Dora et la cité d’or perdue : plus enfant qu’adolescente

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Marie-Claude Lessard

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Encore un autre personnage télévisuel adulé des enfants qui fait le saut au cinéma! Cette facilité mercantile trop souvent inutile au niveau artistique décourage, mais la curiosité réussit toujours étrangement à se frayer un chemin : et si, cette fois-ci, le résultat parvenait réellement à surprendre? On n’a qu’à penser à  Jumanji: welcome to the jungle pour se rappeler que c’est possible. Dans le cas de Dora et la cité d’or perdue, le parcours à travers la jungle s’avère beaucoup plus broussailleux malgré de louables efforts.

En ondes pendant près de 8 saisons, la série de Nickelodeon se démarque entre autres par les apartés de son héroïne et les répliques devenues cultes grâce à leur non-sens (Shipper, arrête de shipper! , par exemple). Dans le long-métrage, on les mentionne inévitablement mais avec une autodérision habile qui,  dès les premières minutes, instaure un humour sympathique et invitant.

Or, le ton se gâte cruellement lorsqu’on délaisse la Dora de six ans, difficilement remise du départ de son cousin Diego pour les États-Unis, pour découvrir sa transformation en une adolescente de seize ans qui a pour seul caractéristique de connaître la jungle de fond en comble. Le charisme naturel de la jeune chanteuse Isabella Moner (Instant Family) , pour qui il s’agit ici du premier rôle majeur, esquive le désastre complet causé par les exaspérants traits caricaturaux du personnage. Certes, on a affaire à une jeune femme habituée d’être exclue de la civilisation, mais la plupart des situations rocambolesques qu’elle subit une fois dans la grande ville plongent dans les blagues prévisibles et désolantes…même pour un film familial volontairement léger et inoffensif.

C’est exactement là que réside l’autre grande faille de Dora et la cité perdue : son incapacité à cerner  clairement son public cible. Le récit vogue constamment entre son désir d’insuffler une dose de nostalgie aux adultes ayant grandi avec Dora et les frimousses qui l’idolâtrent actuellement pour ne finalement pas satisfaire pleinement aucun des deux partis.

Matthew Robinson et Nicholas Stoller ont accouché d’un récit d’aventure qui respecte tous les codes du genre mais qui ne s’amuse jamais avec eux, d’où la sensation de prévisibilité et d’ennui. Mean Girls avait réussi à dresser un parallèle entre les comportements animaliers et l’injuste rejet de la marginalité chez  les adolescents, mais le traitement ici est tellement gros qu’il en devient presque insultant. Les acteurs personnifiant les amis de Dora qui se retrouve malgré eux dans la jungle ont peu de substance consistante à se mette sous la dent, empêtrés dans des clichés plutôt que d’incarner des personnages proprement élaborés sur le plan psychologique.

Les intrigues proposent un cadre pédagogique efficace même s’il ne se fusionne pas à merveille avec la trame narrative si convenue qu’elle finira probablement par lasser les adultes. Les solutions des énigmes sont trouvées un peu trop rapidement et facilement, mais elles ont le mérite d’activer les connaissances des jeunes cinéphiles et de les mettre en contact, grâce à des sous-titres, avec l’anglais, le français et l’espagnol, et ce peu importe la traduction du film. Merveilleux!

Présentement à l’affiche!

Crédits Photos : Paramount Pictures

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