L’effet secondaire: une série pour préados de qualité

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Marie-Claude Lessard

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Ce matin, Radio-Canada a dévoilé aux médias la série qui annonce son retour dans la production d’émissions jeunesse. Adaptation de Brugklas qui cartonne dans plusieurs pays de l’Europe, L’effet secondaire propose un regard authentique et rarement exploité de la réalité en montagnes russes de pré-adolescents évoluant dans une école secondaire publique.

Afin de se glisser plus en profondeur dans la personnalité et la psychologie des élèves, la série adopte un style documentaire. De courts témoignages entrecoupent les intrigues bouclées.  À compter du 10 janvier, la série sera disponible sur l’extra d’ICI TOU.TV dans des segments de 11 minutes. À la télé, deux portions de 11 minutes seront regroupés pour former un épisode de 30 minutes qui sera diffusé tous les vendredis à 17h00 et en reprise les samedis à 10h30. Même si la bande-annonce et le titre vieillot et peu original rappellent les séries Watatatow et Kif-Kif qu’elle succède,  L’effet secondaire s’avère actuelle et pertinente.

Radio-Canada risque gros en remettant une série jeunesse à une heure de grande écoute, mais elle va sans doute relever son pari puisque le public cible sera ravi d’être enfin représenté dignement à l’écran. Mettant en scène de nouveaux visages y compris plusieurs issus de la diversité culturelle,  cette fiction mise sur un langage crédible dans la bouche de jeunes adolescents conditionnés au franglais et aux réseaux sociaux. La galerie des personnages est éclectique et bien étoffée. Comme le jeu privilégié est en un très épuré et réaliste, les scénaristes Jean-Sébastien Lord, Joëlle Bond et Anita Rowan s’éloignent des stéréotypes. On s’attache rapidement aux personnages et à leur irrésistible complicité.

L’environnement scolaire est tout aussi plausible. Même si on reste bien souvent entre les quatre murs de l’école, les lieux de tournage varient. Casiers, corridors, bureau de la directrice, classe d’art, classe de sciences…On ressent le rythme effréné d’un école secondaire. Les pré-adolescents d’aujourd’hui s’y identifieront sans peine et les plus vieux replongeront avec sourire dans cette nostalgie d’un temps où la moindre peccadille semblait être une épouvantable tragédie.

La formule des témoignages laissait présager des débordements mais elle est utilisée intelligemment et permet aux talentueux jeunes comédiens de briller. Les réactions presque spontanées des protagonistes donnent lieu aux moments les plus drôles et sympathiques. D’ailleurs, l’ensemble de la distribution joue incroyablement vraie. Il n’y a aucun inégalité. Tous vibrent au même diapason. Nicolas Germain-Vien (Marco), Axelle Michaud (Fanny) et Kaly Roy (Anouk) brillent tout particulièrement. Le corps professoral et la directrice jouissent d’un traitement tout aussi réaliste. Alors que le surmenage et la pénurie d’enseignants défraient les manchettes, ça fait du bien de montrer, sans être trop utopique bien sûr, une vision optimiste et en contrôle du milieu de l’éducation.

L’effet secondaire est une série que se doivent de regarder ensemble enfants et parents. Les adultes comprendront mieux certains agissements de la nouvelle génération et pourront se servir de l’oeuvre en guise d’amorce pour réfléchir et débattre sur des enjeux de société préoccupants. Sans morale, les épisodes traitent chacun d’un thème précis comme l’orientation sexuelle, la manipulation, les difficultés académiques, les amours naissants et la boulimie. Les sujets lourds et ceux plus légers se côtoient avec fluidité. Le fait que les épisodes ne se suivent pas apporte un rythme intéressant et empêchent aux intrigues de verser dans la redite.

À savourer avec bonheur comme un délicieux apéritif dès le 10 janvier!

Crédits Photos : Frédérique Dadié, Éklectik Média

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