Tove Lo, enfin un show intérieur à Montréal, et tout un!

Ça faisait longtemps qu’on attendait le passage de l’autrice-compositrice-interprète suédoise Tove Lo à Montréal. Certes, dans les dernières années, elle a fait des apparitions au Festival Osheaga (elle y sera d’ailleurs le 1er août prochain), mais elle n’avait pas encore offert à ses fans québécois un spectacle intérieur ne mettant qu’elle en vedette jusqu’à hier, le 15 février 2020. Si l’annonce de son passage, d’abord planifié au Théâtre Corona mais atterrissant finalement au MTELUS pour combler la demande, avait causé une certaine frénésie, le concert de la tournée Sunshine Kitty a complètement été dément!

Après une première partie satisfaisante  et appréciée de la part d’Alma, le public était intenable et fébrile. Une chaise royale en velours bourgogne, une batterie, un DJ, une demi-sphère diffusant des projections numériques colorées contribuant agréablement  à l’ambiance festive…un visuel efficace à ce genre de soirée  à défaut d’être original. En toute honnêteté, le MTELUS rempli à craquer se foutait bien de la scénographie, tout ce qu’il voulait , c’était de savourer ce moment précieux avec la star qui a un faible  pour le mot bitch...sans être Britney! 😉

Peu après 21h00, cette dernière s’est nonchalamment installée sur le trône devant des sujets déchaînés. Pour partir le bal, Glad he’s gone. Et c’est là que la reine a dévoilé son attitude de guerrière , la chaise n’étant  pas qu’une entrée en matière mais une nécessité pour une attelle protégeant son pied droit. The show must go on , surtout quand certains l’attendent depuis plus de 5 ans!

Ce dévouement de plus en plus rare chez les artistes qui annulent souvent pour des problèmes de santé ne s’est pas fait au détriment de la qualité du spectacle, bien au contraire. Ayant l’habitude de se déplacer sensuellement d’un bout à l’autre de la scène, Tove Lo a fait l’amour à son accessoire forcé. Des déhanchements et des carresses assumés mais jamais déplacés parfaitement en symbiose avec sa personnalité décomplexée. Un haussement d’épaule, et le public signifiait sa présence. Un mot adressé en français, et c’était l’extase.

Visiblement heureuse d’être là et consciente qu’il s’agissait de son premier passage en tête d’affiche dans la métropole, elle a envoûté la foule en un rien de temps en concoctant un party au rythme savamment proportionné. Les  cinq premières pièces,  dont Bad as the boys avec Alma, offraient une entrée en matière calme mais qui laissait présager un dénouement survolté. Le premier titre à être chanté à tue-tête, le single Cool Girl issu de l’album Lady Wood,  a donné le ton alors que Influence a pu permettre à l’interprète de montrer l’étendue de son registre vocal vaporeux et langoureux.

À partir de Are U gonna tell her?, place au dancefloor! Le mantra de Tove Lo, qui est de se foutre de l’opinion des autres , de se gaver (raisonnablement) dans la fantaisie de la fumée blanche maintenant légale  , d’embrasser son côté marginal et de faire valoir les amours sans étiquette, a été exploité à son plein potentiel. De la première rangée au parterre jusqu’au fond de la salle, la jeunesse se trémoussait sans tabou et avec une liberté belle à voir.

L’accrocheuse Disco Tits aux effluves 80’s a été un moment fort grâce à sa sexualité brutale franche et son diaporama de bouches aguicheuses. Tove Lo a alors livré des notes aiguës donnant des frissons. Frissons qui se sont prolongés sur Moments, une ode aux imperfections incarnée seule sur scène et au clavier.  La bouleversante hey you got drugs? au crescendo musical saisissant a magnifiquement conclu la portion acoustique avant de donner toute la place à la bombe qu’est Bitches et à l’excellent et planant morceau R´n’B True Disaster.

Désireuse de faire plaisir à ses admirateurs de la première heure, l’artiste a brillamment survolé ses quatre opus, les hits comme les trésors cachés. Les dernières 20 minutes ont davantage été accordés au dernier album en lice, Sunshine Kitty, qui est drastiquement plus dance  que  les précédents. Pour conclure, Sweettalk my heart interprétée  debout et l’incontournable Habits (Stay High)  a fait trembler le MTELUS jusqu’au dernier rappel, Bikini Porn, qui a ravi les fans. Ne reste maintenant qu’une chose à dire avant la prochaine rencontre sans blessure : Tove Lo, bitch, we love you!

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