Les lumières de la Ville à l’OSM :Chaplin était, est et sera toujours un génie du cinéma

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Diane Beaudin

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Une chance unique nous a été offerte, hier soir, à la Maison Symphonique de la Place des Arts , de visionner le film muet Les lumières de la ville (1931) réalisé par et mettant en vedette Charlie Chaplin dans le rôle du vagabond, accompagné en direct par lOrchestre Symphonique de Montréal,sous la direction de nul autre que Timothy Brock.

En plus de l’ami Charlot, ce film, d’une durée de quatre-vingt-six minutes, met également en vedette Virginia Cherrill dans le rôle de la jeune aveugle et  Florence Lee dans celui de la grand-mère. Le millionnaire était joué par Harry Myers, Hank Mann était caché sous les traits du boxeur alors qu’Eddie Baker leur servait d’arbitre.

Vous savez tous que, qui dit Charlie Chaplin , veut dire notre âme d’enfant et éclats de rire. Et il y en a tout au long de la projection,  notamment lors de la scène du spaghetti alors qu’il confrontait serpentins et spaghettis, pendant celle du combat de boxe chorégraphié et une impliquant une pelote de laine… Par moment, en fait, nous étions tellement pris par le film, une belle petite histoire d’amour, qu’on en venait presque à oublier la présence de l’orchestre sur la scène.

Un vagabond tombe amoureux d’une jeune aveugle, qui le prend pour un homme riche, et qu’il réussit à aider financièrement grâce à l’argent que son ami millionnaire lui donne à cet effet. Par la suite,  il est cependant accusé de vol par le même millionnaire et est jeté en prison. Quelques mois plus tard, il est libéré et se retrouve par hasard devant la belle boutique de fleuriste où travaille désormais sa jeune amie qui a été opérée pour les yeux, et qui rêve toujours de rencontrer son bienfaiteur qu’elle croit riche et beau.  Amusée par le vagabond qu’elle aperçoit, elle lui offre une fleur et une pièce, et le reconnaît… au toucher. Ils se regardent les yeux dans les yeux d’un air surpris et plein d’émotions. FIN

Il va de soi, qu’étant donné qu’il s’agit d’un film muet,  il n’y a aucun dialogue, sauf quelques éclats de voix et des phrases écrites en sous-titres. Le jeu des acteurs est d’autant plus important, et Chaplin ne manque certainement pas son coup. Il était, est et sera toujours un génie du cinéma. Lui et ses pairs ont su nous transmettre, tout au long du film, les émotions positives et/ou négatives que chacun ressentait dans son personnage. 

Il ne faut pas oublier lOSM, qui, pendant quatre-vingt-six minutes, n’a pas arrêté de jouer. C’est une longue symphonie, ça! Les talents de bruiteur que certains membres de l’Orchestre ont démontré, entre autre lorsque les sirènes de police se faisaient entendre, étaient tout simplement hors du commun. Quant au directeur, Timothy Brock , sa réputation n’est plus à faire. Avec Les lumières de la ville, c’était la troisième fois qu’il dirigeait l’OSM, à la suite des ciné-concerts Les temps modernes de Charlie Chaplin en 2015 et Le cuirassé Potemkine de S.Eisenstein en 2016. Monsieur Brock a su diriger lOSM, comme chaque autre fois d’ailleurs, de main de maître ; il a su donner à chacune des pièces, toutes écrites également par Charlie Chaplin (sauf une, voir plus bas), la musicalité, le son, l’harmonie et l’atmosphère qui accompagnent toujours bien un film muet.

Il faut ajouter au cursus de Timothy Brock qu’il est le premier d’entre tous les experts de la musique de cinéma muet. Il s’est distingué par ses travaux de restauration et d’édition de cette musique pour plusieurs films, notamment ceux de Charlie Chaplin qu’il a commencés en 1998 lorsque la succession de Chaplin lui commanda la restauration de la fameuse musique du film Les temps modernes, ainsi que douze autres, projet qu’il a mené jusqu’en 2012. Il a aussi écrit la musique pour plusieurs films muets.

Un spectacle du même genre sera présenté les 30 novembre et 1er décembre 2018 à la Salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts avec la projection du film Harry Potter et la Coupe de Feu, cette fois-ci avec dialogues en anglais.Des billets sont encore disponibles. Vous pouvez vous les procurer ici.

Pour les férus de Charlie Chaplin, voici quelques statistiques le concernant lui ou le film Les lumières de la ville.  Il a produit, réalisé et scénarisé le film et en a composé la musique, sauf le thème de La violatera que l’on doit à José Padilla. Il en a été ainsi pour pratiquement tous ses films sauf pour La comtesse de Hong Kong en 1966. La production du film Les lumières de la ville a débuté le 31 décembre 1927 pour se terminer le 22 janvier 1931, donc 190 jours de tournage. La première a eu lieu le 30 janvier 1931. Chaplin est décédé à Noël 1977, à l’âge de 88 ans.

Crédits Photos : Google Images

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