Artis 2021: de l’espoir, des rires et des gagnants touchants

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Marie-Claude Lessard

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Ce soir, sur le grandiose plateau de Star Académie se tenait la trente-sixième édition du Gala Artis. Animée par Guy Jodoin et Charles Lafortune, des habitués de l’événement, la soirée, qui avait pour mort d’ordre l’espoir de ne plus être un jour seul ensemble, a réservé des surprises étonnantes chez quelques nommés et des moments extrêmement touchants.

Les animateurs avaient promis une entrée en matière corrosive, et ce fût relativement bien réussi. Les deux hommes blancs ont fait preuve d’un beau sens de l’autodérision et de l’ironie en parlant du fait que dans une période où on scande à tou vent qu’il faut se réinventer et prendre des risques, certains artisans ont continué de connaître du succès en ne changeant pas réellement une formule gagnante comme Martin Matte et le retour de d’autres séries phares comme Star Académie et Caméra Café. La complicité entre Charles Lafortune et Guy Jodoin était évidente et leur présence était super bien dosée.

Les numéros musicaux étaient tous pertinents et la distanciation ne paraissait pas trop. Les gagnants des dernières éditions de Star Académie et de La Voix, William Cloutier et Josiane Comeau, ont interprété des pièces choisies par les nommés dans la catégorie de l’animateur ou animatrice d’émissions de variétés ou de divertissement, prix qui est allé pour une deuxième année consécutive à Jean-René Dufort pour son travail à Infoman. On a notamment pu entendre Tout tombe à sa place de Louis-Jean Cormier (choix de Marina Orsini) et Toutes les femmes savent danser de Loud (choix de Charles Lafortune). Alexandra Stréliski et David Goudreault ont uni leur force pour un poignant numéro résumant la détresse psychologique reliée à la pandémie qui nous force à une vie artificielle sur les écrans.

Quelques présentations ont particulièrement frappé dans le mille. La reine du lip sync, Ariel Charest, a eu le mandat d’imiter les nommés dans la catégorie de l’animateur ou animatrice de sport, et le résultat était hilarant. Christian Bégin a également offert un sarcastique et sympathique hommage aux émissions de cuisine qui étaient une bouée de sauvetage pendant la pandémie. Selon lui, elles méritaient leur place dans la catégorie des émissions de service, car elles sont complémentaires à celles diffusées.

Au chapitre des gagnants qui ont crée la surprise, notons Marc Messier, qui a battu le favori Vincent Leclerc dans la catégorie du rôle masculin dans une série dramatique saisonnière. L’acteur était lui-même étonné car son rôle dans l’excellente série La faille ne possédait pas beaucoup de temps d’antenne. Il a fait preuve d’une belle transparence en affirmant que c’est sa carrière notoire qui a influencé le public dans son choix. Le fait que France Beaudoin n’ait pas reçu une mention pour son travail exceptionnel avec En direct de l’univers a également causé la surprise, puisque plusieurs critiques de télévision penseraient enfin que ce serait son année.

Un des moments forts du gala a été l’intervention d’Ingrid Falaise et de Florence Longpré , qui traite d’ailleurs de violence conjugale dans sa série M’entends-tu. Elles ont abordé les 10 féminicides survenus ces 5 derniers mois en abordant le point de vue des victimes de manière simple mais troublante. Pour reprendre les mots de Longpré, est-ce trop demander d’aimer sans se faire tuer, tsé la base? 

L’une des forces de la soirée est que les gagnants ont tous eu la chance de s’exprimer librement sans être interrompu par une musique stressante. C’est ainsi que Guy A.Lepage, via une vidéo réalisée avant la diffusion en direct du plateau de Tout le monde en parle, a rendu hommage à son acolyte Dany Turcotte en transmettant un message clair aux gens qui propagent la haine sur les réseaux sociaux : « Si vous voulez continuer de m’écœurer sur les réseaux sociaux, ben continuez parce que je m’en calisse! ». Alors que Gildor Roy a sommé le gouvernement de continuer à investir dans la culture dans une période oû on s’est plus que jamais rendu compte de son importance, Maude Guérin a profité de sa victoire pour son rôle de Marie-Luce Goulet dans 5e rang pour remercier les acteurs qui l’ont inspiré dans sa carrière professionnelle qui compte maintenant plus de 35 printemps.

Finalement, le retour des Beaux Malaises a récolté gros, comme on s’y attendait. Martin Matte et Julie Le Breton ont remporté deux Artis chacun (rôle dans une comédie et personnalité de l’année).

Liste des gagnants

PERSONNALITÉ FÉMININE : Julie Le Breton
PERSONNALITÉ MASCULINE : Martin Matte
ANIMATEUR/ANIMATRICE DE SPORT: Dave Morissette (Dave Morissette en direct)
ANIMATEUR / ANIMATRICE D’ÉMISSIONS DE JEUX : Guy Jodoin (Le Tricheur)
ANIMATEUR / ANIMATRICE D’ÉMISSIONS DE SERVICES : Gino Chouinard (Salut Bonjour)
ANIMATEUR / ANIMATRICE DE MAGAZINES CULTURES OU TALK-SHOW : Guy A. Lepage (Tout le monde en parle)
ANIMATEUR / ANIMATRICE DE BULLETINS DE NOUVELLES : Pierre Bruneau
ANIMATEUR / ANIMATRICE D’ÉMISSIONS DE VARIÉTÉS OU DE DIVERTISSEMENT : Jean-René Dufort (Infoman)
ANIMATEUR / ANIMATRICE D’ÉMISSIONS D’AFFAIRES PUBLIQUES : Mario Dumont
ARTISTE D’ÉMISSIONS JEUNESSE : Pier-Luc Funk (14 milles millions de choses à savoir, Pour toujours plus un jour)
RÔLE MASCULIN / SÉRIE DRAMATIQUES SAISONNIÈRES : Marc Messier (La Faille)
RÔLE MASCULIN / SÉRIES DRAMATIQUES ANNUELLES : Gildor Roy (District 31)
RÔLE FÉMININ / SÉRIES DRAMATIQUES ANNUELLES : Maude Guérin (5e rang)
RÔLE FÉMININ / COMÉDIES : Julie Le Breton (Les beaux malaises 2.0)
RÔLE MASCULIN / COMÉDIES : Martin Matte (Les beaux malaises 2.0)
RÔLE FÉMININ / SÉRIES DRAMATIQUES SAISONNIÈRES : Sarah-Jeanne Labrosse (Les pays d’en haut)

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