Easy Morning d’Elliot Maginot : le retour de la vraie affaire

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Marie-Claude Lessard

Pour célébrer la sortie en magasin et en ligne demain (28 mai) de son album Easy Morning, l’auteur-compositeur-interprète Elliot Maginot a offert ce soir un lancement au Club Soda. Pour un des rares lancements assis dans cette mythique salle, l’artiste a plongé les spectateurs très attentifs dans un océan de douceur où se mêlait sa voix éthérée dans de somptueux arrangements folk pop avec une brillante touche de rock et même d’exotisme.

Après une introduction apaisante faisant penser à des mouvements de vagues, Elliot a foulé la scène avec sa signature vestimentaire : camisole et pantalon agrémentés cette fois-ci d’un délicat foulard. Le principal intéressé a d’ailleurs blagué sur le fait que la chose la plus importante du spectacle était que lui et ses musiciens portaient des couleurs dégradés!

Lors de cette soirée intime, planante et chaleureuse, le chanteur a présenté 8 des 9 pièces de son troisième album tout en piochant dans ses deux opus précédents, Young, Old, Everything, In, Between et Comrades. Ces incursions dans le passé ont évidemment plu au public. Elliot les a partiellement justifiées en remerciant le public d’assimiler aussi rapidement de nouvelles compositions. Il est vrai que ça fait du bien de fredonner des airs et des paroles familiers, mais il était également délicieux d’enfin découvrir et déguster un album live, en salle, sans aucune distraction extérieure, une expérience encore plus essentielle et précieuse dans un contexte pandémique.

Qui plus est, Easy Morning est un album magnifique et transperçant grâce à sa simplicité recherchée. Pour ce troisième effort, co-réalisé avec Connor Seidel, Elliot Maginot a pris le temps d’explorer diverses instrumentations pour aller plus loin dans sa démarche artistique tout en conservant son style, ce qui donne un album spirituel teinté de belles et surprenantes collaborations avec entre autres Élage Diouf aux percussions et Quatuor Esca aux cordes réarrangées par le versatile et fort talentueux Antoine Gratton.

Immensément sympathique et passionné, Elliot Maginot a été généreux autant dans ses pièces que dans ses interventions. Après les excellents Emilio et Holy Father, le premier extrait d’Easy Morning, il a déclaré que, même si ça ressemble à un cliché dégoulinant, il avait le motton dans la gorge depuis le début du spectacle, car il a réalisé l’ampleur de son statut de privilégié. Cliché ou pas, les spectateurs partageaient ce ressenti et le lui ont prouvé en étant captivés du début à la fin, incluant le segment obligé de remerciements qui a été joliment pimenté par une improvisation instrumentale à saveur jazz.

La noirceur procurée par le Club Soda donnait l’impression d’une diminution de la distanciation physique et, ce faisant, projetait un retour, pour citer Elliot Maginot lui-même, de la vraie affaire. Ce retour a été tout simplement magique. Parmi les moments forts du lancement, on ne peut passer sous silence le segment acoustique où Elliott se tenait seul sur la scène, ce qui a permis de donner pleinement la vedette à sa voix feutrée inimitable. La livraison de The Weight, avec ses accents rock et ses éclairages frénétiques, a donné des frissons, frissons qui ont continué sur la pièce Easy Morning, la préférée de l’album d’Elliot pour l’instant, pour une finale hautement satisfaisante.

Après un tonnerre d’applaudissements fort mérité, les rappels Let me in (magnifique version piano voix) et Call your mother avec toute la bande a magnifiquement scellé pour de vrai cette soirée qu’on a déjà hâte de renouveler lors de la prochaine tournée d’Elliot dont les dates n’ont toutefois pas encore été annoncées.

Crédits Photos : Stéphanie Payez /Éklectik Média

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