L’histoire de mes chansons : l’oeuvre de Claude Dubois

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Nous avons eu la chance de pouvoir visionner, dans le confort de notre salon, la dernière partie de la saison  de L’histoire de mes chansons, cette fois-ci dédiée à Claude Dubois, Toujours animé par l’intarissable Monique Giroux, le spectacle-entretien nous a permis de découvrir des choses, des événements, des souvenirs et une certaine vulnérabilité que nous ignorions au sujet de Claude Dubois. Ce sont les artistes Bruno Pelletier, Guy Nadon, Luce Dufault, 2 Frères, Guylaine Tanguay, Marie-Josée Lord et Matiu qui ont interprété l’œuvre de cet artiste que nous aimons tant. Ils étaient tous accompagnés par un ensemble musical dirigé par Jacques Roy. 

Claude Dubois a à son actif 48 albums qu’il a enregistrés entre les nombreux voyages qu’il a effectués à travers le monde. La première chanson En voyage fut présentée par Bruno Pelletier qui comme d’habitude en a fait une superbe interprétation, suivant un arrangement de Jacques Roy. Claude nous a expliqué avoir toujours aimé certaines sonorités qui avaient commencé à se faire entendre un peu avant la 2ᵉ guerre mondiale et que nous avons pu réentendre après celle-ci, venant souvent de nos amis américains. Les sons sur lesquels il a voulu attirer notre attention s’entendent comme Faladalidou que nous sommes certains que vous les reconnaîtrez en attendant le début de la chanson. Une sonorité qui va tellement bien à sa voix et qui cadre bien avec cette chanson.

Claude Dubois avait quatorze ans, lorsqu’il a écrit sa première chanson, un tableau du passage de son enfance à son adolescence, de son déménagement de Montréal à Ville Jacques Cartier sur la Rive Sud, maintenant Longueuil. Et c’est à Luce Dufault, à la voix toujours envoûtante que fut confié le soin de nous interprété J’ai souvenir encore, une interprétation qu’elle semblait bien émue de nous présenter. Claude nous a raconté que le plus beau compliment qu’il ait jamais reçu, lui vient de l’un de ses frères qui lui aurait dit : C’est pas toi qui a écrit ça la première fois qu’il a entendu Claude la chanter.

2 Frères ont également accepté de se prêter au jeu pour nous surprendre avec leur prestation de Le Labrador. Une chanson qu’il a écrite alors qu’il était à Londres, et qu’il s’ennuyait du Québec et de son père. Pour lui, c’était presque normal que 2 Frères interprètent pour lui une chanson impliquant sa famille, un rappel à ses  frères. Guy Nadon, ce comédien à la voix disons presque mythique, nous a généreusement offert sa version orale de Y diront rien. Monsieur Dubois était à Sept-Iles lorsqu’il a écrit cette chanson, alors qu’il voyait notre fer partir pour les États-Unis pour presque rien. C’est là qu’il a également compris la nécessité de défendre notre langue, et cela, bien au-delà de la politique. En entendant la récitation de Guy Nadon, ça lui a permis de redécouvrir son texte. Il était très ému de sa présence.

À plusieurs reprises, il a mentionné à Madame Giroux comment il appréciait et était heureux du voyage qu’elle lui permettait de faire à travers le temps. Monique a souligné l’unicité de la voix de Claude, qui est inimitable. Il semble que ce soit une technique qu’il a découverte par accident, alors que ses musiciens lui demandaient de chanter plus près du microphone, ce que lui refusait de faire dû aux retours qui se produisaient et le dérangeaient, il a alors pris l’habitude de garder le microphone à bout de bras.

Nous en avons également su davantage sur la chanson Comme un million de gens, qu’il avait enregistrée dans un studio de Pathé-Marconi à Londres, et qui avait été refusée ceux-ci la trouvant trop révolutionnaire et ils lui ont tout simplement donné l’enregistrement, qu’il a ressorti ici à son retour au Québec, et qui, contrairement à plusieurs autres chansons, a démarré dès sa sortie et est devenue le succès que nous lui connaissons, et c’est la belle Guylaine Tanguay qui a été mandatée pour nous faire entendre la version préparée pour elle, et il en est sorti un petit bijou.

Quant à Matiu, c’est avec lui que nous avons joué à Chasse-Galerie, une légende qui avait été racontée à Claude, et dont il avait oublié certains bouts qu’il a remplacés en écrivant la chanson, dans un studio de Woodstock-Belleville, N-Y. Une belle rencontre avec cet auteur-compositeur-interprète.Il nous a raconté un projet que la Succession du réalisateur Federico Fellini lui a confié et qui consistait en l’écriture d’une chanson se rapportant au film La Strada.

Il a accepté en se promettant que la chanson ne contiendrait aucune phrase tirée du fameux film, ce qu’il a réussi à faire. Il a gardé le nom des deux personnages principaux du film, Zampato et Gelsomina et s’est basé sur des souvenirs que sa mère lui a racontés pour en faire une chanson, dont il a fait une démo pour être entendu par les membres de la Succession qui ont aimé ce qu’ils ont entendu, il l’a fait adapté en italien et le leur a remis le résultat final.

La chanson n’a jamais été publiée en français, et c’est à Marie-Josée Lord qu’on a confié la douce tâche de nous faire connaître La Voglia di te (Le désir de toi). Entendre une chanson de Dubois chantée en italien et par une cantatrice, c’est une expérience à ne pas manquer. C’est également Marie-Josée qui a clos le spectacle-entretien avec Si Dieu existe, une chanson qu’il  a pondue dans une chambre d’hôtel en France.

Il est assis à terre, se concentre et sort de son corps, se retire dans la stratosphère et redescend, traverse le toit de la maison, en fait un voyage astral qu’il n’a jamais refait par la suite et si j’ai bien vu, je crois qu’il pleurait et il n’était pas le seul…. J’en ai encore la chair de poule. Un petit secret que nous vous dévoilons: un commentaire que Marie-Josée a passé concernant notre ami : Claude est une âme de poète dans un corps de rebelle. Elle a tellement raison.

Une belle finale (de saison j’espère) que Productions Martin Leclerc nous a offerte dans le cadre de L’histoire de mes chansons, et que Monique Giroux sait si bien animer. Grâce aux connaissances qu’elle a de la musique québécoise, elle arrive facilement à entretenir son invité pendant près d’une heure et demie (incluant les performances musicales).

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