La mission : Tom Hanks à la rescousse ★★★

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Marie-Claude Lessard

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Adapté du best-seller du même nom de Paulette Jiles paru en 2016, News of the World (La mission en version française) d’Universal Pictures débarque en ce 25 décembre confiné pour nous proposer un voyage sur les plaines du Texas en 1870 quelques jours à peine après la Guerre de Sécession. La deuxième collaboration entre le réalisateur britannique Paul Greengrass et le légendaire Tom Hanks accomplit sa mission de nous évader et nous attendrir. Mais non sans quelques détours.

Tom Hanks incarne le capitaine Jefferson Kyle Kidd, qui nous renvoie instinctivement au populaire Captain Philipps, première association du tandem Hanks-Greengrass. Ce vétéran de la Guerre Civile se promène de ville en ville pour lire les journaux à des citoyens pour la plupart analphabètes. Sa route va croiser celle de Johanna Leonberger (Helena Zengel) , une petite fille de 10 ans qui a été élevée par un clan indien ayant froidement assassiné les siens. Le capitaine aura alors la charge de la ramener à des membres de sa parenté. Le chemin ne sera pas facile entre l’anticonformisme de la fillette et des cowboys tenant de la kidnapper…

News to the World est un film qui met d’abord et avant tout l’accent sur les personnages, spécialement celui du capitaine. Dès la première scène où il lit les nouvelles avec générosité et une théâtralité calculée à une population désœuvrée, on s’attache à ce personnage empathique et intègre qui refoule sa propre solitude et son besoin d’être aimé. L’arrivée de l’imprévisible Johanna apporte une certaine fougue et des moments naïfs tout à fait adorables qui parviennent à compenser les nombreuses longueurs de l’œuvre.

En effet, puisqu’il emprunte les codes narratifs d’un road trip, le film est pris au piège de son propre genre. Il s’embourbe dans les scènes contemplatives qui ne font pas avancer outre mesure le récit. Les paysages sont à couper le souffle. On ressent pleinement le vent des plaines, la fraîcheur de l’eau, la verdure des arbres, mais cela n’enlève rien au fait que le réalisateur aurait facilement pu retrancher trente minutes au montage final. Pour les amateurs de Greengrass et de ses suspenses haletants comme Green Zone ou deux titres de la franchise Jason Bourne, ce changement de ton plus lent peut surprendre, dérouter et même décevoir.

Heureusement, l’étincelante complicité entre Hanks et Zengel en fin de parcours rachète amplement les temps morts. Il est impossible de ne pas être touché par leur tendre amitié improbable. Par son magnétisme, son sens du jeu hors du commun, son calme si rassurant et son authenticité qui frappe en plein cœur peu importe le rôle, Tom Hanks porte magnifiquement le film sur ses épaules et offre une autre performance irréprochable. Le personnage lui sied à merveille. Il est supporté par une Zengel qui, même si elle en est à son premier rôle majeur dans le métier, possède une fougue et une naïveté qui lui promettent un avenir reluisant.

Au-delà de cette union, d’autres éléments parviennent à pimenter ça et là le scénario. L’ambiance western prodiguée par les fusillades stressantes à souhait et bien chorégraphiées est crédible et parfaitement maîtrisée du début à la fin. Jamais moralisatrices et mièvres, les séances de lecture sont également porteuses d’une belle humanité qui décrit bien les enjeux sociaux reliés à l’époque de l’après-guerre où les populations étaient bien trop souvent laissées à elles-mêmes dans leur misère et pauvreté.

La mission est maintenant à l’affiche dans certains cinémas canadiens.

3

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