En guerre avec grand-père : aussi divertissant que désolant ★★1/2

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À 77 ans, l’acteur deux fois oscarisé Robert De Niro est condamné à incarner plusieurs types de grand-père comme le grand-père possessif dans la trilogie La belle-famille, le grand-père rebelle dans Sale grand-père et maintenant le grand-père en guerre avec son petit-fils pour une chambre dans En guerre avec grand-père, à l’affiche depuis le 9 octobre.

Sous ses airs de comédie familiale sans prétention, ce film basé sur le best-seller de Robert Kimmel Smith , malheureusement décédé cette année, a l’hypocrisie de justifier ses incohérences, ses actes irrespectueux et ses valeurs douteuses par une leçon finale sirupeuse mal amenée qui ne porte même pas ses fruits, tout cela pour servir une dernière blague hautement prévisible et décourageante. Et ça,  ça demeure inacceptable même si les divertissements pour un vaste auditoire font du bien en ces temps difficiles.

Le titre de ce film d’environ 90 minutes décrit très bien l’intrigue. Le grand-père de l’histoire, Ed (De Niro), n’est plus suffisamment autonome pour répondre seul à ses besoins depuis le décès récent de son épouse. Du moins, c’est ce que croit sa fille Sally (Uma Thurman) qui finit par le convaincre de déménager avec sa famille. Afin qu’il se sente plus à l’aise, il hérite de la chambre de son petit-fils Peter (Oakes Fegley) qui, lui, doit se résigner à habiter dans le grenier au toit coulant et infesté de chauves-souris. Tous les deux ayant l’impression à différents degrés que leur univers s’écroule, Ed et Peter se déclarent mutuellement la guerre à grands coups de mauvais tours enfantins ayant pour conséquences de dangereuses blessures.

Dès le départ, le long-métrage livre exactement ce qu’on pense qu’il va offrir : des situations rocambolesques farfelues qui feront rire de bon cœur l’audience jeune et faire rouler des yeux celle adulte qui se demandera pourquoi le grand De Niro a accepté de jouer les mots d’un tel scénario. Mais justement, ce scénario truffé de clichés sur le clivage générationnel et technologique dévoile parfois des thématiques intéressantes comme le besoin des personnes âgées de se sentir utiles et d’être considérées comme des humains à part entière encore en mesure de s’épanouir. Aussi, le film aborde en surface l’importance pour un préadolescent d’avoir accès à un refuge, un endroit impénétrable pour les petits malheurs du quotidien.

Ceci dit, malgré cela, il est difficile de passer outre les invraisemblances et le manque flagrant d’inculcation de valeurs. On reste sceptique face à la passivité des parents à réparer le grenier alors qu’ils prétendent être la famille américaine moderne parfaite, à l’égoïsme du fils envers son grand-père et son aveuglement face à son opportunité d’aménager un espace vraiment cool de même qu’aux accidents physiques qui rendraient n’importe quel grand-père véritablement incapable de marcher ou de manger de manière autonome. Certes, nous sommes conscients qu’un film doit parfois couper les coins ronds, mais il y a une certaine limite à ne pas franchir, et En guerre avec grand-père la franchit trop souvent en plus de donner à son public cible de bien mauvais exemples de partage…

Si on est mesure d’arriver à faire fi de tous ces éléments, le film réserve de bons moments et quelques rires, surtout grâce à la performance d’Uma Thurman qui s’avère à la fois sympathique et touchante dans un rôle effacé. Par les temps qui courent, En guerre avec grand-père réussira à meubler assez convenablement 90 minutes dans la journée d’une famille qui a envie de sortir (dans les zones permises) pour se changer les idées. Toutefois, les parents de ces familles n’auront pas le choix de rappeler à la sortie de la salle que régler des conflits de cette façon n’est en aucun cas envisageable, car le film échoue de le faire pleinement…

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