Fou de toi au FICG: saluer tous les goûts

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Marie-Claude Lessard

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Pour conclure en beauté son cinquantième anniversaire, le Festival international de la chanson de Granby a mis le paquet pour réunir une brochette d’artistes absolument incroyable qui, à l’instar du titre du spectacle (Fou de toi), rend complètement folle! Les relativement nombreux spectateurs qui ont courageusement bravé la pluie qui s’est abattue avant le concert n’ont pas été en reste car ils ont été témoins d’une soirée chaleureuse et passionnée qui englobait une belle panoplie de genres musicaux allant du pop au folk.

L’idée de confier l’animation aux artistes directement a été brillamment exécutée. Après avoir débuté en force avec un numéro de groupe nous ramenant dans la forêt des mal-aimés de Pierre Lapointe en compagnie de celui-ci, chaque chanteur interprétait deux pièces de son répertoire ou un classique tout en jouant le rôle de choriste aux côtés de Nancy Fortin.  Sur sa dernière pièce, l’interprète était accompagné du prochain artiste à prendre la relève, ce qui a donné lieu à certains échanges inusités et réjouissants comme ceux entre Maude Audet et King Melrose, et Cindy Bédard et Karim Ouellet sur Dis-moi pas que tu m’aimes. Les spectateurs pouvaient alors se laisser aller à de divertissantes anticipations. L’ordre de passation, qui allait d’un artiste émergent à un renommé, a également été une trouvaille intéressante de la part du directeur artistique Luc De Larochellière. Le tout se déroulait dans une agréable fluidité.

Malheureusement, ce fonctionnement a abruptement pris fin à la mi-parcours, ce qui s’est avéré fort dommage. Cette cassure dans le rythme n’a toutefois pas entravé le plaisir du public qui a chanté et dansé avec entrain sur L’amour de Karim Ouellet et Ne me laisse pas tomber de King Melrose qui ont, tous les deux, offert des performances drôles et énergiques. La prolifique auteure-compositeur-interprète Amélie Larocque est venue nous présenter AMÉ, son projet solo joignant dance et électro. Les spectateurs ont apprécié sa voix puissante, son sourire contagieux ainsi que ses mouvements de danse entraînants et précis.

Certains artistes ont décidé de souligner leur ancien passage au FICG en interprétant des titres qui les ont fait gagner le concours. Charismatique et armé de sa séduisante voix rauque, Jean-François Breau, qui habite maintenant Granby depuis 12 ans, a interprété pour la toute première fois depuis sa venue au Festival sa pièce Je t’attendrai. De son côté, Pierre Lapointe a opté pour les excellents titres Le Colombarium, qui a énormément plu à la foule, et Pointant le nord. Dommage que l’auteur-compositeur-interprète affichait un air éteint, voire blasé. Il n’a pas semblé prendre plaisir sur scène, donnant ainsi l’impression qu’il était simplement venu accomplir son travail et non célébrer la chanson québécoise.

Klô Pelgag a fait une apparition remarquée en restant complètement elle-même. Avec son humour joliment décalé, elle a avancé que le piano est un incroyable instrument encore méconnu avant de se l’approprier pour une splendide version piano/voix de Samedi soir à la violence qui a, justement, mis sa voix aiguë bien en valeur. Elle s’est ensuite assise sur un banc, maintenant avec une guitare, pour offrir ce qu’elle disait être une ancienne  chanson d’Éric Lapointe avant qu’il ne goûte à la célébrité, mais il s’agissait en réalité de sa propre pièce Les animaux issue de son deuxième album, L’étoile thoracique.

Karim Ouellet a aussi tiré son épingle du jeu en ajoutant de magnifiques notes étirées sur sa célèbre Karim et le loup. Julie Massicotte a, quant à elle, proposé un sincère hommage à la chanteuse belge Maurane, décédée il y a quelques mois, en revisitant Toutes les mamas qui a connu un vif succès chez les spectateurs. Maude Audet a charmé avec sa douce voix rappelant Catherine Durand et Mara Tremblay sur Gallaway Road. Jovial, Luc de Larochellière y est allé avec ses fameuses chansons Amère América et Cash City qui sont encore tristement d’actualité. Robert Paquette a interprété avec joie et émotion sa pièce Bleu et blanc tout juste après que celle-ci ait été intronisée au panthéon des auteurs-compositeurs canadiens.

Finalement, Alex Nevsky, natif de Granby, s’est montré généreux et coloré en interprétant deux pièces de son second album Himalaya mon amour. Les coloriés ne pouvait pas mieux tomber puisqu’elle illustre à merveille la mission du festival : se réinventer en mettant de l’avant des artistes diversifiés issus des quatre coins de la francophonie. Bien réchauffé avec ce titre, la foule a atteint son paroxysme d’enthousiasme dès la première note de On leur a fait croire. Sous les cris stridents, Alex Nevsky s’est payé un sympathique bain de foule au grand plaisir des spectateurs. D’impressionnants feux d’artifices ont ensuite bouclé la boucle sur ce spectacle authentique qui transpirait la passion de la musique.

Crédits Photos : Stéphanie Payez/Éklectik Média

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