoir rodé son spectacle à travers la province que Mehdi Bousaidan présentait enfin « Demain » son tout premier spectacle solo en première montréalaise, mercredi soir, à la Cinquième salle de la Place des Arts. Des préposés arborant fièrement des t-shirts au logo de « Medflix », dans la même police de caractère et le même rouge que notre reconnu Netflix, attendaient les journalistes et les spectateurs avec, en mains, des sacs de maïs soufflé. Une délicate attention qui ne passa pas inaperçue et heureusement, car il ne s’agissait pas que d’une simple coquetterie d’un humoriste à ses fans, mais bien d’une habile entrée en matière pour soutenir le concept de son one-man-show.

En effet, nous amorcions le spectacle dans l’ambiance de la soirée télé d’un couple (voix hors champs, Marie-Lyne Joncas et Gabriel D’Almeida Freitas) qui cherchait quoi regarder sur Netflix et dont le choix s’est arrêté sur un spectacle d’humour, celui de Medhi Bousaidan. Trois écrans accrochés au-dessus de la scène ont permis à l’assistance de suivre les réglages et les préférences audiovisuelles allant des changements de langues, à l’ajout accidentel de sous-titres arabes. Une introduction astucieuse et originalement apportée qui a su décrocher de nombreux rires francs dans la salle entière et un concept interactif qui nous a sollicités tout au long de la soirée nous forçant, par applaudissements, à prendre des décisions pour la suite du spectacle.


Crédits photo : ©Joanie Raymond|Éklectik média

Vacillant entre imitations, improvisation et comédie, Bousaidan a su faire preuve de son talent par sa flamboyante performance en permettant sans aucun doute aux gens qui, comme moi, le connaissait davantage pour ses rôles dans les séries télévisées Trop (Radio-Canada), Med (Vrak Tv) et Ça décolle (V télé), pour ne nommer que celles-ci, de découvrir son côté badin et bouffon d’humoriste. Entre plusieurs anecdotes aussi savoureuses les unes que les autres, par exemple, ses observations sur les différents sports olympiques et la participation des norvégiens dans leur création, l’art de manger mal en tournée en visitant de nombreux restaurants sur la route (à l’instar d’une bonne vieille Cantine Chez Ginette), Mehdi nous a aisément accrochés à ses récits loufoques et bien racontés. Tout semblait parfaitement ficelé à ce niveau! L’artiste s’est même fourvoyé à deux reprises et, mettant à l’oeuvre sa virtuosité d’improvisateur, s’est repris avec une finesse hilarante en riant de lui-même (une vitre transparente dans laquelle on voyait au travers, une précision bien utile et les « p’tits meurtriers » lorsqu’il nous racontait son expérience de show en prison qui dériva sur une mise en scène complètement absurde mettant en vedette des meurtriers nains qui nous poignardent les mollets) et nous faisant ainsi cadeau de plusieurs minutes de pure dérision!

La salle a également bourdonné de rire lorsque vint le temps de revisiter son sketch sur les sonneries de téléphone intelligent, un numéro incontournable, d’ailleurs, qu’il performe depuis ses tout premiers balbutiements sur scène. Dans ce dernier, l’humoriste analyse et commente la vie des gens qui ont les dites sonneries, prétendant que chacune d’entre elles en dit long sur la personnalité de celui qui l’utilise. C’est littéralement à se tordre de rire! Et que dire du moment où il a décortiqué tous les éléments nécessaires pour réussir à composer une bonne chanson reggae? Priceless!


Crédits photo : ©Joanie Raymond|Éklectik média

Parmi les autres moments forts de la soirée, nous ne pouvons passer outre sa rocambolesque histoire à l’École nationale de l’humour lorsque, pour un travail, il avait apporté de fausses armes à feu dans sa classe. Sa description de l’énorme stress qui l’a envahi quand il se fit viser par un gars du GTI, l’amena directement à un sujet plus sérieux, soit le nombre incalculable de tueries aux États-Unis (et ailleurs) et du fait que , chez nos voisins du Sud, tout le monde peut porter une arme… Bousaidan nous a confié son inquiétude face au projet du gouvernement américain qui veut obliger les professeurs d’en porter une aussi dans le cadre de leurs fonctions. Il projette plus loin en disant qu’il a peur, qu’un jour, cette loi soit décrétée ici, au Québec et que l’on perde notre belle liberté.

Mehdi Bousaidan nous a lancé plusieurs autres statistiques sur la pauvreté, entre autres, sur le terrorisme et les inégalités hommes-femmes, nous démontrant son implication sociale, son intérêt et ses préoccupations pour les enjeux qui nous concernent, mais le tout arriva en fin de spectacle seulement, ce qui me donna l’impression que le fil conducteur relativement au titre de son spectacle n’était pas assez présent. Ceci dit, j’ai passé une très belle soirée, j’ai beaucoup ri et ce fut le cas, je le pense sincèrement, de chacun des spectateurs!

L’humoriste sera à la Cinquième salle tout le mois d’avril avant de partir en tournée dans le reste de la province. Renseignez-vous sur les dates de ces prochains spectacles en cliquant ici.

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