La nuit de la déprime : déprimer en bonne compagnie!

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Marie-Claude Lessard

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Temps gris, premières neiges arrivant presque de nulle part, froids intenses…Le mois de novembre, le plus déprimant de l’année, est bel et bien à nos portes. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, novembre ne possède cependant pas le monopole de la journée la plus moche de l’année. C’est plutôt le troisième lundi du mois de janvier qui remporte la palme avec les cartes de crédit pleines, la fatigue des vacances de Noël…et ces foutus froids intenses de novembre qui ne veulent pas démordre!

Par contre, cette année, on aura droit à un petit remontant au Théâtre St-Denis : un spectacle qui, lors de cette journée (20 janvier 2020), fera l’éloge de la déprime en proposant un alliage des plus grandes chansons tristes du répertoire français ainsi que des sketchs humoristiques.

Inspiré du concept de Michaël Mezrahi qui cartonne en France depuis plusieurs années, La nuit de la déprime s’avère d’abord avant et tout un concert bénéfice visant à amasser des fonds pour la Fondation Ronald-Denis qui vient en aide aux personnes souffrant d’obésité morbide en favorisant l’accès à des chirurgies bariatriques.

En dévoilant ce captivant projet lors d’une conférence de presse sur la scène volontairement peu éclairée du Théâtre St-Denis, l’animateur de la soirée, Christian Bégin , a joué à fond la carte de l’ironie en faisant de la déprime sa meilleure amie.  Il était accompagné de quelques invités qui auront le bonheur de participer à l’événement dont Pierre Brassard, Shirley Théroux, France Castel, Alex Perron  Élise Guilbault et Marie-Thérèse Fortin. Cette dernière a offert la mythique pièce de Barbara, Dis quand reviendras-tu?, avant d’éclater en sanglots, agripper une bouteille de vin et se précipiter hors scène devant ses confrères tout aussi dépités. Les rires fusaient de partout! Si ce ton décapant se retrouve ne serait-ce que le temps d’un numéro, le spectacle bénéfice vaudra assurément le détour!

Patrice Michaud, Mario Pelchat, Ève Landry, Guylaine Tanguay, Les Denis Drolet, Michel Rivard, Yann Perreau, Jean-Sébastien Girard, Isabelle Boulay et  Mélissa Bédard complètent la distribution. La direction musicale a été confiée à Antoine Gratton, la direction artistique à Pierre Bernard et la mise en scène à Benoît Rioux.

«Quand t’as une peine d’amour, t’aimes ça écouter des tounes tristes pour te jouer dans le bobo. Donc, le ton va varier. Des fois, on va être à huit degrés d’ironie et des fois on va être dans la vraie émotion. Je pense que ce sera une soirée déroutante parce que parfois on sera au bon poste et parfois on sera un peu à côté du poste. » a précisé en entrevue Christian Bégin, qui souhaite éventuellement que le concept de La nuit de la déprime soit appliquée au pied de la lettre et que le spectacle dure toute une nuit.«Il y aura toutes sortes de choses. Il y aura des numéros qui seront comme des stand up et des numéros plus théâtraux.»

«On va hurler à la lune et on va s’en donner à cœur joie, mais je vous jure qu’on va sortir d’ici amélioré et plus léger.» a renchéri Élise Guilbault qui, selon Christian Bégin réserve un moment d’anthologie. «Oui, mais ce n’est pas tellement parce que c’est moi qui le ferais. Ça va mettre la lumière sur des évènements et sur des façons de faire tellement déprimants qu’on ne peut pas imaginer que ça existe, mais oui. C’est le fun d’avoir un regard étonnant et de rire un peu de nous d’une certaine manière. J’ai l’impression que les gens qui viendront se vanteront de dire qu’ils étaient là pour cette première édition.» a-t-elle précisé, les yeux brillants.

«C’est tout à fait acceptable d’être déprimé. Disons oui à la déprime! Acceptons notre déprime, jouons dedans! L’effet d’accumulation va faire  en sorte que cette soirée rendra heureux.» a, pour sa part, déclaré Pierre Brassard aux côtés d’une France Castel qui lui lançait un regard approbateur. On peut s’attendre à ce que ces deux artistes penchent pour un segment comique puisqu’ils sont habitués de faire rire. D’ailleurs, France Castel avait du mal à ne pas décrocher de sa fausse mélancolie pendant la conférence. «C’était difficile parce que j’ai le rire facile. Là,  heureusement qu’on était caché parce que je pense que je n’aurai pas pu duré tout le long! Ceci dit, je pense que les numéros vont être sérieusement faits, mais pas nécessairement tout le temps dans un ton de déprime.»

Marie-Thérèse Fortin n’a pas du tout hésité avant d’accepter la proposition de Pierre Bernard, et pas seulement parce que ça lui permet de revisiter le répertoire de la chère Barbara. «La cause de la fondation est extrêmement importante, et puis quand on peut prêter une main forte à ces causes-là, ça fait toujours plaisir de le faire, pour peu que ça rentre dans l’horaire.» Évidemment, l’aura autour de l’icone de la chanson française correspond parfaitement à ce concert. «Pierre Bernard a un gros crush dessus! Il y a des chansons moins connues d’elle qui se prêtent formidablement à cette soirée. On est entrain de bâtir mon numéro, donc c’est sûr que ça tournera autour de ma grande amie Barbara. Si parfois elle va loin dans ses chagrins ou dans sa révolte ou dans sa peine, elle est aussi capable de beaucoup de lumière, de force et de résilience. C’est pour ça que je l’aime. L’injonction du bonheur à tout prix , c’est très dangereux. La vie est comme ça , elle nous réserve des coup durs et de grands moments d’exaltation. Il faut savoir savourer chaque chose et apprendre de chaque chose. »

Vous pouvez vous procurer des billets pour La nuit de la déprime le 20 janvier 2020 au Théâtre St-Denis en cliquant ici.

Crédits Photos : Courtoisie

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