Le 15 octobre 2026, nous avons eu le plaisir d’assister à la première médiatique du spectacle Félix Je me souviens, au Théâtre St-Denis. Il s’agit d’une production de Jean Pilote, mise en scène par Martin Genest, selon une idée originale de Robert Lepage. Les textes sont de Jean-Philippe Lehoux, le tout sur une musique composée et/ou arrangée par le légendaire Simon Leclerc.
Environ une vingtaine d’artistes de différentes disciplines se retrouvaient parfois sur la scène, dont Kathleen Fortin (chanteuse, la mère de Félix), Jean Maheu (comédien, par moment le père de Félix, son oncle et à la fin, Félix lui-même), Pierre-Olivier Grondin , Jean-François Poulin ainsi que Colin André-Hériaud et PhilippeNormand-Jenny, ces deux derniers du monde circassien, et qui nous en on fait voir de toutes les couleurs notamment le moment où ils ont empilé 3 ou 4 chaises si non 5 qui leur ont servi de points d’appui pour une des démonstrations de leur savoir-faire.
Des tableaux avaient été préparés correspondant aux différentes étapes de sa vie, Pieds nus dans l’aube, Débuts radiophoniques, I am going to see the world, Montréal découvre Félix, Le barde au-dessus des toits, Radio roman : Le voleur de bois, Du théâtre dans ma guitare, L’audition où tout bascule, Célébration parisiennes, Les grandes entrevues, Chansons du pays, Sur les sentiers de la colère, Les calepins d’un flâneur, Quand un arbre tombe.

Une rétrospective de la vie professionnelle et personnelle de ce poète qui a toujours été, est encore et sera toujours une icône, une légende de la culture québécoise. On le suit durant son enfance, son adolescence, sa carrière autant canadienne qu’en France. On apprend aussi que la chanson Le petit bonheur, fut une pièce de théâtre avant qu’il en soit fait la chanson qui l’a fait connaître comme interprète.
Un des moments phares de la soirée fut le tout début, où grâce à la technologie qui ne cesse d’évoluer, nous entendons ce cher Félix qui nous déclame un de ses poèmes. Une voix chaude, dont lui seul sait mettre en valeur. A plusieurs reprises nous avons eu ce plaisir de l’entendre et le voir via certaines vidéos. Des moments, à mon avis, touchants, certains plein de tendresse, d’autres pleins d’humour, tout en étant dans la réalité. Un bémol toutefois. Aucun lien entre les changements de tableaux, donnant l’impression de quelque chose qui n’est pas fini.

Pour ceux qui ne le savaient pas, nous avons appris qu’il était l’auteur de plusieurs livres de contes et poèmes dont la trilogie Adagio, Allegro et Andante, de plusieurs pièces de théâtre notamment Le p’tit Bonheur, L’Auberge des morts subites, de quelques romans dont Pieds nus dans l’aube, Le Fou de L’Ile. L’importance qu’on eue dans sa vie le Père Émile Legault, pour sa carrière théatrale et Guy Mauffette pour sa carrière radiophonique. Il y a également plusieurs chansons qui comme ses pièces de théâtre, on fait l’objet de différents volets dans ce spectacle.
On a donc entendu notamment des extraits de Notre sentier (sa première chanson de peine d’amour), Le train de Ste-Adèle, Sors-moi donc Albert, évidemment Le P’tit Bonheur, Moi mes souliers, Bozo, Le tour de l’Ile etc. Il va de soi que chacune de ces chansons a été fortement applaudie, tout d’abord pour ce que chacune représentait pour nous, mais aussi pour l’interprétation qui en avait été faite, que ce soit par la fabuleuse Kathleen Fortin, Jean Hamel, Réginald Bellamy, Nicolas Drolet, ou Laétitia Isambert, Klara Martel-Laroche.
Il a fortement été question de son séjour en France au début des année 1950, où il a connu un carrière fulgurante, une reconnaissance au-delà de toute attente. En France où s’est développée une amitié pour Raymond Devos. Il a été en contact avec la »grande » Édith Piaf et de l’inoubliable Patachou.

Le dernier volet, Quand un arbre tombe, où Jean Maheu, devenu Félix Leclerc mature, nous a jetés par terre avec un monologue, pour ne pas dire une tirade, au cours duquel nous avons connu toutes les émotions que seul Félix pouvait nous faire connaître, soit de la joie à la tristesse, de la fureur au calme jusqu’à ce qu’une vidéo grandeur nature sur laquelle le grand Félix nous apparait se promenant sur son sentier alors qu’au bout, il nous dit son SALUT final.
Les textes et la musique qui sont d’une qualité exceptionnelle ont su nous tenir en haleine du début à la fin, pas pour le suspense bien entendu, mais pour leur contenu d’un intérêt incommensurable.
Les décors d’une beauté incomparable étaient en grande partie dus à des effets spéciaux et des effets d’éclairage, lesquels grâce à la finesse de la technologie, qui ne cesse de progresser, nous ont permis de rêver que nous étions soit à La Tuque, à l’Ile d’Orléans, à Montréal, à Paris. Quelques uns étaient cependant dus à Dame Nature, puisque certaines vidéos provenaient directement de la mirifique Ile d’Orléans, où notre cher Félix s’est éteint à l’âge de 74 ans, le 8 août 1988.
Félix Je me souviens est à l’affiche du Théâtre St-Denis jusqu’au 25 octobre 2026.
