Knock au TNM : morts de rire!

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1923, 2019, même combat. C’est le pathétique constat que pose le Théâtre du Nouveau-Monde pour sa rentrée automnale. Se transformant en un bureau de médecin où se complotent diagnostics mensongers et prescriptions abusives, le TNM accueille pour la toute première fois le Nouveau Théâtre Expérimental pour les bienfaits de l’adaptation de Knock ou le triomphe de la médecine, une célèbre comédie française aussi sympathique que révoltante signée Jules Romains. Sous le règne d’Alexis Martin, qui incarne ici le rôle principal, et de Daniel Brière, qui fait ses débuts comme metteur en scène au Nouveau-Monde,  le NTE a pour mission de repousser les codes théâtraux en jetant un regard poignant et hautement réaliste sur des enjeux sociaux préoccupants. Depuis plusieurs années, la compagnie emprunte un style documentaire pour alimenter ses interrogations.

Or, avec Knock, cette approche arrive sur le tard, un peu trop même. Pour la majorité des 105 minutes que dure la pièce, une atmosphère classique domine. La nouvelle version profite des ressources technologiques d’aujourd’hui pour rendre hommage à la monture originale et la remercier d’être autant inspirante plutôt que de la propulser à un niveau supérieur et accentuer son côté cinglant. Ce choix entraine de nombreuses longueurs lors du premier acte. Le modus operandi du patient naïf qui croit au charabia ridicule de Knock après une consultation gratuite tend à lasser bien qu’on ait droit à des blagues savoureuses et à une présence énigmatique de la part d’Alexis Martin.  Celui qui a légué sa place à Knock dans le village de St-Maurice, le Dr Parpalaid, interprété fougueusement par Pierre Lebeau, tente de remettre en question la méthode opportuniste de son successeur mais son apport trop mince se perd dans les monologues du médecin superstar qui a tellement fini par se croire qu’il se considère véritablement comme un sauveur et non un chercheur d’or sans scrupule.

Ceci dit, cette manipulation de l’angoisse de la mort parvient à être dénoncée avec nuances. On comprend tristement que, alors que plus ça change, plus c’est pareil, il ne reste plus rien d’autre à faire qu’en rire. L’excellente distribution y arrive brillamment, spécialement Évelyne de la Chenelière et Marie-Thérèse Fortin. Dans le rôle du tambour de ville, la première accouche d’un personnage masculin à la fois touchant et naïf avec sa voix nasillarde. De son côté, la deuxième fait crouler de rire en Madame Rémy qui se déplace uniquement en faisant des pas chassés. Une idée formidable qui réchauffe le cœur. Le dernier acte nous transporte dans le présent siècle avec la présence d’un invité spécial. Une autre idée formidable mais celle-ci se noie quelque peu dans une didactique assommante et infantilisante qui peine à montrer sa pleine pertinence.

Knock ou le triomphe de la médecine est à l’affiche au TNM jusqu’au 12 octobre. Des billets sont encore disponibles ici.

Crédits Photos : Yves Renaud 

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