Antoinette dans les Cévennes : charme inattendu ★★★

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Marie-Claude Lessard

Le cinéma français nous abreuve régulièrement de nouvelles comédies, avec des résultats plutôt inégaux. C’est pourquoi la vue de l’affiche du film Antoinette dans les Cévennes sur laquelle on voit une jeune femme au regard désespéré tirer à bout de bras une corde pour faire avancer un âne entêté rend perplexe.

Jusqu’à ce qu’on reconnaisse à qui appartient la chevelure rousse. Laure Calamy. Mieux connue sous les traits de l’irrésistible Noémie Leclerc dans la série Dix pour cent (Appelez mon agent au Québec) . Alors là, notre attention est titillée et elle perdure tout au long du film grâce au sens comique irréprochable de Calamy et à un scénario qui n’emprunte pas que des sentiers battus.

Laure Calamy incarne Antoinette Lapouge, une institutrice au primaire et amoureuse naïve qui, spontanément, décide de suivre sans y être invitée les traces de son amant en vacances d’été avec sa femme et sa jeune fille dans les Cévennes pour une longue et rustique randonnée pédestre. Évidemment, le trajet avec le téméraire âne Patrick et les retrouvailles ne se dérouleront aucunement au beau fixe…

Le personnage d’Antoinette aurait pu vite lasser et sembler totalement grotesque , mais Laure Calamy s’avère juste assez attachante et déjantée, et ce dès les premières minutes du film où elle apparait dans une splendide robe de soirée argentée quelque peu inappropriée pour une fête de fin d’année scolaire. On suit ses mésaventures avec un réel plaisir même si la forme du récit emprunte tous les codes du road trip introspectif truffé de gags physiques extrêmement prévisibles.

Donc, pour une comédie, le film n’engendre pas une enfilade de rires, mais il a le mérite de proposer de belles surprises à l’intérieur d’un carcan plutôt convenu. La première surprise est la grande importance de la présence d’un âne (ou plutôt trois) et son efficacité. Acteur majeur dans le développement d’Antoinette, Patrick possède une chimie fascinante et insoupçonné avec Laure Calamy qui fait preuve d’une admirable énergie mentale et physique. 

La deuxième surprise réside dans la caméra de la réalisatrice Caroline Vignal. Les paysages sont d’une beauté extraordinaire mais ne perdent jamais leur caractère brut et imprévisible. On est loin des images touristiques fausses. Ici, la direction de la photographie fait saliver en étant authentique à l’environnement dépeint.

La troisième surprise survient dans l’intrigue qu’on pense voir venir à des kilomètres à la ronde : l’ultime confrontation entre la femme et l’amante qui avaient, comme de raison, développé une belle amitié tissée de mensonges. Or, il n’en est rien. On a droit à un revirement de situation habile et naturel qui change complètement la trajectoire de l’œuvre, lui conférant une maturité inouïe.

Antoinette dans les Cévennes a été vu dans le cadre du Festival Cinémania. Le film est présentement à l’affiche au Québec.

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