Nederlands Dans Theater : beaucoup de bruit pour rien

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Maude Ringuette-Vachon

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La compagnie Netherlands Dans Theater (NDT) est de retour à Montréal après 20 ans d’absence et présente trois projets éclectiques qui vous feront maudire de rage et écarquiller les yeux de surprise. Plus de 2h15, incluant deux entractes ridiculement longs pour changer le décor et trois chorégraphies de 30, 18 et 34 minutes. C’est long! Très long !!

Vladimir de Hofesh Shechter entremêle plusieurs styles de danses, autant folklores que sociales. Les danseurs, vêtus de tenues urbaines, envahissent la scène alors que des murs dressés tels des gratte-ciels les entourent. On peut reconnaître, entre autres, des mouvements de tango, de «street dance» et de danse africaine alors que la musique est tout aussi hétéroclite avec ses percussions et ses tons parfois plus classiques. Les principales lacunes de Vladimir : les mouvements répétitifs des danseurs dont on se lasse vite, le message incompréhensible et un éclairage trop sombre pour les gens assis à l’arrière de la salle. Heureusement, les danseurs sont compétents et nous font un peu oublier les imperfections de cette première partie.

The Statement de Crystal Pite surprend et déroute tout à la fois. Cette chorégraphie habile souligne le lien entre langage et mouvement. Quatre danseurs autour d’une longue table rectangulaire, ce qui ressemble à une hotte de cheminée trônant au-dessus d’eux. À travers les haut-parleurs, une conversation. Sur scène, les mouvements des danseurs traduisent leur parole. Premier et dernier rire de la soirée. Le public apprécie et moi aussi. L’idée est brillante, même si le sujet de la conversation reste plutôt vague. Un pays en guerre. Deux employés venus d’en haut, là où se trouve le vrai pouvoir, sont venus prendre la déclaration des deux autres. On comprend bien vite que les patrons ont l’intention d’agir comme s’ils n’étaient au courant de rien de ce qui s’est passé ici et que leurs employés ont agi sans leur autorisation. Les danseurs sont excellents et, par leurs mouvements, on devine leurs émotions. L’éclairage de Tom Visser ainsi que le décor de Jay Gowler Taylor prennent tout leur sens à la fin du numéro alors que la hotte descend vers la scène et, tel un grand œil, observe et emprisonne ses danseurs.

Singulière Odyssée de Sol León et Paul Lightfoot présente une chorégraphique beaucoup plus classique alors que les danseurs ont enfilé leurs chaussons de ballet, et les amateurs étaient ravis. Le décor et les costumes, qui paraissent tout droit sortir d’un boudoir du Palais de Buckingham, promettent quelque chose que l’on passe un long moment à attendre, mais en vain. S’il y a un message, celui-ci reste encore mystérieux et mon envie de le découvrir a disparu.

Fondée en 1959 par Benjamin Harkarvy, Aart Verstegen et Carel Birnie à La Haye dans les Pays-Bas, cette compagnie de danse contemporaine, qui est reconnue internationalement pour sa polyvalence et ses projets artistiques ambitieux, vient de fêter ses 60 ans. Nederlands Dans Theater a plus de 650 œuvres à son répertoire et a collaboré avec plusieurs talentueux chorégraphes tels que Johan Inger, Medhi Walerski, Alexander Ekman, Gabriela Carrizo et bien d’autres. La compagnie principale, surnommée NDT 1, est composé de 25 danseurs provenant de partout dans le monde.

Crédits Photos : dansedanse.ca & dancetabs.com

2.5

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