Entre chiens et louves - Eklectik média

Entre chiens et louves – Un spectacle hors normes en apesanteur

Entre chiens et louves pose ses valises au Théâtre Maisonneuve pour un spectacle où la prouesse du cirque rejoint la beauté de la musique. Alexandra Stréliski et le Cirque Le Roux nous transportent ainsi dans un onirisme insolite.

Dès les premières notes, la scène s’anime dans un curieux ballet. Un homme franchit la porte d’une immense structure, emporté par des corps qui se plient et virevoltent en suivant le tempo. Si on peine au début en saisir le sens, des panneaux coulissants nous mettent sur la voie.

Entre chiens et louves - Eklectik média
© Le Bon Marché Rive Gauche

Le décor se déploie alors comme une boîte à poupées où cohabitent trois plateaux distincts. Dans les années 60, Maude et Elizabeth entretiennent une liaison secrète. À notre époque, Alex et Tom sont un couple en crise. Puis au 19e siècle, Louise est sous le joug d’un mari autoritaire. En apparence, ces histoires sont séparées dans le temps et l’espace.

Un fil rouge les relie pourtant via des journaux intimes. Des écrits lus par Tom, fasciné par ces récits. Leurs frontières s’estompent quand les personnages transitent d’un plateau à l’autre.

UNE EXPÉRIENCE INSOLITE

Entre chiens et louves est un spectacle expérimental, à mi-chemin entre le cirque, la danse et le théâtre. Sa forme pourra surprendre, voire déroutée, seulement ces diverses influences en font sa singularité. La dimension symbolique y est d’ailleurs mise au premier plan, car rien n’est totalement défini. Le public peut donc se laisser porter par les numéros en projetant son propre imaginaire.

Libre à chacun de mettre des sous-titres aux saynètes du bal, du champ de blé ou encore du moulin. Personne n’est là pour orienter nos perceptions. Tout le monde s’accordera néanmoins sur un point : celui de la virtuosité.

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© Le Bon Marché Rive Gauche

LA VIRTUOSITÉ DU GROUPE

Les pièces d’Alexandra Stréliski, accompagnée d’un duo de cordes, sont en harmonie avec le spectacle lui apportant plus qu’un simple écrin. C’est l’occasion d’entendre des morceaux de son répertoire, ainsi que des pièces de Schubert, Vivaldi ou encore Beethoven. La partition musicale enveloppe la scène d’une aura spéciale où les notes et les mouvements se répondent.

Quant aux numéros d’Entre chiens et louves, ils sont d’une remarquable précision. Durant 1h20, les artistes ne ménagent pas leurs efforts, surtout sans le moindre filet. Ils s’agrippent, se suspendent et tourbillonnent dans les airs sur des mâts chinois, cannes et autres banquines.

Les huit artistes font corps dans un ensemble parfaitement chorégraphié. Et même quand ces prouesses semblent simples, l’effort collectif est tangible.

À la sortie de la salle, on a le sentiment d’avoir assisté à un singulier spectacle où l’art circassien est au diapason de la musique.