Série Ben voyons donc au Zoofest : Yves Corbeil se raconte en humour

The following two tabs change content below.

Mardi dernier, le 16 juillet 2019, avait lieu, au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts, la seule et unique représentation du spectacle d’Yves Corbeil, Les jeux sont faits tout va bien, dans le cadre de Zoofest avec la participation notamment de Louise Deschâtelets et Joël Legendre.

La majorité de l’assistance était constituée de Baby Boomers inconditionnels de notre humoriste en herbe préféré qui l’ont chaudement applaudi lors de son arrivée dans la salle où il a questionné certains spectateurs avant de monter sur la scène, comme quoi tu peux peut-être sortir un gars de l’animation, mais tu ne peux pas sortir l’animation d’un gars…

En fait, on ne peut pas dire qu’il soit le meilleur des humoristes, mêmes immergents, mais c’est un super bon raconteur, et avec plus moins cinquante-cinq ans de carrière derrière la cravate, il faut dire qu’il en avait long à raconter. Toutefois, avant qu’il ne fasse son entrée, Gabrielle Caron nous a présenté ce qu’aurait pu être un courrier du coeur entre les mains de notre ami Yves, nous l’avons aussi vu sur vidéo se parodiant lui-même en rouli-roulant ou encore lors d’une visite à Fort Boyard.

Et le voilà qui a commencé sa petite jasette, en nous disant que 2018-2019 a été l’année de trois combinaisons plutôt décevantes pour lui. La première 7 et 5, oui, oui, oui, 75 ans en 2019, comme il l’a dit si bien lui même, il est un modèle de collection, et, entre vous et moi, quelle belle collection! La deuxième combinaison, 17 et 4. En effet, après 17 ans comme porte-partole pour la maison d’électroménagers Corbeil, voilà qu’on lui remet son 4%. Finalement, la dernière mais non la moindre, 42 et 30, soit 42 ans avec Loto Québec ,toujours à la pige, et plus 30 ans à l’animation de l’annuelle Célébration, qui, lui dit-on, doit se rajeunir…

Après une entrevue avec sa psy, nulle autre que madame Louise Deschâtelets, à qui il avoue être marié depuis 55 ans, elle lui a suggéré finalement qu’il devrait peut-être regarder du côté des tout inclus, aveec la danse et les drinks. Il en a regardé quelques uns, et celui qui l’a le plus impressionné apparemment, serait l’Auberge du Dernier Repos où on distribue les pilules à la place des drinks et qui  inclut également services de salon funéraire.

Il semblerait que lorsqu’il a été approché pour faire ce spectacle, toute sa famille, pour différentes raisons plus ou moins valables , n’était pas d’accord avec le projet, à tel point que sa conjointe lui a confié qu’elle n’y assisterait pas et attendrait son coup de téléphone à la fin de la soirée pour savoir comment ça s’est passé. On peut dire que ça s’est très bien passé, du moins à mon avis et si j’en juge par les applaudissements qu’il a reçus pendant et après sa prestation.

Son monologue était réparti en différents segments s’amorçant évidemment avec son enfance qui, en dépit du fait qu’il fut enfant unique, s’est avérée heureuse malgré son daltonisme découvert à l’âge de six ans, la presque et plus tard complète cécité de son père et son propre bégaiement dû apparemment, à force de changer son crayon de main. Il était gaucher, mais à cette époque, ce n’était pas permis. Était-ce une prémonition?

Mais c’est son père qui lui a donné le goût du théâtre ; il l’y amenait deux  à trois fois par mois. Après un cours primaire plutôt bien réussi, il a fait son entrée au Collège André Grasset, et puisqu’il habitait Villeray, rue De Gaspé, il pouvait s’y rendre à pied, une petite économie qui a permis à ses parents de lui offrir les cours de diction et de phonétique qui l’ont, à un moment donné, débarrassé de son bégaiement. Puis, ce fut les cours de théâtre chez Tania Fédor.Tout a été mis en oeuvre pour lui procurer la meilleure éducation et la meilleure instruction possibles… même l’Oeuvre des vocations a été mise de la partie, et de qui son père a obtenu de l’aide pour qu’il puisse finir son cours classique. Quant à sa première année d’université, il a pu la réussir grâce à une bourse qu’il s’était mérité.

Puis, ce fut les débuts au théâtre avec les Denise Pelletier, Guy Hoffman, François Roset, Charbonneau et le chef avec l’initiateur de cette salle, Jean Duceppe, Andrée Lachapelle et, au Patriote, avec Pierre Lebel. Il a fait beaucoup de théâtre classique mais aussi les théâtres d’été, avec des auditoires plutôt différents, et dont sa dernière expérience fut à St-Sauveur avec madame Janine Sutto de qui il garde un souvenir impérissable; sa photo est d’ailleurs apparue sur le mur du fond de la scène.

Puis, le début de l’animation à la télévision avec les conseils de Claude Boulard, et le lourd apprentissage des signes de la régie. À ce sujet, une autre anecdote. On lui a demandé d’interviewer un dénommé Scottie Bowman, oui oui, c’est bien celui-là, avec qui il a tenu une entrevue pendant quinze minutes sans pause, puisque, ignorant les signaux de la régie, il ne s’en est pas occupé et a passé outre chacun ; on l’a cependant félicité de l’avoir retenu si longtemps, en insistant toutefois sur le fait qu’il devait apprendre les signes et surtout les respecter.Il nous a aussi parlé de sa carrière radiophonique jusqu’à son retour à la télé comme morning man. Il a aussi fait de la co-animation avec Yoland Guérard au Théâtre des Étoiles du Lac des Dauphins de la Ronde, Bonjour Matin avec Marguerite Blais, aujourd’hui ministre responsible des Aînés et des Proches aidants. Puis, ce fut Fais-moi un dessin , un jeu télévisé fort populaire qui a duré trois ans sur les ondes de TVA.

Il y a également eu sa carrière de comédien qui s’est amorcée en 1969 sur les ondes de Radio-Canada dans Les Belles Histoires des Pays d’en haut dans le rôle du fils Brochu, par la suite Le clan Beaulieu et, sans oublier, bien entendu, Peau de banane, premier sitcom qui lui a permis de partager le plateau avec Louise Deschâtelets, Marie-Soleil et Sébastien Tougas , Marie-Michèle Desrosiers, Juliette Huot et Benoit Girard notamment. Il n’a pas hésité à nous confier la peine qu’il a ressentie lorsqu’il a appris le décès de Marie-Soleil. La série a duré 160 épisodes de vingt-six minutes chacun, et qui, par moment, a démontré des cotes d’écoute de 3 000 000 et plus.

Il a également été question de sa carrière de doublage, fièrement illustrée par un confrère du doublage, Joël Legendre, qui nous a partagé quelques trucs de doublage et les conseils qu’il a prodigués à Yves. Puis, ce qui lui a permis de mettre du beurre sur le pain, évidemment Loto-Québec, une parentèse qui dure depuis 42 ans et qui a débuté le 24 juin 1977 avec un remplacement. Un tas d’anecdotes sont dues à son passage à Loto-Québec dont la naissance d’un beau petit bonhomme. Ben non, vous êtes trop vite sur le piton ; c’est une participante qui lui avait promis que si elle gagnait, elle adopterait un petit bébé, et elle a tenu sa promesse. Il y en a encore beaucoup d’autres, et je suis certaine que s’il en avait eu le pouvoir, il nous en aurait encore contées pendant 90 autres minutes.

Puis, sur la vidéo, sont apparus les Denis Drolet qui ont félicité ce chouchou de la télé et qui, ne pouvant être parmi nous, ont délégué les Pic-Bois pour les remplacer. Ceux-ci, pour clore le spectacle, ont interprété une création Je me sens comme Yves Corbeil.

Monsieur Corbeil, en cette année de vos 75 ans, permettez-nous de vous remercier pour tous les bons moments que nous avons pu connaître grâce à vous, soit par les nombreux fous rires que nous avons partagés ou les bonheurs que vous nous avez apportés. N’êtes-vous pas un des hommes, si ce n’est pas l’homme le plus généreux du Québec!

Crédits Photos : Myriam Frenette 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *