The Cloverfield Paradox – La science-fiction a-t-elle ses limites?

Nous avons eu droit à une agréable surprise hier soir durant le Superbowl LII, celle de la bande-annonce de The Cloverfield Paradox. Comme si ce n’était pas assez excitant comme ça, le film a été disponible dès l’issue du match directement sur la dominante plateforme Netflix. Un véritable coup de génie!

Si au départ, les trois volets se devaient être, en quelque sorte, des suites symboliques entre eux, il semblerait que ce dernier fait office d’un antépisode en lien direct avec le premier opus. Alors que nous avons eu droit à un found footage pour le premier, à un huis clos inquiétant pour le deuxième, cette fois-ci, nous  nageons en pleine surdose de science-fiction pure et dure. Produit par nul autre que J.J. Abrams, et Julius Onah à la réalisation, le film semble prometteur aux premiers instants, mais tombe petit à petit dans l’enfer des clichés inévitables et agaçants.

©Paramount Pictures

Alors que la terre ne possède presque plus de ressources énergétiques, une équipe de physiciens et d’ingénieurs élaborent, et ce dans l’espace, une expérience pour mettre au point une source d’énergie inépuisable. Malheureusement, cette expérience ne se passe pas exactement comme prévue et cause un violent choc entre notre monde et celui d’un univers parallèle au nôtre. S’ensuit alors une lutte pour rétablir l’ordre des choses.

Sur les plans de l’image, du montage et du cadrage, tout y est. Tout est parfait en tout point. Il faut même souligner une très bonne volonté des acteurs à rendre leurs personnages crédibles, surtout la jolie Gugu Mbatha-Raw. C’est probablement au niveau du scénario, ou du moins à sa deuxième moitié, que tout se gâche. Si, au départ, nous sommes captivés par le mystère qui règne, nous retombons affreusement vite sur terre. Car il est drôle, pour ne pas dire ridicule, de voir qu’à toutes les fois où les protagonistes ont une idée de génie et qu’ils exécutent leurs plans, c’est là, et toujours là, que les fameuses failles inter-dimensionnelles surviennent et mettent hors-jeu les membres de l’équipage. Nous comprenons dès lors le procédé narratif proposé, c’est-à-dire que nous devinons à coup sûr les prochains dangers, sans grandes surprises. Niveau scénaristique, c’est plutôt faible.

Bien sûr, il faut ajouter à cela les fameux stéréotypes et clichés outer space, et ils y sont pratiquement tous (du beau sacrifice pour mener à bien la mission, la fameuse sortie dans l’espace pour réparer le vaisseau ou bien la quête ultime de retourner sur la terre). Il semblerait que ce soit rendu difficile, voire même impossible, de déroger de cette tangente. C’est comme si nous avions atteint les limites du possible avec la science-fiction. 

©Paramount Pictures

Si le film n’avait pas porté le nom de Cloverfield, je ne suis pas certain qu’il aurait autant attiré l’attention. Bien que le film nous offre malgré tout de très bons coups sur certains points. Le fait entre autres de nous montrer un peu ce qui se passe sur terre nous donne moins l’impression d’être en proie à une claustrophobie, comme nous avons eu droit avec Gravity de Alfonso Cuarón ou bien de Life de Daniel Espinosa. Intégrer le principe des multivers est audacieux, mais il est apporté maladroitement dans le film. Au risque, nous aurions intégré d’autres créatures.

Pour conclure, même si cet opus tente d’expliquer l’ensemble, il n’en demeure pas moins que nous nous posons encore plus de questions telles que « d’où viennent les créatures? ». Offrant de belles scène et des images à couper le souffle, je crois qu’il finira vite aux oubliettes. C’est plutôt dommage, car 10, Cloverfield Lane, qui a bénéficié de beaucoup moins de budget, a suscité beaucoup plus d’intérêt que celui-ci. Nous espérons mieux scénaristiquement parlant pour la suite.

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