Kent Nagano et la Symphonie No 5 de Mahler : une réussite totale!

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Diane Beaudin

Le jeudi le 19 septembre avait lieu, à la Maison Symphonique de la Place des Arts, la présentation par l’Orchestre Symphonique de Montréal, sous l’habile direction du Maestro Kent Nagano, de la 5ième Symphonie de Mahler.

Mais, tout d’abord, nous avons eu droit à une mise en bouche des plus savoureuses avec une oeuvre de Maurice Ravel (1875-1937) intitulée Introduction et Allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes mettant en vedette la harpiste Jennifer Swartz, les violonistes Andrew Wan et Olivier Thouin, l’alto Victor De Almeida , le violoncelliste Brian Manker , le flûtiste Albert Brouwer et le clarinettiste Todd Cope. Une pièce délicieuse à entendre avec cet ensemble instrumental dans laquelle chacun avait son rôle à jouer. Le solo de harpe a été la cerise sur le sundae. J’ai adoré le son glissant de cet instrument, mais aussi le jeu de mains, qui n’est pas vilain, de l’harpiste. J’ai eu l’impression de voir un magicien avec ses manipulations. Maurice Ravel a composé cette pièce en 1905, à la demande de la maison Erard, pour mettre en valeur le prototype de son modèle de harpe. C’est un dialogue entre une harpe, une flûte et une clarinette en compagnie d’un ensemble de cordes.

Puis, la pièce de résistance, la Symphonie No 5 en do dièse mineur de Gustav Mahler (1860-1911), avec son petit clin d’oeil très facile à saisir à la 5ième de Beethoven durant laquelle nous avons pu apprécier tout le savoir-faire du maestro et de son orchestre. Cette symphonie d’une durée totale de 76 minutes est séparée en quatre mouvements dont le premier, Marche funèbre , porte pertinemment son nom de par son rythme et la sévérité de la mélodie. Quand au deuxième mouvement, Orageusement agité, il a été nommé bien à point puisque nous assistions à un orage d’une puissance infernale. Aux yeux de Mahler, ces deux mouvements forment une première partie. Ces émotions plutôt fortes nous amènent au troisième mouvement, Scherzo, qui, à lui seul, forme la partie centrale. Toujours selon Malher: “C’est l’humanité sous l’éclairage le plus vif du jour, au zénith de la vie”.Il aurait aussi pu ajouter “une danse de la mort”…. On dit que ce Scherzo aurait été inspiré par le poème de Goethe, Au postillon Chronos. On ressent le bonheur que vivait alors Malher, une mélodie joyeuse, légère. Vient ensuite Adagietto, qui fut la déclaration d’amour de Malher à Alma. En effet, il lui envoya le manuscrit sans autre explication au lieu de la traditionnelle lettre d’amour. Alma comprit le message et répondit qu’elle viendrait. Finalement, ce fut le Rondo-Finale (joyeux et frais), combinant les thèmes de rondo, sonate et fugue duquel se dégageaient une joie et un bonheur sans borne. Comment pouvait-on mieux finir un concert autrement que dans l’euphorie?!

Un gros élan d’applaudissements a suivi cette prestation, forçant le maestro à trois visites sur la scène alors, qu’au cours de la troisème, il est allé se placer dans le coeur de ses musiciens et s’assurant que, chacun pour sa partie, avait sa part du gâteau d’applaudissements. Comble de la gentilhommerie et pour faire plaisir aux spectateurs au-dessus de la scène, il a fait retourner ses musiciens pour les saluer; une belle délicatesse! Que dire de plus de ce bel intermède musical, un intermède d’un peu plus 1h30? Une réussite totale!

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