Downton Abbey : l’utopie glamour qui vous fera rêver

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Maude Ringuette-Vachon

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Presque quatre ans après la diffusion du dernier épisode, Downton Abbey est de retour, et c’est avec excitation et ravissement que nous retrouvons tous les personnages. Et ceux-ci sont nombreux! Près d’une trentaine. Un fait particulier de cette série, il n’y a pas de rôles principaux et beaucoup de rôles secondaires. Certains sont plus malchanceux que d’autres, et le film tente de réparer certaines erreurs que la série a commises à l’égard de ces derniers.

Downton Abbey a tiré sa révérence en décembre 2015 après avoir été diffusé durant six ans sur la chaîne BBC, et nous revient avec une suite, mais cette fois-ci au cinéma et réalisée par Michael Engler. Ce dernier n’est pas étranger aux Crawley et leurs mésaventures car il a réalisé quelques épisodes de la saison six. Il a aussi travaillé sur Sex and the city, Unbreakable Kimmy Schmidt et Six feet under. La mise en scène est parfaite et nous observons avec une franche curiosité le ballet des domestiques qui distribuent thé et biscuits. Les conventions de l’époque prennent un tout nouveau sens lorsque Downton Abbey est visité par le Roi et la Reine.

Le créateur, producteur et scénariste de la série, Julian Fellowes, est lui aussi de retour et bien en contrôle ici. On reconnaît tout de suite son style léché, la richesse de ses personnages et ses dialogues ingénieux. Julian Fellowes avait remporté l’Oscar du meilleur scénario original en 2002 pour Gosford Park, un film où l’on représente justement l’aristocratie à l’ère victorienne et leurs domestiques.

Un sourire béat étire nos lèvres alors que retrouvons le thème du générique, qui est encore celui du compositeur John Lunn. Nous sommes en territoire connu et l’on retrouve avec réconfort et la larme à l’œil ces personnages que l’on a chéris durant six ans. Le château de Highclere apparaît dans toute sa splendeur, la pelouse est bien verte et quelqu’un sonne à la porte. Une lettre pour Lord Grantham. Le roi George V et la reine Mary vont séjourner une nuit à Downton Abbey alors qu’ils visitent le Yorkshire. Panique et trépidation tout à la fois pour les résidents du château. S’ensuivra une série de mésaventures alors que le majordome royal et ses collègues tenteront de prendre le contrôle de la maisonnée.

Le film se déroule deux ans après la fin de la saison six, en 1927, et voici quelques éléments à se souvenir avant d’aller voir celui-ci au cinéma :

  1. Lady Mary a épousé Henry Talbot, un coureur automobile, et ils ont eu un bébé.
  2. Lady Mary et Tom Branson gèrent ensemble Downton Abbey. Tom a, de plus, ouvert un atelier de réparations d’automobiles avec Henry Talbot.
  3. Lady Edith a épousé Herbert Pelham, un riche marquis, et elle est éditrice/fondatrice d’un magazine.
  4. Lady Grantham est nommée présidente du conseil d’administration d’un hôpital, ce qui cause des tensions avec son mari. Éventuellement, ils font la paix.
  5. La mère du défunt Matthew, Isobel Crawley, épouse le Lord Merton.
  6. Du côté des domestiques, M. Carson et Mme Hughes se sont mariés et ce dernier a quitté son poste de majordome à la suite de problèmes médicaux. Ils se sont installés dans un cottage non loin du château.
  7. Thomas Barrow ne l’a pas eu facile durant la sixième saison et, après une tentative de suicide et son renvoi de Downton Abbey, il est enfin nommé majordome après le départ de son prédécesseur.
  8. John Bates et sa femme, Anna, ont eu un bébé et se sont enfin retrouvés après tout ce temps loin l’un de l’autre.
  9. M. Molesley est devenu professeur et quitte Downton Abbey.
  10. Andy Parker et Daisy Mason confessent leurs sentiments l’un pour l’autre.

Downton Abbey défie le genre du soap opera en y apportant un caractère distingué. La série compte des fans partout dans le monde, de l’Amérique jusqu’à l’Australie. Elle a été récompensé par plusieurs Emmy Awards et Golden Globes. Plus de 11 millions de téléspectateurs britanniques ont regardé la finale en 2015. Downton Abbey brille d’un éclat qu’on ne retrouve pas chez ses pairs du même genre.

Les personnages créés par Julian Fellowes souffrent d’un anachronisme incurable, et ce n’est pas un défaut. Ils sont fondamentalement modernes alors que la série est située au début du 20e siècle. Downton Abbey présente un monde utopique où les aristocrates respectent leurs employés et où ceux-ci aiment être au service de leurs employeurs. Un monde où tous cohabitent en parfaite harmonie, à tel point que certains d’entre eux tombent amoureux, comme Lady Sybil et son chauffeur, Tom Branson, et d’autres deviennent de grandes amies, comme Lady Mary et Anna, sa femme de chambre.

Les inégalités sociales, quoique présentes, ne semblent jamais vraiment poser problème. Il y a toujours un dénouement heureux, et c’est ce que l’on apprécie. Parfois, le voile entre la réalité et le vernis parfait de Downton Abbey se lève sur les problèmes socio-politiques secouant le pays, que ce soit le droit de vote des femmes ou encore, dans ce film, les idées antiroyalistes de certains qui prennent un tournant pour le moins dangereux.

Les acteurs sont tous excellents. Maggie Smith (The Lady in the Van, Harry Potter), qui interprète la comtesse douairière de Grantham, vole la vedette aux autres avec ses idées archaïques. Ses petites pointes acérées vous feront éclater de rire. Sa partenaire de joute verbale favorite, Lady Melton, incarnée par Penelope Wilton (Pride and Prejudice), ne prête pas sa place elle aussi.

L’acteur qui incarne Thomas Barrow, Robert James-Collier (Ackley Bridge), mérite lui aussi une mention particulière. Il a souvent joué le rôle du « méchant » dans la série télé, ce qui a créé la controverse à plus d’une reprise. Tout le contraire ici. C’est avec soulagement que l’on retrouve le majordome plus épanoui que jamais. Il n’a plus honte de son homosexualité et trouve même l’amour. L’interprétation de Robert James-Collier est toute en subtilité et très touchante.

Le film est empreint de nostalgie et un spectateur qui n’aurait jamais regardé la série risquerait de s’y perdre. Tous les éléments sont présents pour que les fans en ressortent satisfaits et plus détendus que jamais, car Downton Abbey a l’effet réconfortant d’une bonne tasse de chocolat chaud au bord d’un feu de foyer. Le film se termine bien trop vite et c’est avec regret que l’on quitte la salle, l’esprit troublé à l’idée de ne plus jamais revoir nos personnages favoris. On se croise les doigts pour une suite !

Downton Abbey est à l’affiche dans les cinémas du Québec depuis le 20 septembre.

Crédits Photos : Focus Features & Universal Pictures

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