Les Soeurs Boulay au FestiVoix : un doux enchantement

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Marie-Claude Lessard

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Après la pluie torrentielle et la folle énergie inébranlable de FouKi, LaF et Sarahmée la veille, le FestiVoix de Trois-Rivières dégageait ce soir une douceur aussi apaisante et rafraichissante que la brise du vent venant du fleuve Saint-Laurent bordant la grande scène Loto-Québec. La raison de cette atmosphère légère et agréable porte trois noms : Les Sœurs Boulay.

Pour sa première «plus grosse crowd depuis 2019», l’irrésistible tandem a réservé un spectacle parcourant leurs trois albums, plus particulièrement La mort des étoiles paru en 2019. Le titre était un ne peu plus approprié, puisqu’il n’y avait aucune étoile dans le ciel, mais surtout aucun orage comme la météo l’avait annoncé. Comme quoi la musique éclipse tous les maux…

Avant que Mélanie et Stéphanie Boulay ne franchissent la scène sous des applaudissements nourris, l’auteur-compositeur-interprète James Forest a ouvert la porte de son univers synthpop devenu plus intimiste pour l’occasion aux spectateurs déjà installés dans les cages argentées à ciel ouvert. Devant les discrètes rumeurs de conversation, l’artiste, qui a brillamment comparé le parterre à un jeu de bingo, a envoûté par sa voix éraillée singulière et sa personnalité décontractée.

Son nouvel album, All shades of purple, est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. Encore une fois, un titre d’album bien à propos, puisque le ciel affichait quelques nuances de couleurs pastel et le feuillage des arbres devenait magnifiquement incarnat grâce aux éclairages projetés sur la scène et sur les lettres géantes formant le mot FestiVoix.

C’est avec en toile de fond ce splendide décor que les solaires sœurs Boulay sont discrètement apparues, entonnant la première ligne de Par le chignon du cou : Je pars au vent et son souffle me libère. D’emblée, les festivaliers sont partis avec elles, se sentant enfin libres de profiter d’une belle brise d’été. Qu’ils soient assis ou en train de se déhancher, les gens ont montré leur enthousiasme, et les vedettes de la soirée le leur ont bien rendu. Elles dégageaient un sentiment de liberté. En pleine maîtrise de leurs instruments et de leurs voix qu’on sent de plus en plus épanouies, les sœurs ont encore une fois montré leur inébranlable complicité qui fait bien des envieux. Drôles, spontanées et connectées, elles ont promis une soirée où tous les problèmes n’existeraient plus momentanément, et elles n’ont pas menti.

Conscientes qu’elles se produisaient dans un festival et que la plupart des gens ont plus que jamais besoin de se défouler, elles ont bonifié leurs mélodies acoustiques de touche électro et rock qui donnaient de savoureux résultats. De plus, les hits étaient au rendez-vous dès le premier acte du spectacle avec des pièces telles que Les couteaux à beurre et Langue de bois qui, même après six ans d’existence, continuent d’émouvoir par leur poésie décomplexée et leur troublante actualité.

Au-delà des récits d’amours compliquées auxquels il est plus que facile de s’identifier, plusieurs thèmes engagés façonnent leur répertoire dont la place de la femme dans la société. Cette place qui nécessite tant de batailles injustes mais qui ont toutefois le mérite de montrer toute la force et la résilience des femmes. On a pu entendre différents variants sur cette thématique dont les puissantes Cul-de-sac, le nouveau single Antigone, l’accrocheuse Au doigt et une nouvelle chanson exclusive avec un titre inconnu qui traite brillamment de la reconstruction après un épisode traumatique.

Mélanie, enceinte de 31 semaines, et Stéphanie, maman par procuration de plusieurs poules et de coqs bruyants, ont interagi avec les spectateurs comme s’ils étaient de grands amis qu’on prend plaisir à retrouver dès que l’agenda a une case de libre. C’est grâce à cette sympathique proximité qu’on a pu apprendre que la pièce Mappemonde a été écrite par Stéphanie pour un garçon qui ne partageait pas les mêmes sentiments qu’elle. Or, ce refus s’est finalement révélé extraordinaire, puisqu’il a permis aux sœurs de concrétiser un projet musical et rejoindre le cœur du public et des critiques. De son côté, Mélanie a grandement ressenti le besoin d’écrire sur sa relation particulière avec un gars et que cette chanson (Gab des îles) se rende jusqu’à lui…avant de le regretter amèrement.

Pour conclure cette soirée sans tracas, les festivaliers ont crié à l’unisson les libérateurs Oh oh oh oh de Fais-moi un show de boucane. Un incroyable moment qui va permettre de mieux patienter jusqu’à l’arrivée du quatrième album, dont la sortie est quand même prévue pour bientôt.

Crédits photos : Stéphanie Payez, Éklectik Média 

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