Grands Ballets Canadiens : Une Giselle dépoussiérée

The following two tabs change content below.

Dominique Gauvreau

Depuis sa tendre enfance, il a trempé dans l'univers de la musique classique, de l'opéra et du ballet. C'est aussi un fan de cinéma et de séries télévisées. Diplômé en administration, il dirige un organisme communautaire en région. gauvreaud.eklectikmedia@gmail.com

Giselle est sans doute un des ballets classiques les plus populaires du répertoire. Créée à Paris le 28 juin 1841 sous le titre de Giselle ou les Wilis, cette œuvre connaîtra plusieurs adaptations en cent soixante-dix-huit années.

Après vingt ans d’absence, il est de retour aux Grands Ballets, dans une adaptation audacieuse d’Ivan Cavallari.  Le résultat peut être surprenant pour qui est habitué aux versions visuellement plus traditionnelles. Il n’en demeure pas moins réjouissant de constater que Cavallari a fait un magnifique travail de dépoussiérage qui met au premier plan la performance des danseurs de la compagnie.

Argument

Giselle (Mai Kono), jeune paysanne, aime Albrecht (Matthew Cluff), qui lui a juré fidélité. Amoureux de Giselle, le garde-chasse Hilarion (Dane Holland) découvre qu’Albrecht n’est autre que le duc de Silésie, fiancé à la fille du duc de Courlande. Devant tous, il révèle l’identité de son rival. Giselle en perd la raison et meurt. Venus prier sur la tombe de Giselle pendant la nuit, Hilarion et Albrecht sont la proie des Wilis, fantômes des jeunes fiancées défuntes et de leur reine Myrtha (Éléonore Thomas), qui les condamne à danser jusqu’à la mort. Giselle, tente en vain d’intervenir. Albrecht sera sauvé par les premières lueurs de l’aube qui font disparaître les Wilis.

Une adaptation réussie

Cette version de Giselle est une réussite sur plusieurs plans. Le fait d’amener le spectre de Myrtha au premier acte vient accentuer le destin tragique de Giselle qui trouvera la mort pour rejoindre les Wilis. Il est réjouissant réjouissant de voir à quel point Cavallari a mis en valeur les danseurs masculins au premier acte. Les ensembles sont magnifiques. La complexité de la chorégraphie nous démontre enfin que Les Grands Ballets peuvent rivaliser avec d’autres troupes plus habituées à présenter de grands classiques.

Le deuxième acte est tout aussi magnifique. La partie « ballet blanc » est d’une beauté à couper le souffle.  La scène finale peut surprendre avec les lumières qui descendent du plafond pour éclairer Giselle et Albrecht. Était-ce nécessaire? Peut-être pas, mais ça ne change rien à la qualité du spectacle vu samedi après-midi.

Il faut souligner les magnifiques projections en guise de décors qui nous permettent de voyager de prairies fleuries aux forêts luxuriantes. C’est aussi particulièrement efficace dans les scènes où Giselle passe rapidement d’une émotion à l’autre, les images devenant aussi confuses que l’esprit du personnage. La forêt du deuxième acte est un prolongement, par les lueurs blanchâtres qui apparaissent à travers les arbres, des Wilis qui sont sur scène. Cavallari redonne ses lettres de noblesse aux Grands Ballets campés depuis trop d’années dans le seul classique Casse-Noisette présenté dans le temps des fêtes.  Nous découvrons que ces danseurs sont aussi brillants dans le répertoire classique que contemporain. Vivement La belle aux bois dormants la saison prochaine!

Chorégraphie d’Ivan Cavallari d’après Marius Petipa, interprétée par les danseurs des Grands Ballets Canadiens de Montréal. Jusqu’au 14 avril à la salle Wilfried-Pelletier.

Crédit photos : Sasha Onyshchenko | Les Grands Ballets Canadiens

Dominique Gauvreau

Depuis sa tendre enfance, il a trempé dans l'univers de la musique classique, de l'opéra et du ballet. C'est aussi un fan de cinéma et de séries télévisées. Diplômé en administration, il dirige un organisme communautaire en région. gauvreaud.eklectikmedia@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *