Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, l’Orchestre Classique de Montréal (OCM) a tenu à y apporter sa part. Le 5 février dernier, à la Salle Pierre Mercure du Centre Pierre Péladeau, nous avons assisté à un concert dont le volet vocal mettait en vedette la seule et unique Marie-Josée Lord.
Pour l’occasion, l’OCM était dirigé par Kalena Bovell, une panaméenne-américaine, qui doit sa place dans l’histoire puisqu’elle est la première femme noire à avoir diriger un opéra au Canada lors de la première mondiale d’une nouvelle version de Treemoniska de Scott Joplin.

La programmation respectait merveilleusement le concept, puisque la première pièce, la Symphonie concertante en do majeur, op 9 no 1, a été écrite par J. Boulogne, Chevalier de St-Georges, qui a vu le jour en Guadeloupe d’une mère africaine et d’un père, membre de l’Aristocratie française, en 1745, et est mort en 1799. Il a poursuivi une carrière artistique et sportive plutôt exceptionnelle pour l’époque. Il a à son crédit des sonates et des concertos. En ce qui concerne la mélodie que nous avons entendue, celle-ci n’était qu’un pur bonheur pour les oreilles, elle a été exécutée et dirigée d’une main de maître.
Il y a eu également Mother and child de Grant Still, compositeur et chef d’orchestre américain, né au Mississipi en 1895 et mort à Los Angeles en 1978. Cette pièce est une ode à la relation mère-enfant alors qu’au tout début, tout naturellement, c’est la maman qui prend soin de l’enfant. Mais au fur et à mesure du temps qui passe, de moins en moins. Elle regarde son enfant vieillir, alors qu’elle-même, de plus en plus vieillit. C’est alors lui qui prend soin d’elle, avec le même amour qu’elle lui a voué. Il s’agit évidemment d’une pièce toute en douceur, empreinte d’une très profonde sérénité.
Cette magnifique pièce fut suivie d’une composition de Florence Price, sur un arrangement de P.S. Martin, Symphonie pour cordes en sol majeur. Madame Price est une américaine née en 1887 et décédée en 1953. Elle est reconnue pour être la première femme afro-américaine dont une symphonie a été jouée par un grand orchestre symphonique. Son œuvre comprend plus de trois cents pièces allant du romantisme européen au négro-spirituals et au blues. La symphonie que nous avons entendue donnait beaucoup de place à la douceur, au calme, au bonheur. Une sublime pièce.

Après l’intermission, ce fut l’arrivée très attendue, de Marie-Josée Lord, qui nous a offert une pièce d’une durée de 28 minutes, intitulée Honey & Rue sur une musique du très connu André Prévin, des paroles de la non moins célèbre poète, Toni Morrison, sur des arrangements de Hugo Bégin. Une chanson aux rythmes de jazz, blues et american spitituals, qui ne pouvait être mieux interprétée que par Madame Lord. une version qui lui allait à merveille, autant à sa voix qu’à la personne qu’elle est.
Après cette grandiose performance, elle nous a offert un rappel, une parfaite présentation du populaire Summertime, une berceuse extraite de l’opéra Porgy and Bess de George Gershwin, au plus grand plaisir des spectateurs.
