L’OSM nous fait revivre de beaux souvenirs

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Diane Beaudin

Au cours des dernières années, l’Orchestre Symphonique de Montréal, sous la direction de Simon Leclerc, a pris l’habitude de nous convier à sa série l’OSM POP, tradition qui a été mise de côté durant la dernière année, pandémie oblige.  Comme ça manquait à plusieurs adeptes, et peut-être même en premier lieu à Monsieur Leclerc, celui-ci a décidé, en décembre dernier, de nous présenter une sélection des meilleurs extraits des différents programmes présentés, depuis la création de ce volet. Vous connaissez le concept, on invite un.e interprète pour une soirée, à venir présenter ses plus grands succès, accompagné.e par l’OSM, avec  Simon Leclerc à la barre,  sur des arrangements adaptés à l’Orchestre Symphonique.

Il faut comprendre que lorsque l’invité arrive, c’est un peu comme s’il s’abandonnait musicalement à Monsieur Leclerc. De son côté, Simon Leclerc ne change pas la base de l’œuvre, il en garde la mélodie, mais il l’adapte si on veut à la musique classique avec parfois des petits clins d’œil. En fait, c’est comme s’il nous servait un plat connu revisité, rendu plus savoureux grâce à l’ajout d’ingrédients nouveaux.

C’est cet enregistrement, maintenant en ligne jusqu’au 6 avril 2021, que nous avons eu le plaisir de visionner plus tôt cette semaine. Évidemment, l’événement qui s’est produit en décembre dernier à la Maison Symphonique l’a été dans une salle sans aucun public, dans le plus grand respect des consignes sanitaires. Cette compilation mettait donc en vedette Marie-Pierre Arthur, Jean-François Breau, Luc De Larochellière, Luce Dufault, Diane Dufresne, Pierre Flynn, Kathleen Fortin, Gardy Fury, Marc Hervieux, Florence K, Patrick Malette, Bruno Pelletier, Kim Richardson, Roch Voisine, Marie-Mai, et Pierre Parent à l’harmonica.

Le spectacle s’est amorcé avec la venue de la Diva Diane Dufresne, qui nous a interprété la chanson Comme un damné de Cyril Mokaiesh qu’elle avait interprétée originalement en septembre 2019, lors de la célébration du 75ᵉ anniversaire de l’OSM. Elle a toujours la même vitalité que nous lui connaissons, et l’adaptation faite par Simon est tout simplement magnifique, combinant le pop et le classique, en y ajoutant un peu plus de drame dans sa version. Le plaisir que Diane Dufresne a ressenti en se prêtant au jeu, n’a fait qu’accentuer la réussite de cette transposition.

Luc de Larochellière est venu à son tour pour nous faire entendre la chanson Un enfant de Jacques Brel, qu’il a présentée lors du concert Brel Symphonique en 2017.  Une magnifique prestation de Luc de cette version classique de ce grand succès de Brel. Luce Dufault et Bruno Pelletier ont pour leur part performé encore une fois, à la hauteur de leur voix et talent dans un Stone/SOS d’un terrien de Starmania de Luc Plamondon. Encore là, la musique n’a été qu’adaptée  pour les besoins d’un orchestre symphonique, avec une touche épicée qui a dû rendre Michel Berger, le compositeur, très fier de cet ajout à son œuvre. Cet extrait faisait d’ailleurs partie du spectacle Carte Blanche à Bruno Pelletier en 2018.

Un des moments phares de cette soirée fut la venue de Marie-Mai, très élégante dans sa robe blanc-cassé de style grec, qui a été magistrale dans l’interprétation de la version Simon Leclerc de son succès Mentir. Ce serait mentir de dire que c’était ordinaire. Un super accommodement entre la pop et la classique, un brillant arrangement. Cette performance est une reprise de l’extrait de Concert Pop Symphonique Marie-Mai en 2012. Patrick Mallette baryton,  nous a démontré à son tour, jusqu’où le talent de transformation de Simon Leclerc pouvait aller. En effet, nous avons pu entendre le succès des Trois Accords, Hawaïenne, en allemand avec un rythme d’aria d’opéra, on se serait cru en train d’écouter un opéra de Wagner, dans tout le drame que ça comporte. Ce fut un autre moment de forte émotion que nous avons pu vivre, et ceci tout en dégageant une belle touche d’humour, quand on connaît bien ce succès.

Dans cette série de concerts, Simon Leclerc a voulu rendre hommage en 2014 à Michel Tremblay et ses belles-sœurs, en conviant Kathleen Fortin  et son vendeur de brosses. Madame Fortin qui sait nous faire partager son plaisir avec sa voix qui se prêtait brillamment à cet arrangement du maestro Lacombe. Un autre plaisir que l’OSM nous a procuré, c’est l’invitation faite à Kim Richardson de se joindre à ce spécial, alors qu’elle a participé au OSM Soul en novembre 2015. Elle a repris And I’M Telling You I’m not Going. Un air de soul joué en symphonique, que demander de plus, surtout présenté par Kim, quel cadeau.

Beaucoup d’autres prestations ont été partagées lors de ce spectacle et chacune d’elles sont toutes autant savoureuses. Juste le fait d’avoir été choisie pour participer à cet enregistrement en dit long sur la voix, le talent et la capacité de s’adapter de tous les artistes à une modification dans l’interprétation de leurs succès. L’OSM Pop – Les grands moments est disponible en ligne jusqu’au 6 avril.

Crédit photo : Antoine Saito 

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