Léa Jarry et Phil G.Smith : du country doux et festif

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Marie-Claude Lessard

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Hier soir, Le Ministère s’est transformé en un bar county avec les artistes Léa Jarry et Phil G.Smith qui ont offert un plateau double à la fois doux et festif. Leur passion brute et sincère pour la musique new country  a permis  aux amateurs du genre de vivre à fond la leur et aux plus sceptiques de devenir merveilleusement confondus.

L’autrice-compositrice-interprète Léa Jarry a ouvert le bal devant des spectateurs qui fourmillaient sur leur chaise, déjà conquis. À certains moments, il y avait même presque plus d’ambiance et de frénésie qu’au Centre Bell! Avec ses cheveux blonds et ondulés rappelant la Belle au bois dormant , sa jupe fleurie aux couleurs pastel et sa camisole d’un argent lustré, l’artiste originaire de Baie-St-Paul maîtrisait à merveille le look country girl américain à la Carrie Underwood, qui est d’ailleurs une influence pour elle. Elle s’est inspirée de la pop pour pimenter son univers folk intimiste teinté de tendresse et de poésie.

Bien qu’elle n’ait qu’un seul mini album à son actif, Entre temps (paru en mai dernier), Léa Jarry est loin d’être une nouvelle venue dans le millieu, Œuvrant longtemps comme choriste sur des gros plateaux de télévision comme En direct de l’univers, elle a enfin décidé d’écouter sa petite voix intérieure qui la suppliait rageusement de produire ses propres chansons et d’ embrasser ses racines, ce qui a donné lieu à un spectacle authentique et rassembleur.

Son expérience scénique lui a permis d’attaquer les petits problèmes techniques et oublis de solos musicaux avec légèreté et un humour sympathique qui nous faisaient presque croire que c’était voulu. Ce même bagage se reflète dans les thématiques de ses pièces qui traitent abondamment d’amours brisées, d’espoir, de l’importance de la famille, du besoin de foncer malgré les incertitudes et de croire que c’est enfin son moment de briller. Upstairs, 29 Saint-Adolphe, Trop d’hivers, la pièce de Noël Mémoire de l’essentiel et C’est mon tour ont particulièrement atteint la cible et soulevé l’audience.

Avec sa voix feutrée et nuancée capable de belles envolées, Léa Jarry, romantique dans l’âme, a également offert des reprises sélectionnées judicieusement. On a ainsi eu droit deux medleys extrêmement originaux qui correspondaient magnifiquement sa voix : la fusion de deux titres de Céline Dion (Retiens-moi et Pour que tu m’aimes encore) ainsi que la chanson Ring of fire de Johnny Cash mêlée à I want it that way des Backstreet Boys. Une trouvaille tout simplement géniale! D’ailleurs, cet amalgame de pop et de country résume bien le paysage de Léa Jarry qui s’est à la fois montrée sensible et attachante.

Phil G.Smith a transporté l’énergie déjà vibrante du Ministère à un tout autre niveau la seconde où il a foulé la scène. Nous étions désormais à Ste-Tite à siroter un whisky tout en célébrant la vie et les gens qui nous permettent de la trouver belle.

Enjoué, l’auteur-compositeur-interprète a fait danser et chanter le public en combinant les pièces issues de son premier album On fait du country et EP et des classiques du genre. Impossible de rester de marbre face à son bonheur contagieux. Sans prétention, il a chanté, armé de sa fidèle guitare, son amour du Québec et de la musique country.

Boire entre chums, parcourir les routes dans son camion, le besoin de liberté, la fierté de sa patrie sont quelques uns des thèmes qu’il a abordés dans ses chansons sympathiques. Phil G.Smith a affiché une attitude terre à terre rafraichissante. Son sens de l’autodérision et la complicité avec ses musiciens ont bien rythmé la soirée. Il a également fait preuve de générosité en invitant Léa Jarry à jouer les choristes, elle qui a participé à son album. À l’instar de sa covedette qui a osé un moment feu de camp lors de sa partie en chantant unplugged au milieu de la salle, Phil G.Smith a instauré une atmosphère de camping tout au long de la sienne.

Léa Jarry assurera la première partie de Matt Lang le jeudi 26 mars 2020 au Club Square Dix30. Phil G.Smith sera au Centre des Arts Shenkman d’Orléans le 17 janvier 2020.

Crédits Photos : Stéphanie Payez, Éklectik Média 

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