Formidable Aznavour! : faire vibrer toutes les cordes de notre âme

Qui ne connaît pas au moins une chanson de cet auteur-compositeur-interprète de réputation internationale qu’est Charles Aznavour (1924-2018), même s’ils ont moins de vingt ans? Personnellement, j’ai pu faire plus ample connaissance avec cette légende vendredi dernier, le 8 novembre,  au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, dans une salle comble.

En fait, c’est par l’entremise de Jules Grison que nous avons pu apprendre les quelques petits secrets qui pouvaient encore exister concernant la carrière de cet icône. C’est en octobre 2016 que le producteur Gil Marsalla et l’interprète Jules Grison rencontrent Charles Aznavour à New York lors de son spectacle au Madison Square Garden à l’occasion de sa dernière tournée mondiale pour discuter avec lui de la tenue d’un tel spectacle et obtenir son autorisation, accord qui leur a été évidemment donné. Je suis certaine que, d’où il est, Monsieur  Aznavour ne regrette pas cette décision puisque c’est un spectacle de qualité qui nous est offert et au cours duquel, à travers ses chansons, l’histoire de sa vie nous est racontée.

Pour ce faire, Jules Grison se devait d’avoir des accompagnateurs de classe, à la hauteur de ce cher Charles, et c’est ainsi que Philippe Villa (directeur musical et pianiste), Frederic Viale (accordéoniste), Sophie Desvergnes(contrebassiste), Betti Guiffray (violoniste, flûtiste et choriste), Benoit Pierron(percussioniste), Sébastien Gras(éclairagiste) et Thomas Richeux (son) ont joint les rangs pour former la super équipe que nous avons pu voir évoluer vendredi soir, et ce, dans une mise en scène de Gil Marsalla et Jules Grison.

Quelques secondes avant la levée du rideau, Messieurs Marsalla et Grison nous ont souhaité la bienvenue et remercié d’être là en soulignant qu’il s’agissait de la première de cette tournée pancanadienne, puis ce fut le début officiel du spectacle avec tout d’abord un monologue récité par le grand Charles sur les paroles de Non, je n’ai rien oublié, très touchant de l’entendre s’adresser à nous pendant que des images de la ville de Paris défilaient sur le grand écran au fond de la scène. De chaque côté de cet écran, une fausse façade du Café Montmartre, quartier de prédilection de Charles , et du Café Jazz.

Personnifiant un serveur de bistro, Jules Grison nous a tout d’abord chanté La Salle et la Terrasse qui fut suivie de Plus bleu que le bleu de tes yeux, popularisée dans le temps par nulle autre que la grande Édith Piaf. Ces deux prestations furent exécutées avec seulement l’accompagnement de l’accordéoniste qui, par la suite, a été rejoint par les autres musiciens. Puis, nous avons appris qu’il aimait Paris au mois de mai, une chanson qu’il a écrite avec Pierre Roche et dont la musique est signée Davis Jeffrey. Et ce fut le début des grands succès tels que La Bohème, Les comédiens. Pour finir la première partie, J’me Voyais déjà. La gestuelle de Grison qui, en revêtant son fameux veston, faisait beaucoup penser à Monsieur Aznavour. Un beau clin d’oeil, mais pas plus.

Puis vint la seconde partie qu’il a débuté avec la chanson titre du spectacle que nous nous sommes permis de chanter avec lui. Ensuite, il s’est rappelé et nous a rappelé un tas de souvenirs avec la chanson que les Français préfèrent, Hier Encore, qu’il a fait suivre de Toi et moi pour finir avec Désormais. C’est peut-être par prémonition, mais Jules nous a informés qu’il avait appris la chanson Reste spécialement pour sa tournée ici…. Il a joué le jeu du parfait séducteur lorsqu’il est allé chercher une dame de l’assistance pour danser avec lui sur Les plaisirs démodés, une pièce qui fait encore vibrer toutes les cordes de notre âme, et prendre un verre de champagne pour compléter la mise en scène. La dame s’est très bien tiré d’affaire et a semblé beaucoup aimer son expérience. Nous devions être certainement plusieurs à souhaiter être à sa place!

En rappel, ce fut un medley regroupant entre autres Mes emmerdes, Emmenez-moi, Non je n’ai rien oublié et Sur ma vie. Il a terminé en s’accompagnant au piano lui-même avec la très belle chanson She. On peut dire de Jules Grison qu’il est un performeur accompli. Il s’est aussi accompagné à la guitare pour une autre chanson et il nous a même offert une petite danse à claquettes qu’il a magnifiquement bien achevée. Sa performance de Les comédiens sur un rythme jazzé nous en a mis plein les oreilles.

Il nous a subjugués avec son interprétation en duo avec Betti Guiffray, la violoniste, de Et pourtant sur un rythme sud-américain. Il bougeait aussi très bien lors de son interprétation de Pour faire un jam en se déhanchant aux côtés de la contrebassiste Sophie Desvergnes . Ses textes de présentation, tout en expliquant la chanson qui allait suivre, étaient, à mon avis, plus poétiques que les annonces que nous avons l’habitude d’entendre Peut-être était-il inspiré par la poésie contenue dans les chansons.

Bref, il y en avait pour tous les goûts, si on se fie aux applaudissements qui se sont manifestés à plusieurs reprises et les ovations qu’il a obtenues à la fin. Je ne pense pas qu’il y ait eu une seule personne qui soit sortie de là avec une moue  désapprobatrice. FORMIDABLE! AZNAVOUR L’histoire d’une légende sera de retour au Théâtre Maisonneuve le vendredi 22 novembre 2019 à 20h00. Il reste encore quelques billets ici.

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