Le cabaret biodégradable 2.0 : les écrits restent…et décapent!

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Le concept derrière le Cabaret biodégradable de Didier Morissonneau est bien simple. Dans une ambiance de cabaret, des artistes récitent des extraits de biographies récentes ou non de d’autres personnalités sans en changer une seule ligne…À la suite d’un franc succès critique lors de son apparition en 2008, voilà que, après cinq ans d’absence, la plupart des membres de la distribution originale ont présenté en grand première une version 2.0, mardi soir dernier, au Cabaret du Lion d’Or. Oui, c’était aussi désopilant et perturbant que vous pouvez l’imaginer…

Ce qui a grandement contribué à l’exaltation de cette hilarante soirée a sans contredit été les vives réactions du public. La salle bondée n’a pas caché son étonnement et son découragement en entendant des passages complètement farfelus voire irréels dénotant un flagrant manque de talent littéraire et une déconnexion totale de la réalité.

Tout en riant constamment en à avoir des crampes dans les joues, les spectateurs se sont souvent exclamés haut et fort comment certaines phrases pouvaient être possibles et comment des anecdotes aussi épouvantables ont pu passer sous le nez des éditeurs… L’appât du gain a ses limites tout de même! À quel point peut-on penser que connaître les ébats sexuels malaisés et narcissiques d’André Montmorency ou l’homophobie assumée et répugnante de Julio Iglesias soient dignes de mention et nécessaires? Quoi qu’il en soit, notre façon de repenser La Ribouldingue est pour toujours changée…

Malgré une ambiance survoltée et d’excellentes transitions entre les biographies choisies, quelques extraits auraient gagné à être raccourcis pour offrir une plus grande variété dans les sélections, surtout qu’il ne manque pas de variété dans le domaine! Les artisans derrière le spectacle questionnent cette tendance et s’en désolent en surlignant son impertinence à grands coups de moqueries gratuites et d’un soupçon de prétention. Pour ajouter l’insulte à l’injure, une partie des profits est versé à Arbres Canada afin de remettre un tant soit peu à la nature ce qui lui a été enlevé en fabriquant du papier. Cette initiative à la fois intelligente et mesquine manque un peu de nuance et de subtilité, mais force est de constater qu’elle atteint son but de nous montrer sans censure les revers de la gloire instantannée.

Une petite pointe de mauvaise foi se dégageait de la lecture des livres pris hors de leur contexte, mais le public ne s’en est point soucié, trop déstabilisé par la réalisation que les textes n’ont pas le moindrement été changés. Parfaitement à l’aise dans ce concept, les acteurs flirtaient avec le deuxième degré, exagérant leur intonation aux bons endroits. Même si les  biographies peuvent varier d’un soir à l’autre, certaines sont incontournables comme celle du chanteur Robby Johnson qui explique son aversion bizarre vis-à-vis son prénom et celle d’Andrée Boucher qui raconte un lavement pour le moins gênant. Pour sa première expérience au Cabaret,  Isabelle Blais ne pouvait demander un meilleur terrain de jeu et en a profité avec brio, quelques adorables décrochages en prime.

Le Cabaret Biodégradable sera de retour au Lion d’Or le  jeudi 28 février. Restez à l’affût ici pour connaître les éventuelles dates de représentation.

Crédits Photos : Stéphanie Payez/Éklectik Média 

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