Geoffroy nous fait encore voyager avec « 1952 »

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Matthy Laroche

14 novembre 2019, Ausgang Plaza, Montréal

« Ce soir, on vous joue 1952 ! »

Le deuxième album de Geoffroy est lancé dans l’univers et sur les plateformes numériques depuis une semaine. 1952, faisant office de titre, est tout simplement l’année de naissance de sa mère, décédée il y a deux ans des suites d’une longue bataille avec le cancer du sein. Ce deuxième opus est donc un hommage, un profond respect pour la femme qui l’a mis au monde. Si Coastline est un album qui fait voyager vers les plus beaux pays du monde, 1952 fait voyager à l’intérieur de soi, oblige à ne pas perdre un instant avec ses proches, que la vie est courte et qu’elle peut vous arracher à eux à tout moment. Nombreux sont ses titres qui invitent à l’introspection, une planante épopée où seul le chanteur sait nous transporter.

Jeudi soir dernier, il a convié famille et amis, ainsi qu’une petite centaine de billets disponibles pour les fans, à se présenter au Ausgang Plaza, petit bar moderne situé sur la Place St-Hubert, pour le lancement officiel. Geoffroy est l’artiste introverti qui ne bouge pas le corps, mais qui fait trembler les âmes, et il aura été fidèle à lui-même lors de cette soirée assez mémorable. Accompagné de ses quatre musiciens hétéroclites, ils jouent sans perdre de temps. « Ce soir, on vous joue 1952 ! ». Le son qui en découle est si riche, les mots de Geoffroy si appropriés. L’univers électro-pop qu’ils nous offre nous permet de nous évader. La passion et le travail acharné, nous la sentons dans tous les accords, dans tous les rythmes. Assister à un de ses spectacles est une expérience. Il nous a partagé son intimité.

 

Mais c’est surtout l’histoire qu’il tente de raconter qui touche en plein coeur, probablement parce que l’humain est sensible aux relations familiales. Il n’y a pas meilleur lien qui existe entre celui d’une mère et de son enfant. D’ailleurs, Des images vidéos d’un jeune Geoffroy et de sa mère passent à quelques reprises derrière la scène, ce qui apporte une ambiance des plus nostalgiques. Les mots « five more minutes, five more minutes… » qu’il répète plusieurs fois sur All Around ont suffit à comprendre que la musique lui a servi d’échappatoire, ça lui a permis de passer par-dessus une épreuve ardue. Pourtant, ces mots ne sont pas bien audibles sur la version studio. Preuve qu’une version sur scène donne droit à des surprises que nous retrouverons nulle part ailleurs. Ce moment qui lie les artistes à son public, différent à toutes les fois. L’artiste qui se déplace pour les fans et les fans qui se déplacent pour l’artiste, il n’y a rien de plus vrai, de plus authentique.

Cela dit, l’entièreté de l’album ne repose pas seulement que sur le deuil et la perte d’un être proche. L’album est en soi un état d’esprit. Les chansons font bouger et font rêver, mais il fait aussi tout oublier, le temps de quelques chansons. Geoffroy réussit à puiser loin dans son esprit pour nous partager ce qu’il y a au fond de lui, tout au fond. Il y a quelque chose de lumineux qui émane de lui. Les pièces How You Feeling Now?, The Fear Of Falling Apart et Fooling Myself ont spécialement retenu mon attention. Même si 1952 a résonné toute la soirée, Geoffroy a laissé de la place à trois morceaux qui a marqué les esprits en dépit de sa jeune carrière, Thirsty, Sleeping On My Own et Coastline. Une brillante façon de terminer la soirée.

À la toute fin, on pouvait y lire en arrière-plan, « À l’amour infini d’une mère pour son fils ».
Profond respect à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’oeuvre qui fait comprendre bien des choses.

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