Daniel Boucher a embarqué les Francos dans un trip musical puissant et déjanté!

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Marie-Claude Lessard

Le public québécois s’ennuyait de voir Daniel Boucher se produire sur scène, et ça a drôlement paru, hier, sur le site des Francos de Montréal alors que la magnifique et chaude température a propulsé l’atmosphère électrique à son comble.

Ce spectacle extérieur et gratuit sur la Scène Loto-Québec devait, à l’origine, durer 90 minutes comme tous les concerts de cette série, mais le plaisir exaltant de la foule et la fougue incontrôlable de l’auteur-compositeur-interprète ont engendré un délicieux prolongement de 30 minutes qui traduisait à merveille l’instant musical et humain absolument unique qui s’est produit en ce vendredi du 21 juin.

Au départ, la soirée ne s’annonçait étrangement pas ainsi. Bien que nombreuse, la foule éparpillée peinait à trouver son enthousiasme. Pourtant, Boucher était dans une forme resplendissante autant physiquement que vocalement. Accompagné d’un batteur et d’un guitariste, il avait préparé un concert rock et brut qui revenait à la source. Pas de spectaculaires jeux d’éclairage qui dénaturent la performance. Cette simplicité lui sièdait bien et était rafraichissante.

Heureusement, après l’excellent succès Le vent soufflait mes pellicules , la magnifiquement mélancolique Le poète des temps gris et trésors cachés de ses quatre albums studio, le vent a effectivement tourné. Les déhanchements suaves du chanteur ont enfin opéré. Les spectateurs se joignaient finalement à la fête, heureux de savourer ensemble les solos musicaux langoureux et progressifs qui n’avaient rien à envier à ceux des superstars internationales de ce monde. Les cris de ralliement de l’artiste et son humour sarcastique ont donc fini par porter fruit , et il ne pouvait en être plus reconnaissant et ému.

Constamment humble et lui-même, il a ravivé la flamme patriotique de la foule en prônant son désir d’indépendance. Qu’ils partagent ou non son opinion, les festivaliers étaient en liesse devant les messages d’acceptation de l’autre et de célébration de la différence. La populaire Chez Nous, véritable hymne à l’inclusivité et à la diversité d’un Québec libre, a été accueillie comme elle se doit. Dans la même veine politique, Daniel Boucher, seul à la guitare, a offert en guise de rappel la puissante Le chant d’un patriote de Félix Leclerc.

La poésie singulière des Boules à mite a apporté une ambiance chaleureuse avant l’ultime moment de grâce qu’est La disease. Le chanteur s’est amusé avec son plus grand hit en carrière, agaçant la foule à propos de la popularité de cette oeuvre et en prenant bien son temps avant de proclamer la célèbre ligne et danse Ma gang de malades, vous êtes donc où? Un moment survolté et satisfaisant qui a immédiatement été succédé par  Embarques-tu? Évidemment qu’on a embarqué…et qu’on en voulait encore et encore!!

Pour terminer, Daniel Boucher a supplié plusieurs fois les spectateurs qu’il tutoyait pour une meilleure proximité de lui promettre qu’ils prendront soin d’eux. Nous tiendrons cette promesse, Daniel, car tu as extrêmement bien pris soin de nous!

Crédits Photos : Victor Diaz Lamich

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