Fast&Furious presents : Hobbs and Shaw : un drôle de pétard mouillé

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Marie-Claude Lessard

Ce n’était qu’une question de temps, même que c’est surprenant que cela n’ait pas eu lieu avant. Rapides&Dangereux s’inscrit désormais dans la liste des franchises cinématographiques extrêmement populaires qui étirent encore plus l’inconsistante sauce en attribuant un film hors série à deux personnages chéris du public. Luke Hobbs (Dawyne ”The Rock”Johnson) et  Deckard Shaw (Jason Statham), ces deux agents spéciaux que tout oppose mais qui créent des étincelles lorsqu’ils sont forcés de sauver le monde ensemble. Donc, sans prétention, Fast&Furious presents : Hobbs and Shaw répond  exactement à vos idées préconçues : une surenchère d’explosions, des combats musclés, des gros bras, des courses de voiture abracadabrantes et des vacheries gratuites mais bien envoyées qui ponctuent un scénario ennuyant et recyclé. Mais réussit-on à en tirer de l’amusement? Étonnamment, suffisamment pour éviter le navet absolu.

Impossible pour Hobbs et Shaw de se reposer car l’apocalypse guette encore l’humanité! Sous l’emprise d’un vilain mystérieux, Brixton (Idris Elba), un criminel sur le point de devenir entièrement une machine numérique invincible, a concocté, avec l’aide d’une imposante équipe, un virus fatal qui pourra l’aider à pulvériser toute trace de vie humaine sur la planète. Eh oui, encore une fois… Ce qui diffère ici, c’est que le virus mortel a été dérobé par la sœur de Deckard Shaw, Hattie (Vanessa Kirby), qui l’a avalé. Les rivaux doivent alors s’unir non seulement pour traquer les méchants, mais pour protéger la belle blonde qui, en plus, en pince pour Hobbs (et réciproquement). Tout est en place pour une recette explosive!

Bien sûr que ça va barder, mais pas d’une manière originale! Les fans de la série seront comblés un instant, mais une fois les rires passés, il ne reste rien de bien substantiel et mémorable. Le script ne réinvente aucunement les clichés liés aux films d’action. Les cascades et les paysages impressionnent certes mais font une insulte à l’intelligence des cinéphiles qui sont pourtant bons joueurs. Les situations scientifiquement et logiquement invraisemblables enclenchent des soupirs d’exaspération mais force est d’admettre que notre incrédulité se transforme en sourires. Ceci dit, avec la panoplie d’offrandes du genre, la limite a presque été atteinte, surtout que le film s’étiole sur 135 minutes…

Thème tellement trop remâché, la destruction du monde ne réserve  alors rien de grandiose dans ce long-métrage filmé sans éclat par David Leitch qui avait pourtant accompli un excellent travail avec Atomic Blonde. Hormis les scènes de poursuite somme toute divertissantes, l’oeuvre tente de se distinguer par la relation sympathique entre deux ennemies. L’humour chien et salace fait parfois mouche mais comporte aussi son lot d’inconfort. La plupart des bonnes blagues sont étalées dans les bandes annonces. À travers une animosité évidente, les deux têtes d’affiche brossent une amitié attachante et relativement nuancée qui gravite autour du filon phare de la saga : l’importance inépuisable de la famille. Heureusement, c’est beaucoup moins appuyé en crayon gras que dans les opus précédents.

Les personnages secondaires tirent également bien leur épingle du jeu. Sans incarner un méchant atypique qui cloue les spectateurs à leur siège de manière perverse, Idris Elba accouche d’une performance convaincante, même s’il y a abus de regards noirs aux sourcils accusateurs. Même si elle n’apparait que lors de deux scènes qui ne sont pas particulièrement utiles à l’avancement de l’histoire, la majestueuse Helen Mirren vole la vedette par sa pétillance prestance, son attitude naturellement langoureuse , son accent divin et son talent inné pour harmoniser avec tant de panache élégance et vulgarité. L’étoile montante Vanessa Kirby, qu’on a pu voir dans la série The Crown, révèle ici une présence puissante, magnétique, énigmatique et lumineuse. La caméra adore ses yeux d’un bleu perçant, et elle le lui rend magnifiquement. Son énergie et sa voix rappellent délicieusement une certaine Cate Blanchett…Définitivement à surveiller!

Bref, malgré son scénario convenu, son humour premier degré qui ne se démarque pas assez souvent et ses effets visuels trop exagérés (oui, ça se peut), ce volet non-officiel met tout de même bien la table pour le neuvième chapitre  de Rapides&Dangereux prévu pour 2020. À ce sujet, les trois scènes inédites comprises du début à la toute fin du générique valent l’attente…

Crédits Photos : Universal Pictures

2.5

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